dimanche 25 mars 2007

Calmer, boutons, doré, c'est tout !

Avant le printemps, c'était déjà le printemps. Et maintenant que c'est vraiment et officiellement le printemps, ben, c'est plus le printemps. Et ça caille menu, comme dirait l'autre... donc ça bouscule les plans (qui ne sont au départ faits que pour pouvoir être changés).

J'ai donc mis de côté pour l'instant la Rowan Calmer que j'avais déjà sortie, elle attendra encore un tout petit peu (mais pas très longtemps quand même...). Mais je vais me pencher sur les modèles et les échantillons éventuels dès cette semaine.

Cela faisait longtemps que je n'étais pas allée chez ma mercière, c'est chose faite depuis hier. De chez elle j'ai rapporté un maigre butin, enfin, je veux dire, le strict nécessaire, quoi !

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Des boutons pour les deux ouvrages pour enfants que je viens de finir et c'est tout. Terminés donc, Mendocino et Super Skunk !

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Encore une fois j'ai galéré pour l'assemblage du Mendocino, j'ai dû m'y reprendre à trois fois pour obtenir quelque chose d'à-peu-près propre en assemblant les bandes de boutonnage.

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Le long des smocks, j'avais fait par deux fois quelque chose de carrément torchonné. Maintenant, je le laisse comme ça, car je ne peux pas faire mieux : si je m'acharne encore, la lisière va être en mauvais état. Il faut que je fasse des progrès en qualité et en efficacité dans le domaine des finitions, c'est sûr. Je dois y travailler absolument.

Et maintenant, complètement oubliés les 2 lots de Calmer attendus avec impatience ! J'ignore comment j'en suis arrivée là, mais un tour d'horizon rapide pour essayer de trouver des raisons valables me permet de présenter les hypothèses suivantes :

- peut-être est à cause de la vague de froid et de temps dégoûtant qui s'est abattue sur notre coin depuis une semaine, le ras-le-bol de patauger dans cette neige molle, lourde et collante  à souhait dès que l'on doit sortir et de s'en prendre sur la tête en prime,

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- ou alors le fait que le forsythia soit en pleine floraison (c'est beau le jaune...),

- éventuellement un régime alimentaire qui depuis plusieurs mois me prive de façon quasi-complète de sucre ajouté, et qui me donnerait des envies de caramel bien roux,

- l'appréhension du passage à l'heure d'été, qui me perturbe et m'assomme pendant plusieurs jours (on sait l'influence qu'il a sur la lactation des vaches et son dérèglement, on peut imaginer le pire en ce qui concerne celle qu'il a sur les bonnefemmes !),

- note : je n'ai pas envisagé une seconde que ça puisse être un coup de mes hormones, il n'y a que les bonshommes pour tout leur mettre sur le dos, et elles n'ont strictement rien à voir avec ça,

- la soif de l'or ?

Conclusion : je n'en ai aucune idée, mais ça n'a aucune importance car je ne me suis pas posé de question quand j'ai ressenti le besoin urgent de glisser ce petit nouveau sur mes aiguilles.

Rheingold1

Ca va être beau, c'est roux, c'est doré, c'est lumineux, c'est glorieux, c'est le Rheingold de Jade Starmore (dans la 1ère version). Tout juste commencé et déjà captivant et difficile à lâcher.

La suite de l'épopée wagnerienne dans un prochain numéro, si vous le voulez bien. Bonne semaine ! Et merci de tout coeur de vos passages, commentaires ici et petits mots en privé, c'est un vrai bonheur de les lire.

jeudi 06 octobre 2005

Non, ce n'est pas Alba !

J'étais loin d'imaginer, en montrant le déballage d'écheveaux colorés la dernière fois, que cela allait susciter des interrogations pareilles.

Alors non, ce n'est pas Alba ! Car Alba m'est destiné donc il n'a pas la priorité. Et puis comme je sais que plusieurs de mes petites camarades de Tricot Nordique ont dans l'idée de le tricoter un jour, j'attends que nous soyions plusieurs pour y travailler ensemble. Bien vu, Val, je ne le tricoterais pas toute seule dans mon coin ;-). J'attends son heure et je ne suis pas pressée.

C'en est un autre, auquel je travaille doucement pour l'instant et qui est destiné à mon père. Mon objectif est d'avoir fini les côtes et placé les augmentations d'ici à mercredi, lorsque nous partirons pour une dizaine de jours, pour pouvoir l'emporter dans les bagages.

A la demande générale... de Rebecca, voici donc une photo, mais seulement de la moitié de la bande de côtes (ouiiiii, parce qu'il y en a 29 tours au total, une excellente mise en condition et une façon de se familiariser avec certains des coloris, me direz-vous !) :

Ctes_1

"Vous me reconnaissez ?... Pourtant vous êtes plusieurs à m'avoir sur le dos toute la journée m'avez certainement déjà vu quelque part..." : ici peut-être, tricoté par Mme Starmore ? Il s'appelle Mara, c'est un cardigan issu de The Scottish Collection.

J'ai eu une petite déconvenue car le nombre de mailles à monter indiqué dans le patron était faux. J'avais tricoté 3 tours de ces côtes quand j'ai eu la brillante idée de lire les indications plus avant et me suis alors rendu compte que le nombre de mailles des côtes + les augmentations à faire sur le 1er tour de jersey ne correspondaient pas du tout à ce que je devais obtenir pour le corps.

Je m'en veux, car en général, avant de commencer, je prends un papier, un crayon et ma calculatrice et je contrôle les chiffres (surtout pour être sûre que les dessins qui vont se trouver sur les épaules soient coupés exactement au milieu d'un motif). Mais là, j'étais sûrement trop impatiente de commencer et j'ai foncé tête baissée sans regarder plus loin.

J'ai donc démonté ce que j'avais fait (3 tours, c'est peu, finalement !) et sauvé mon rang de montage et suis repartie sur de meilleures bases. Je consignerai quelque part cette erreur (et d'autres si jamais j'en trouvais encore), car elle est valable pour les 3 tailles proposées. 

Lavoisier avance doucement, mon idée était de finir le devant avant de partir en vacances mais il n'y a rien de moins sûr car le temps m'est compté.

Aujourd'hui nous livrons le 1er carré du Poinsettia Shawl, qui se termine en point d'orgue sur une série de bubons velus nopes entourées d'un halo de mohair.

Poinsettia4

La marée de Soft Shetland provenant de chez Jamiesons of Shetland a déferlé ici, et voici l'étendue des dégâts :

Softshetland

J'aime beaucoup tous les coloris, mais avec un gros faible pour les tons tweedés.  Alors en partant de l'écheveau du haut et dans le sens des aiguilles d'une montre : Campbell Red 1240, Autumn 1100, Sand 183, Pagan 3105, Spice 3104, Fern 3101 et Quartz 1120.

J'ai été carrément déraisonnable et je sens qu'après remords et cogitation, il va falloir que je fasse du vide par un moyen ou un autre et soigne mon sentiment de culpabilité par un nouveau déstockage massif un de ces jours . Bien sûr que j'ai des idées précises pour l'utilisation de chacun de ces lots,  bien sûr que le prix était franchement intéressant par rapport à celui qui est habituellement pratiqué, mais mine de rien, je viens de me rajouter au moins un an de tricot devant moi (et dilapidé en une seule fois le budget que j'avais prévu pour les 2 années à venir, donc ceinture !).

D'un autre côté, ce n'était pas une mauvaise opération, vu que l'offre spéciale est maintenant passée chez Jamieson et qu'ils n'ont plus rien à proposer en Soft Shetland.

Et pour reprendre Dorothée : "que les aiguilles chauffent, baby !". Elles ont plutôt intérêt, du moins... sinon, je vais finir par me prendre les pieds dans les tas de pelotes qui se baladent un peu partout, car ça déborde.

samedi 01 octobre 2005

Ca manque de couleurs, tout ça !

C'est une semaine médiocre parce qu'il fait gris. Et quand il fait gris, je n'ai pas de courage. Mon énergie ne tient pas à grand-chose. J'ai besoin de lumière et de soleil, sinon je ne fonctionne pas.

Toujours pas pu toucher à Torino et je le regrette, mais d'un autre côté, cela signifie que le destinataire est parmi nous et c'est beaucoup plus agréable pour les enfants.

C'est Lavoisier, toujours Lavoisier :

Lavoisierst3

qui a maintenant une manche. Un sursaut de courage m'a fait commencer le devant hier soir, mais j'aurais peut-être dû choisir la 2ème manche. On verra bien. J'aime toujours autant le modèle et c'est très reposant à tricoter parce que très rythmique.

J'ai été une bonne élève et je peux rendre ma copie en temps et en heure, sans avoir eu à travailler jusqu'à l'aube. Avec ces doses, c'est vraiment agréable et je ne rechigne pas à travailler du mohair (du moins dans ces conditions). Voilà donc l'état d'avancement de Poinsettia 1er carré :

Poinsettia3

J'ai essayé d'être une fille raisonnable et de résister devant les "soldes" de chez Jamiesons of Shetland. Bien sûr, ce fût impossible, et encore plus de me limiter à un, voire deux coloris. J'y suis donc retournée plusieurs fois, et le résultat de mes mauvaises actions commence à se faire sentir, car la 1ère livraison m'est parvenue jeudi. En plus du livre Simply Shetland (que j'avais déjà commandé mais à la place duquel on m'avait expédié un autre titre), j'ai reçu ceci :

Pagan

le 1er lot, coloris Pagan, un magnifique mauve riche et intense, pour lequel j'ai décidé du modèle, mais j'attends quand même de voir les autres coloris commandés pour faire mon choix définitif.

J'ai également reçu un livre que j'avais commandé il y a quelque temps, Shadow Knitting de Vivian Hoxbro. Je n'ai fait que le feuilleter rapidement, mais je vous en parlerai une prochaine fois, lorsque j'aurai digéré la partie technique. Car je compte aussi faire des expérimentations dans ce domaine.

Quand je regarde les photos de mes ouvrages en cours, et si je compte en plus Torino, je me rends compte que tout cela manque de couleurs vives. L'automne est là, les jours raccourcissent, il ne faut plus guère s'attendre à de nombreuses journées baignées de belle lumière.

Je vais donc me faire ma lumière à moi. J'ai fouillé dans mes modèles et mon choix s'est porté sur ceci (en fait, cela fait un moment que j'y pense, mais là, ça devient urgent et irrépressible) :

Kit

La photo ne met pas vraiment en valeur les coloris parce qu'il faisait déjà sombre, mais l'idée est là. Du mauve, du vert, du bleu, du turquoise, beaucoup de turquoise, quelques pointes de rouge et de saumon ici et là, voilà de quoi égayer les mornes journées et soirées d'automne.

Avant de pouvoir me jeter à aiguilles perdues dans ce petit bijou, il me reste à préparer deux fournées de gâteaux, car demain, c'est dimanche, donc c'est match !

Et pour répondre à Guylaine... je suis au courant de ce qui se déroule parfois lors de rencontres sportives en Amérique du Nord, car j'en ai été témoin dans la banlieue d'Atlanta lors d'un match de base-ball qui opposait deux équipes d'enfants qui devaient avoir 8-9 ans.

Ici, ça va ! Il y a bien sûr les excités occasionnels, mais c'est rare. S'il y a un incident par saison,  c'est le maximum. Et encore, pas grave : du style, une insulte ou un accrochage avec l'entraîneur en fin de match, mais je n'ai jamais vu de bagarre ou de choses de ce genre. Et c'est heureux, parce que je trouve que ça n'a pas sa place. 

Moi, je suis cool ! Je me suis un peu énervée une fois contre un entraîneur qui a convoqué mon fils (il avait 5 ans à l'époque) à un match et lui a fait passer la plus claire partie du temps sur le banc. C'était dimanche, il neigeait à gros flocons et j'avais été obligée de conduire une certaine distance sur la neige avec les deux enfants à l'arrière de la voiture. On aurait pu rester tranquille à la maison et jouer à quelque chose...

Comme je ne comprends pas toutes les subtilités des règles du jeu (si, si, c'est subtil maglré tout), je ne peux pas insulter l'arbitre ou lui reprocher une erreur d'arbitrage. Si mon fils fait la passe pour le but ou le marque, je suis contente pour lui ; s'il joue comme un pied tout le long de la rencontre, je me dis qu'il aurait mieux fait de rester au lit (et moi aussi, par la même occasion). Mais demain, il faut que je me lève, et du bon pied, car je suis d'astreinte au buffet.

Donc, opération pâtisserie, et que ça file ! Bonne soirée et bon dimanche à vous qui passez par là !

vendredi 09 septembre 2005

Les chaussettes de l'archiduc

ou plutôt des archiducs. Car toutes ces paires de chaussettes prévues sont destinées à des messieurs d'âge respectable qui les apprécient beaucoup et sont particulièrement gentils avec l'ensemble de la famille.

Mon marathon-chaussettes a continué, mais ma production va bientôt ralentir et les chaussettes devenir mon tricot d'accompagnement uniquement. Au rythme auquel se succèdent mes séances d'attente dans des endroits divers, d'ici à Noël, cela devrait suffire.

Résultat des courses : la paire Regia Brasil Rio Grande est terminée. Le noir que j'ai utilisé pour le talon, de la marque Froehlich Blauband, fourni avec fil de renfort, est plus brillant que celui, complètement mat, du fil fantaisie et donne un certain contraste, mais cela ne gênera pas le destinataire. Il m'arrive régulièrement de faire des talons unis pour ne pas casser la séquence des couleurs du fil à motifs, mais c'est parfois difficile d'assortir et de tomber pile.

Pour me changer les idées pendant ma mauvaise passe, je suis allée faire un tour chez ma mercière préférée, qui tient boutique à 5 kilomètres de chez moi (pratique mais extrêmement tentant et dangereux pour le porte-monnaie car on ne ressort jamais les mains vides de chez elle).

Alors que j'examinais le rayon des laines à chaussettes, mon attention a été attirée par un vert sombre tweedé façon laine 2 fils Shetland.

Blackforest1053

L'étiquette ne portait que la mention Regia 4-fädig, sans aucune autre indication de série particulière. J'en ai donc rapporté 3 coloris chez moi et me suis mise d'arrache-pied à la 1ère chaussette.

C'est très très beau. Les caractéristiques de la composition et du métrage sont les mêmes que d'habitude, donc pas de souci d'échantillon. Le fil ne glisse pas autant que la Regia 4 fils habituelle, il y a vraiment des petits "cheveux" plus clairs qui dépassent du fil principal, donnant un aspect irisé du plus bel effet et la texture du tricot ressemble à celle d'un ouvrage Fair Isle... A l'oeil, voilà ce que cela donne :

Blackforest

J'ai fait une recherche rapide (merci Google !) en insérant dans le moteur de recherche "Regia 1053" et me suis rendu compte que ce coloris appartenait à une série baptisée "Chamäleon" et qu'il s'appelait Black Forest. C'est vraiment bien trouvé et bien que la photo ci-dessus ne soit pas vraiment parlante, cela ressemble au coloris Pine de Jamiesons of Shetland.

J'ai donc terminé cette paire de la Forêt Noire et avoue sans honte être retournée au même endroit chercher quelques autres bricoles et parmi elles un coloris supplémentaire. Etendue des dégâts :

Chamleon

De gauche à droite, les coupables identifiés : Black Magic 1056, Marine 1052, Black Forest 1053 (ce qu'il en reste) et Bordeaux 1050. Les gros plans sur les coloris suivront lorsque je me mettrai à les tricoter, promis, parce que vraiment, ils en valent la peine !

Avant d'être coupée du reste du monde, je vous avais demandé votre opinion sur des chaussettes en côtes plates et je vous remercie d'avoir joué le jeu. J'ai fait des essais et il s'est avéré que le démarrage en côtes 3/1 n'est peut-être pas assez élastique pour la personne à laquelle je destine la paire.

J'ai donc démonté et procède autrement : pour que cela tombe pile et que les mailles envers des côtes 3/1 soient dans le prolongement de celles de la bande du haut, je fais des côtes 1/1, comme vous me l'avez précisé, mais torses (et pas perlées comme je l'avais indiqué par erreur). L'imprimé de Regia est Schatten et j'en suis là :

Schatten1

Les côtes 3/1, c'est du relief discret et il faut vraiment que les chaussettes soient portées pour que l'on distingue  qu'il y a des côtes. J'ai fait un essai sur ma main :

Schatten2

et j'aime bien ce que je vois. Mais comme c'est tout de même très gris, je travaille à une autre paire, plus colorée, autre égarement commis pendant ma période trouble :

Zansibar

Ouaiaiaiais ! Regia Color, et un coloris tout nouveau pour la saison 2005-2006 : Zansibar 5441. C'est bien la 1ère fois que je tricote un coloris dès qu'il est sorti. En général, je les laisse vieillir en fût de chêne caisse en plastique traitée contre les bestioles volantes et mangeuses de laine dans ma cave pendant des mois ou des années avant de les tricoter une fois que l'engoûement qu'ils déchaînent est passé (ça fait "vintage" ! ). Mais là... ça me rappelait trop les couleurs du Maroc (seul endroit avec lequel je puisse comparer, car Zansibar ne fait pas partie des contrées lointaines que j'ai visitées) et j'ai donc cédé à la tentation.

En passant, j'ai cédé à d'autres tentations Regia Color en m'offrant les coloris Winter 5442 et Carat 5443, mais c'est une autre histoire !

Et le Lion Héraldique, dans tout ça ? J'y ai travaillé doucement en contrôlant les dessins plutôt deux fois qu'une car j'avais trop peur que le mauvais oeil frappe aussi mon tricot. Vous pouvez remercier le mauvais contact dans le boîtier ADSL car vous serez privé de la traditionnelle photo du sac et aussi de la démonstration des "steeks" (qui furent des "steeks hachés" en l'occurence, il est vraiment temps que je fasse affûter mes ciseaux) :

Heraldiclion4

J'approche du moment béni où les aiguilles circulaires de 30 cm deviennent trop longues et où je vais changer d'instrument et passer au jeu de 5 aiguilles pour tricoter la 2ème moitié de la manche. Ca va grogner un peu lors des prochaines séances, mais finalement, ça va vite lorsque l'on tricote une si petite taille.

Toujours voir le côté positif de la chose, toujours... surtout lorsque l'on a tendance à être un peu fainéante sur les bords ;-)

Il y en a un qui ne se plaint pas d'avoir des aiguilles à tricoter à portée de main en permanence, car il s'en sert aussi, mais à d'autres fins...

Alexi

... démangeaison soudaine et irrépressible soulagée à coups de bambou frotté, c'était le petit clin d'oeil pour répondre au commentaire d'Odile.

lundi 11 juillet 2005

Emois et organisation

Cela faisait longtemps que cela ne nous était pas arrivé, nous étions sans enfants pendant une grande partie du week-end. Cela nous a permis de nous reposer et de faire des choses que nous n'avons guère l'occasion de faire en temps normal, dont passer du temps à ne rien faire... on souffle et on reprend des forces.

De longues séances de tricot ininterrompues en pleine journée, moment pendant lequel je suis tout de même beaucoup plus fraîche que le soir, m'ont permis de faire une grande avancée sur le châle Creatures du Reef :

Creatures7 

Je souffre réellement du fameux syndrôme du "one more row", Libby. Sans me contraindre, sans forcer, c'est fascinant de voir les motifs se former et on veut "toujours plus"...

Je suis aux anges et plus que surprise de la rapidité : les 2 frises de poissons sont terminées, c'est en les commençant que je me suis réellement rendu compte que j'étais déjà parvenue à une bonne hauteur et qu'il y avait vraiment beaucoup moins de mailles. Les rangs allaient de plus en plus vite.  J'ai bien commencé le dernier motif, celui de l'écume. Encore une fois je dois faire des jetés (simples, doubles, triples) et laisser tomber les fils au rang suivant pour obtenir ces motifs grillagés.

Ca ressemble un peu à un collant filé,  style le bon vieil accroc dans quelque chose de vicieux qui dépassait.

Creatures8

C'est bien du point mousse, j'ai eu la surprise lorsque j'ai reçu le patron, car je ne m'en étais pas rendu compte sur les photos vues ici et là. Et finalement, ça ne se voit pas vraiment si les diminutions sont penchées dans un sens ou dans l'autre...

J'ai confiance maintenant, je ne devrais pas rencontrer de difficultés d'ici la fin qui approche si je continue à faire bien attention et à travailler avec les marqueurs.

Ce matin, excursion au bureau de poste pour aller chercher le colis pour lequel le préposé avait laissé un avis de passage durant mon absence de samedi matin. Excellente surprise, puisque j'ai découvert non un, mais deux paquets qui m'attendaient ! J'avais reconnu le papier brun et l'étiquette et je me délectais d'avance sur le chemin du retour. Battements de coeur quand j'ai découvert ce que contenait le plus gros :

Rheingold1

Le kit Virtual Yarns pour tricoter Rheingold de Jade Starmore... J'en rêvais depuis que je l'avais vu en vrai tricoté par Maryse (et j'avais même pu l'essayer pour demander leur avis aux membres de Tricot Nordique présentes ce jour-là sur la façon dont les coloris convenaient à mon teint). Les coloris sont vraiment glorieux, et ça mérite bien une plongée dans le coffre au trésor :

Rheingold2

Il m'avait déjà semblé intéressant avant mais j'avais des doutes quand je regardais la photo du site, car je le trouvais vraiment très jaune et pas adapté à mon teint méditerranéen, et je n'aurais jamais osé me lancer à l'aveuglette. Mais ce n'est pas jaune, c'est doré, automnal et magnifique ! Je vais me régaler à le tricoter lorsque les jours vont devenir gris et pluvieux. Rien de tel que ceci pour vous fouetter le moral !

Le 2nd carton, plus petit, contenait un autre magnifique objet  et c'est Alexi qui l'a ouvert puisqu'il lui est destiné :

Lavoisier

C'est Lavoisier, de Jade Starmore également : j'avais repéré ce modèle à sa sortie, j'hésitais parce que le destinataire n'est pas ce que l'on appelle soigneux... Et puis j'ai vu le patron lorsque Laëtitia a apporté son kit à la rencontre  Tricot Nordique de la Pentecôte et mon sang n'a fait qu'un tour. Après tout, Alexi n'a jamais abîmé ses vêtements... il a choisi lui-même et sans hésitation le coloris, Lapwing : il est constitué d'un fil marine très foncé et d'un autre vert paon (ou émeraude foncé). Je suis heureuse de son choix, car cela me plaît beaucoup aussi. Donc il y a deux heureux.

Enfin, je ne suis pas heureuse, j'exulte ! J'ai envoyé à toutes celles qui ont participé à ces cadeaux grandioses un petit mot pour les remercier de leur générosité, car c'est la façon dont j'ai utilisé le bon-cadeau qui m'a été remis pendant la réunion de Tricot Nordique à Paris en mai dernier. Je pourrai penser encore plus à elles toutes à chaque fois que je travaillerai à ces ouvrages. Le tricot, c'est sentimental aussi.

Maintenant, fini la rigolade ! Hier, j'ai dressé un plan de bataille précis pour les jours qui viennent. Dernière semaine d'école avant le départ en vacances : il y a beaucoup de réjouissances diverses, de gâteaux à faire, de fêtes et autres barbecue-parties à préparer. Tout ça avec le travail habituel, les activités normales et aussi la préparation des bagages. Mon emploi du temps un peu serré prévoit les soirées libres pour garder une bouée de sauvetage si jamais je ne pouvais pas faire tout ce que j'ai de prévu dans la journée. Si jamais elles restent libres, ce sera le tricot qui comblera le "trou" dans le planning... et j'espère que ça se passera comme ça !

mardi 21 juin 2005

Le verre est-il à moitié vide ou à moitié plein ?

C'est selon... Je n'ai jamais vraiment su s'il y avait véritablement une différence entre les deux. Pour moi, le contenant est le même et la dose de contenu itou. C'est peut-être lié à la façon d'envisager les choses : avec optimisme, le verre est encore à moitié plein, ou avec pessimisme, le verre est déjà à moitié vide ?

Alors, je me pose la question : ai-je déjà fait une moitié de la bordure de Fir Cone, ou ai-je l'autre moitié encore à faire ?

Fircone11

En ce qui me concerne, je trouve que cela va tellement vite que j'en ai déjà fait la moitié... Le motif est très facile à mémoriser. Et je découvre le motif de la bordure intérieure que je n'avais pas eu l'occasion d'admirer depuis ses débuts !

J'ai bien pensé à Catou, car dans les derniers commentaires, elle me disait : "Tu verras la bordure, ce n'est plus rien du tout mais... il faut tout le temps tourner les aiguilles et c'est plutôt casse-pieds... ". J'ai compris ce que cela voulait dire dès que j'ai eu commencé ! Mais... j'ai de la chance que ce châle soit immense et réalisé dans un fil un peu épais.

Donc, une fois que j'ai eu tricoté une dizaine de motifs à la bordure, je me suis rendu compte que je pouvais poser tout l'ouvrage à ma gauche et ne surélever que la petite portion sur laquelle je travaillais. Je ne fais alors vriller que l'extrémité du châle et si je la tourne et la retourne correctement une fois d'un côté, une fois de l'autre, je n'ai pas un chiffon entortillé. Et ça m'arrange...

Sandrine faisait de l'humour : "Tu tiens le bon bout (oh c'est pas terrible comme jeu de mot, ça) avec Fir Cone." Ben, j'ai bien failli le tenir par le mauvais bout et me retrouver avec l'endroit de la bordure sur l'envers du châle, et tout ça à cause d'une erreur d'étourderie au moment de l'attacher à la 1ère maille. Coup de chance, j'ai vu après 2 rangs que quelque chose "clochait"! Et pourtant il y a dans les instructions une mise en garde et toute l'explication sur la façon de procéder pour que ça n'arrive pas...

J'appréhendais, mais j'ai bien négocié le 1er virage et voici ce à quoi ressemble un angle :

Fircone12

La bordure qui court tout le long est le "détail" qui a attiré mon regard lorsque j'ai feuilleté le livre Folk Shawls la 1ère fois. Pour l'intant, elle "cloque" un peu, tout comme la partie centrale, et je suis curieuse de voir ce que ça va donner après la mise en forme. Je vais dans les jours qui viennent aller acheter une ou deux boîtes d'épingles supplémentaires, car il va m'en falloir beaucoup plus que je n'en possède actuellement. Il va être immense, celui-ci !

Soudainement, je me suis aperçu que mon cône de fil avait "fondu" à vitesse grand V et par précaution je viens de commander du fil supplémentaire (juste ça, et pas autre chose, je précise que je n'ai pas cherché à "rentabiliser" ma commande et les frais de port cette fois-ci) chez Jamieson & Smith.

Reçu au courrier d'hier, un paquet de Blackberry Ridge Woolen Mills contenant ces 3 écheveaux de Silky Merino coloris Light Lilac :

Silkymerino

C'est fin, c'est très fin (ce n'est pas de la Cobweb quand même !), et c'est destiné à devenir un jour l'étole Legends of the Shetland Seas de Hazel Carter. C'est-à-dire quand je me sentirai un peu plus confiante en moi-même pour tricoter de la dentelle sur des aiguilles 2,5 mm. Ca fait exactement 4 ans que j'ai le patron et je n'ai toujours pas sauté le pas. Peut-être cet hiver ?

jeudi 05 mai 2005

La Malédiction du Pied de Cochon

Ca ferait un bon titre pour un polar de hall de gare. Ce n'est pas aussi palpitant qu'un roman d'Agatha Christie ou que le Da Vinci Code, pourtant...

Tout avait bien commencé : après avoir parcouru les 537 kilomètres qui nous séparent, sans que les enfants assis à l'arrière ne rechignent trop, je me suis retrouvée chez Sandrine. C'est comme une étape non obligée, mais qui tombe sous le sens : le haut-lieu du tricot traditionnel dans la campagne française, foyer d'amitié et de chaleur et qui se trouve par le plus pur des hasards juste sur mon chemin. Ne pas faire la minime déviation du trajet sur l'autoroute qui me conduit chez mes parents serait comme ne pas entrer dans la cathédrale de Chartres lorsque l'on passe devant, un sacrilège !

Quelques heures trop courtes pendant lesquelles nous nous sommes vues "en vrai", vous avez eu les preuves à l'appui... Sandrine a rappelé le nombre d'années (et ça ne nous rajeunit pas, ma brave dame !), c'est vrai qu'au bout d'un certain temps, nous avons des choses à partager. En plus de notre passion commune pour le tricot traditionnel, l'amitié est venue se mêler à tout ça et c'est vraiment ce qu'il y a de plus agréable.

Nous avons détaillé et touché nos ouvrages respectifs les plus récents, échangé des impressions sur des fils, des coloris et d'autres considérations. Et  ces quelques heures m'ont cependant suffi pour apprendre plusieurs choses. Voici un exemple de conversation entre Sandrine et moi :

Sandrine : Tu tricotes un châle en prenant le fil directement sur le cône ?

Moi : Oui, figure toi que j'ai lu sur le site d'Alysse Créations (tu connais ?) que cela évitait de faire des raccords disgrâcieux et d'avoir des bouts de fil à rentrer. Ce qui est pénible, c'est qu'il faut que je transporte un dévidoir à cônes pour dérouler le fil à l'horizontale, c'est un peu encombrant quand même, surtout en voyage...

Sandrine : Tu as déjà essayé de poser le cône par terre à côté de toi et de le dévider par le haut ?   

Moi : Non... (sourire gêné et haussement de sourcils étonné), j'ai de trop mauvais souvenirs de mon premier gansey en fil Frangipani où le fil s'entortillait en cordelières alors que je le dévidais manuellement à l'horizontale.

Sandrine : Tu crois que la laine Shetland que tu utilises ferait ça ? Elle n'est pas moulinée du tout, la Shetland. Je l'ai fait avec un autre fil à dentelle et c'était parfait.

Moi : Ben oui, tu as raison... je n'ai même pas essayé parce que je n'y ai pas pensé.

Ca, c'était la 1ère chose. Les plus curieux d'entre vous ou ceux qui ont suivi tout le baratin qui précède se demandent peut-être quel est l'ouvrage que je pouvais tricoter en prenant le fil directement sur le cône... C'est ça :

Fircone1

Ce sont les débuts de Fir Cone, qui ressemble à une châle traditionnel des îles Shetland, mais qui n'en est pas un car il ne possède pas tous les critères dans la fabrication. Plus de détails à l'occasion d'une autre chronique et quand on pourra voir quelque chose, parce que pour l'instant... ça cloque !

C'est un ouvrage que j'ai commencé un peu avant de partir en vacances, avec un cône que j'ai en ma possession depuis décembre dernier et que j'avais montré ici. Il me faisait trop envie depuis plusieurs mois, ce châle. Et comme dirait Val : "Evidemment, comme je suis dispersée et que maintenant, je m'en fiche, j'ai commencé tout-à-fait autre chose... ". Excellent motto et irréprochable façon de voir les choses, j'adhère complètement.

La 2ème chose que j'ai apprise est d'ordre purement esthétique et technique. Le dernier ouvrage Fair Isle de Sandrine, Erin, est réalisé en laine Shetland 2 fils utilisée en place du joyeux mélange de fils fins Rowan qui ne sont plus produits. Jusque là, rien que de très normal... Sauf que, pour conserver l'échantillon indiqué dans le livre, plus fin que celui qui est recommandé par les tricoteuses et les créateurs d'ouvrages Fair Isle depuis leur origine, elle a serré plus fort. Le résultat est saisissant : les mailles sont plus serrées les unes contre les autres, soit, mais le tricot n'a rien perdu en souplesse et en gonflant, les motifs sont plus fins et les coloris prennent une dimension différente, les tons tweedés sont plus intenses. Et j'ai repéré tout ça alors que le cardigan en question n'était pas encore bloqué, mais brut, juste libéré des aiguilles.  Je l'imagine maintenant, bloqué et parfaitement mis en forme et je suis rêveuse.

J'ai d'ailleurs ainsi remarqué que le coloris principal du fond que Sandrine a utilisé que je trouvais déjà magnifique sur le nuancier Jamieson & Smith trouve sa pleine expression une fois tricoté. Vive les tons tweedés ! Selon l'endroit où ils sont placés, entre ou à côté de quels coloris, ils sont changeants, c'est magnifique et laissent des possibilités infinies... Conclusion : moi qui n'aime pas l'aspect des Fair Isle tricotés trop lâche et "aérés" (j'ai fait des essais sous forme d'échantillons, juste pour voir) et qui ne les ai fait jusqu'à présent qu'à l'échantillon conforme en utilisant des aiguilles 3 mm pour ce faire, je songe à la création personnelle d'un ouvrage Fair Isle pour lequel j'utiliserais des aiguilles 2,75 mm voire 2,5 mm.

La 3ème chose dont je me suis aperçu (et ça n'est pas bon pour mon porte-monnaie) est qu'il faut absolument que j'investisse dans la Rowan Yorkshire Tweed DK, le fil que Sandrine a utilisé pour tricoter sa version de Fern. Mis à part le fait que le relief est particulièrement bien mis en valeur, le toucher a quelque chose de vraiment inhabituel : un mélange de velours et de soie, un pur bonheur !

Je dois préciser confesser qu'en écureuil tricotnordiste prévoyant, j'avais fait préparer par Sandrine des denrées repérées sur le site Alysse et que j'ai emportées avec moi. Traduction : j'ai fait des achats chez Alysse, directement au siège ! Les couleurs ne sont pas bien mises en valeur ici, mais avec l'alternance rayon de soleil, ciel gris plomb ou averses, c'est difficile.

Achatsalysse_1

Vous reconnaîtrez des pelotes de laine Regia 4 fils (coloris Lampion et Papillon) que je compte transformer en moufles et autres couvre-chefs en jacquard en y ajoutant des restes de fil uni, et aussi 2 coloris différents de Kidopale de chez Fonty : le Prune est un kit pour l'étole Quendale dessinée par Odile pour Alysse Créations et les 4 pelotes de Chocolat sont destinées au châle Dove de Sharon Miller.

Après cet excellent moment qui s'est achevé par la dégustation d'un succulent repas préparé par le Maître queux des lieux (c'est Richard !), nous avons rebroussé chemin pour aller passer la nuit dans un hôtel d'une charmante bourgade située à une vingtaine de kilomètres : Sainte-Ménéhould. Et c'est là que la ruade du fameux cochon du titre m'a atteinte... 

J'avais bien vu en traversant le centre-ville à l'aller qu'aurait lieu le lendemain une Foire aux Pieds de Cochon. Ne croyez pas que j'affabule, c'est très officiel et c'est organisé par la Confrérie du Pied de Cochon de Sainte-Menehould (à ne pas confondre avec le Très Saint Ordre des Preux du Pied de Cochon de Dommartin-lès-Remiremont, dans les Vosges) ! Ben oui, Sainte-Ménéhould est le haut-lieu de cette spécialité qui doit être très prisée vers lequel les gastronomes étrangers et avertis accourent des 4 coins du monde. Pas moi, j'ai goûté dans ma prime jeunesse, au moment où les papilles gustatives doivent être formées à la diversité et vraiment je ne savoure rien de spécial en suçant des osselets enrobés de matière gélatineuse (je n'entends pas les plaisanteries graveleuses, n'essayez même pas !). Et je fais juste étape ici parce que je m'arrête chez mon amie.

Alors le lendemain matin, je m'aperçois que ma voiture, solitaire, se trouvait toujours sur le parking de la place de l'Hôtel de Ville, mais qu'il était impossible qu'elle en sorte car elle était encerclée de barrières métalliques : nous étions coincés, condamnés à manger du pied de cochon toute la journée en attendant de pouvoir reprendre la route de la liberté ! Ou pire alors, ils avaient ainsi formé une arène et ils allaient lâcher des cochons et nous allions faire office de "toreros" (ou "cochonneros" ?)... j'aurais préféré des chèvres ou des moutons...

Avertissant les enfants qu'ils allaient voir leur mère faire quelque chose de complètement illicite (mais sans toutefois leur recommander de ne pas faire la même chose), la contestataire que je suis, née l'année des barricades et marquée à vie, espérait à ce moment précis qu'un représentant de la force publique apparaîtrait pour qu'elle puisse lui adresser un "C.R.S. = S.S. !" bien senti alors qu'elle était en train de déplacer une des barrières pour se faire un passage. Rien, personne, la déception totale (les enfants aussi étaient déçus, d'ailleurs... cela aurait mis du piment dans leur voyage que de voir leur mère aux prises avec un policier !). J'ai déplacé la barrière, libéré ma voiture, replacé la barrière, et nous sommes partis en laissant Sainte-Ménéhould  se débattre avec les pieds de cochon. Pauvre femme que cette Sainte-Ménéhould, quand je pense qu'elle n'est même pas citée dans la Légende Dorée de Jacques de Voragine (ou alors j'ai mal regardé...) !

Et la semaine de vacances au pays a débuté. Poursuivie que j'étais par la malédiction que j'avais provoquée moi-même en offensant délibérément les fameux cochons, pas la Sainte, j'ai payé ! A peine arrivée, je me suis retrouvée au lit avec un méchant virus, rhino-pharyngite, oreilles inflammées, de la température, des courbatures, bref ! la déconfiture ! Et je ne m'en suis pas débarrassée facilement...

J'ai passé beaucoup de temps à lire au lieu de tricoter et si Berry Tree a avancé un peu, les progrès ne sont pas du tout ce qu'ils auraient pu être :

Berrytree3

Une manche et un demi-devant de tricotés, j'ai choisi d'alterner avec un ouvrage plus doux pour les mains, le châle Fir Cone, car à force de pousser l'aiguille en serrant fort, je me suis fait deux entailles au bout de l'index qui se referment vite si on les laisse en paix un jour ou deux.

A peine remise en forme, il a fallu que je reparte et me revoilà à la maison après avoir fait le trajet en une seule journée cette fois. J'ai déballé mes petites affaires maintenant et (oh, ça y est, voilà que les quintes de toux me reprennent... mais elles ne sont pas assez fortes pour couvrir le bruit mon aveu !)  je rapporte de France le fruit d'un échange de kits avec ma bonne amie Rebecca :

Lismore

Tous ces beaux écheveaux de Shetland constituent un kit de substitution (parce que les fils d'origine n'existent plus) pour tricoter Lismore dans The Celtic Collection d'Alice Starmore. Etant donné que c'est un échange, il n'y a pas grossissement de stock, n'est-ce-pas ? Oh, vraiment, il faut que j'y aille, la quinte qui me secoue est terrible maintenant, désolée...  ou alors, c'est la mauvaise foi qui m'étrangle ?

 

lundi 14 mars 2005

Ces gens de bonne volonté

Avertissement préalable : ce qui suit est long est tortueux. Si vous voulez ne voir que les progrès d'un de mes ouvrages en cours, descendez directement vers le bas de page.

Certain(e)s  le savent déjà, j'ai commis "l'irréparable" depuis la dernière fois que j'ai posté ici-même. J'ai passé une commande pour un kit, un de plus, que je dévoilerai lorsqu'il sera en ma possession. J'ai rompu ma diète de fibres. Je n'en suis pas honteuse, mais pas fière non plus. C'est juste arrivé ! C'est la "fatalité" au sens premier du terme, le destin inévitable imposé aux hommes, sans la nuance péjorative qu'on lui a associée par la suite, cette fatalité récurrente des tragédies grecques. Et la tentation est comme le Deus Ex Machina, qui surgit avec tambours et trompettes.

Je me suis contenue depuis plus de deux mois et me suis retenue pour ne pas céder aux tentations multiples et aux pulsions incontrôlables qui s'emparent de moi parfois. J'y ai mis toute la bonne volonté possible, je pensais tenir le bon bout, j'avais pris des résolutions et n'en souffrais pas, du moins je pensais ne pas en souffrir. Tout est tombé à l'eau, par la faute d'un simple "clic" sur le bouton Order d'un kit du site Virtual Yarns vendredi soir entre une fournée de gâteaux et une séance de repassage. Et ce, symboliquement et ironiquement, en plein Carême !

Ce qui a provoqué un sentiment sincère et extrême de culpabilité. Je ne plaisante pas. J'ai repensé à tout ce que j'ai engrangé comme pelotes et écheveaux ces 4 dernières années, ce qui est resté quelque temps chez moi déjà et est reparti vers d'autres cieux grossir les stocks ou garnir les aiguilles d'amies tricoteuses, toutes ces chenilles devenues chrysalides puis papillons. Et ce qu'il me reste encore car je n'ai pas pour autant cessé d'amasser.

Les commentaires du CALT me sont revenus à l'esprit, ces remarques pertinentes concernant le stock et la frénésie de se constituer une réserve et d'envahir l'espace vital du reste de la famille ou du conjoint au détriment de leurs propres affaires.

La nuit fut mauvaise. Dès samedi matin,  alors que je m'affairais dans la cuisine, je pris la décision de me défaire de plusieurs "trésors" pour contrebalancer le prix  que je venais d'y mettre, l'espace supplémentaire que j'allais encore occuper suite à cette nouvelle acquisition. Par "trésors", j'entends non les sommes que ces lots de fil représentent, mais l'affection avec laquelle ils ont été assemblés et le moment précis où ils sont arrivés chez moi. A chaque lot correspondent des circonstances précises. Celui-ci, oh ! je l'avais repéré suite à une recherche à telle occasion, celui-là, c'est parce que je l'avais vu tricoté par telle amie, j'ai commandé ce lot de Shetland à l'époque où je tricotais ça, cet autre m'a interpellé tout de suite et je sais que mon amie a le même, nous le tricoterons en parallèle un jour, etc... Parce que la mémoire de la tricoteuse-stockeuse est éléphantesque et que sa sentimentalité est extrême. On peut même parler de sensiblerie.

Dimanche, 5 lots de mes fils étaient donc en vente après que j'ai eu établi des listes concises de ce qu'ils contenaient, pesé, compté, tout ça sous les yeux de l'Homme de ma vie qui m'observait un peu hébété me concentrer pour ne pas commettre d'erreur et m'agiter fébrilement pour prendre les photos de la meilleure qualité possible.

Le CALT va certainement penser qu'en plus de me mettre moi-même dans des situations impossibles par rapport à ma réserve envahissante, j'agis en cruelle égoïste car le bonheur que j'éprouve à gagner de la place et à me donner bonne conscience en liquidant pour faire rentrer de la nouvelle marchandise fait le malheur d'autres foyers qui accueillent mes denrées. C'est sûr, mais ce n'est pas intentionnel ! C'est "de bonne guerre" (encore que l'expression ne soit vraiment pas de mise ici) et une pratique courante chez les tricoteuses du net que de jouer aux vases communiquants entre stocks et je suis une des premières à participer au banquet.

Après s'est ensuivie une réorganisation totale de mon stock, une de plus! La place faite par les lots qui sont partis a tout de suite été occupée par ce que je gardais ailleurs, dans des endroits que j'avais trouvés ici et là encore libres. Ce qui fait, et c'est pleine de fierté et imbue de moi-même que je l'annonce haut et fort, qu'il n'y a plus une pelote de cachée sous quelque lit que ce soit ou dans quelque autre placard de la maison. Tout est serré, répertorié de nouveau dans l'espace restreint que ma manie occupe actuellement. Si vous n'avez pas peur d'entrer dans l'intimité d'une tricoteuse maniaco-dépressive, jetez un coup d'oeil sur les caisses contenant le stock, bien empilées et ordonnées dans un coin du sous-sol :

Stock1 

Ce que je n'avais pas vu en prenant les photos, c'est que les caisses normalement opaques deviennent transparentes lorsque l'on utilise un flash et que l'on a un aperçu plutôt clair sur le contenu. Sur le côté de chaque caisse, j'ai collé il y a longtemps une large étiquette indiquant le contenu, écrit au crayon à papier pour pouvoir y apporter des modifications ultérieurement.

L'autre espace qui m'est réservé, ainsi le CALT verra que la superficie occupée au sol est vraiment minime, c'est celui-là :

Stock2

2 meubles bon marché occupant autrefois l'un le coin bureau, l'autre la chambre de bébé, abritent mes livres de tricot, nuanciers et autres catalogues ainsi que la collection d'instruments de torture en tous genres : bobinoir, dévidoir, aiguilles, trousse de couture et ouvrages en cours. Cette pièce est aussi au sous-sol et ne dénature pas le paysage de l'espace de vie familial.  (A ce propos, je voudrais signaler que j'ai travaillé dur rien que pour cela et ai ainsi négligé d'aller faire un tour sur les blogs des collègues que je prie de bien vouloir m'excuser.)

Après cette visite guidée, j'en reviens à mes moutons. Le coup de feu est passé et le calme revenu sur la mer auparavant agitée... s'ensuit une période d'introspection. Ce n'est pas la première, et j'imagine que ce ne sera pas la dernière fois que je me poserai des question sur mon état mental lorsqu'il s'agit de fibres naturelles. Seule avec mes enfants et à la faveur d'une promenade dominicale en forêt, fort propice aux vagabondages de l'esprit, voilà que les mêmes questions lancinantes m'assaillent de nouveau.

Pourquoi ai-je besoin d'amasser autant de fibres alors que mon rythme de tricot, bien que régulier et assidu, n'est pas fulgurant ? Pourquoi stocker autant alors que la plupart de ce que je possède est toujours en production et à moins qu'un embargo ne soit déclaré entre les îles Shetland, la Norvège et la Suisse, je pourrais commander au fur et à mesure des besoins ? Ai-je vraiment BESOIN de tout ça ? Pourquoi mes résolutions de me calmer ou de cesser se transforment-elles toujours en serments d'ivrogne et que je suis la seule à croire que je tiendrai ? Même mes amies tricoteuses ne me prennent pas au sérieux.

Malgré les apparences et bien que je ne sois nullement obligée de me justifier ici ou bien où que ce soit, je ne suis pas ce que l'on appelle une enfant gâtée  et je ne suis pas née avec une petit cuiller en argent dans la bouche. Fille d'enseignants du secondaire, eux-mêmes issus de familles modestes constituées d'autodidactes dans lesquelles tout a été obtenu par le seul travail et la persévérance, je n'ai jamais manqué de rien. Donc, ce n'est pas pour combler une privation quelconque que je joue à l'écureuil de cette façon. Et je n'en ai en aucun cas BESOIN, car je ne tricote que pour le plaisir, pour mes proches ou ceux qui comptent pour moi, je ne suis pas tricoteuse de métier.

Ma manie est plutôt récente et elle remonte à un peu plus de 4 ans au maximum. Auparavant, bien que j'aie toujours tricoté régulièrement, je ne stockais pas et la caisse en plastique posée sur la commode de la photo contenait non seulement tous les projets futurs, mais également les restes des ouvrages antérieurs. Je n'essaie pas de faire porter le chapeau à qui que ce soit, mais ma "maladie" s'est déclarée depuis que mon horizon s'est élargi à l'occasion de la découverte que j'ai faite lorsque nous habitions encore aux Etats-Unis, tout-à-fait par hasard. Il existait un domaine beaucoup plus vaste dans la sphère du tricot que les marques françaises auxquelles j'étais habituée jusqu'alors. Recherches sur internet, découverte d'un monde vaste et riche et haut en couleurs, Dale of Norway, Alice & Jade Starmore, me voilà !

Je n'ai jamais eu d'envies qui dépassent les moyens de mes parents ou les miens dans ma position de célibataire travaillant à 150%, femme mariée ou mère de famille. Je suis d'ailleurs persuadée que mes envies sont adaptées à mes moyens financiers et ne les dépassent jamais. C'est bien là qu'est le paradoxe : quand c'est une période où "l'on ne peut absolument pas se permettre une extravagance ou du superflu" pour quelque raison que ce soit, je contrôle ma frénésie d'achats sans problème.

Je n'ai jamais mis en péril le budget familial à cause de mes pulsions. En revanche, je n'ai aucune difficulté à sacrifier le budget que je pourrais utiliser pour me vêtir, aller chez le coiffeur, m'offrir des sorties ou ce genre de choses. Je ne collectionne rien d'autre. Il se peut, mais c'est un hasard, que j'aie la collection complète des oeuvres d'Agatha Christie en format livre de poche chez mes parents, mais uniquement parce que nous étions plusieurs à les lire dans la famille et celle-ci s'est de toute façon construite sur plusieurs années.

Tout comme ma réserve de fils, qui n'est pas un achat immense fait d'un seul coup, mais est constituée de coups de coeurs ou d'envies irrépressibles comme celle de vendredi. Et ces dernières sont toujours accompagnées des mêmes symptômes facilement reconnaissables.

Cela se passe toujours de la même façon : d'abord la réception d'une commande conséquente et complètement inutile dans le sens "ne va pas être tricoté avant des lustres, juste pour le plaisir de voir les couleurs ou d'avoir le lot à portée de main", puis les résolutions de ne plus faire d'achat avant un long bout de temps, période plus ou moins longue de satiété, puis 1er cas de figure : mention par une amie tricoteuse de tel ou tel ouvrage "dont les couleurs ou le motif sont à tomber par terre" ou 2ème cas de figure : momentanément désoeuvrée, je feuillette les livres de ma bibliothèque et ressens soudain un intérêt subit et nouveau pour CE modèle (il y a beaucoup d'autres cas de figures mais les deux sus-cités sont définitivement les plus courants). Une idée m'effleure subrepticement l'esprit "je me l'offrirai aussi, celui-là, mais plus tard, bien sûr !", et j'occulte pendant un certain temps. Puis l'idée ressurgit et se fait de plus en plus lancinante jusqu'à (je sais que cela va prêter à la moquerie,  mais en ce qui me concerne, c'est vrai !) la fébrilité, le rouge qui monte aux joues, l'oppression et le poids sur la poitrine. Jusqu'à ce que j'"exorcise" et clique sur le fameux bouton "order" pour commettre le méfait et commander l'objet du délit.

Ensuite, ce sont quelques palpitations (le coeur est mis à rude épreuve), un sentiment de soulagement et de bonheur extrêmes puis vient le temps des remords mélangés à l'impatience jusqu'à l'arrivée de la commande. Le moment où je découvre la marchandise est une profonde exultation. Et le processus recommence là où il avait commencé, je jure de nouveau que l'on ne m'y reprendra pas, etc...

Cher Monsieur du CALT, j'en suis là. J'ai décrit mon cas personnel. Je sais qu'il y a d'autres tricoteuses dans mon cas, car j'ai déjà partagé mes doutes avec certaines de mes amies. Certaines ont un stock moins important que le mien, d'autres beaucoup plus important. Nous venons de milieux sociaux, de pays, d'environnements différents et pourtant le résultat est le même. Qu'est-ce qui nous pousse à commettre ces actes ? Aucune idée... mais c'est tellement bon d'avoir ces fils à portée de main, de pouvoir foncer tête baissée dans un ouvrage en pleine nuit si l'on est frappé par l'insomnie ou lors d'un long week-end férié lorsque tous les magasins sont fermés, de pouvoir se remonter le moral quand il est bas ou ajouter à l'euphorie d'un moment heureux en contemplant les couleurs, les matières, en échafaudant des plans pour les années à venir, ces mêmes plans qui ne demandent qu'à être bouleversés au gré des envies qui changent.

Je n'ai pas commencé de thérapie à ce sujet, j'en aurais certainement besoin. Mais je me vois mal m'allonger ou m'asseoir sur le canapé d'un psy pour suivre une thérapie dans une langue étrangère. C'est difficile ! Pourtant il existe sûrement un moyen de trouver l'origine de ces pulsions... En attendant, Monsieur du CALT, sachez que son existence et les raisons qui ont motivé la création de votre Comité me font réfléchir encore plus que d'habitude sur les manies et autres travers dont il est question.

Et comme un malheur n'arrive jamais seul... alors qu'un nouveau kit est en route pour chez moi, il se trouve que c'est une période où le tricot avance doucement, car Fern auquel je me suis consacrée ces derniers jours n'a pas beaucoup progressé :

Fern4   

Mais je l'aime toujours autant et je continue mon bonhomme de chemin.

Maintenant, je voudrais répondre aux commentaires concernant le Pacific Northwest Shawl, tous plus gentils les uns que les autres en vous disant un grand merci de me donner confiance en moi après une nouvelle expérience.

Et pour répondre à la question de Marie-Hélène : j'ignore comment se comporte un châle de ce type lorsqu'il est porté. J'ose imaginer, enfin, je l'espère, que dans des conditions d'utilisation normales et à moins que tes enfants ne l'utilisent comme cape de super-héros (oui, oui !), il ne doit pas beaucoup bouger. Mais il faudrait demander aux expertes qui ont de la pratique dans ce domaine... parce que moi, je suis novice. 

   

jeudi 23 décembre 2004

Les fourmis dans les aiguilles

Oui, Klaralund est fini de tricoter ! Je compte profiter de la soirée pour passer les différents morceaux à l'eau et les faire sécher aux bonnes dimensions. Avec un petit coup de chance, j'aurai encore le temps de faire de la couture avant Noël, mais ce serait vraiment un coup de chance ou alors il faudrait que je tienne le coup la nuit pour le faire.

Et déjà, la virus de la dentellite se manifeste de nouveau. Allez donc chez Françoise si vous ne voyez pas de quoi je parle, elle a parfaitement décrit les symptômes et manifestations. Je sais, j'ai 3 Ouvrages Momentanément Délaissés inscrits dans la marge de droite, et 3 de taille, en plus. Ce n'est pas qu'ils ne me plaisent pas ou plus, c'est juste que je n'ai pas envie de tricoter ça pour le moment...

Et puis, toutes les circonstances sont contre moi : le Châle des Iles Faroe est bien pour couvrir un petit garçon de 4 ans qui regarde la télévision, mais il n'est pas assez grand pour couvrir son frère aîné et donc encore moins les deux enfants ensemble. Il faut donc voir plus GRAND. Catou a deviné juste, j'ai déjà un modèle en tête, c'est invroyable comme on peut être percée à jour ! Alors j'ai pensé qu'il était temps que je me penche sur le sort de ce cône :

Fc78cne

La moitié de gauche est éclairée par un pâle rayon de soleil, celle de droite est à l'ombre. Un coloris subtil et changeant, tout en nuances, le FC 78. A la base, un bleu pétrole tweedé de violet foncé et tacheté de roux, le genre de coloris qui accrochent la lumière et rendent complètement différemment suivant le temps et l'éclairage. Tu vois, Josiane, pas la peine d'investir dans les coloris 20 ou 44, Alexi sera content, il y a du violet dans la prochaine "couverture" ! Dire que je ne l'avais même pas remarqué sur le nuancier de Jamieson & Smith!

Jusqu'à ce qu'une bonne amie m'en dise le plus grand bien. Ma curiosité a été piquée et en observant attentivement la frange minuscule sur le nuancier, je remarquai en effet un mélange intéressant. Suite à une échange de matière première avec cette même amie tricoteuse, c'est ce cône que j'ai reçu. Il est arrivé depuis presque un mois et je me demande comment j'ai pu résister jusque là : il est magnifique et je la remercie du fond du coeur.

Alors c'est décidé, c'est lui que je glisse dans mes bagages, avec des aiguilles 4,5 mm, des anneaux marqueurs et le patron, et que j'emmène chez mes parents chez lesquels nous allons passer une semaine tout de suite après Noël. Un cône de 500 grammes, ça ne devrait pas me faire payer un excédent de bagages et c'est moins volumineux que des pelotes, non ?

Mais parce que je voudrais quand même me montrer raisonnable, j'ai ressorti 2 chaussettes - c'est différent d'une "PAIRE de chaussettes", ça ! - pointure 43, qui traînaient depuis la fin de l'été et je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises (pardon, ça m'a encore échappé, j'en suis au Tome IV, je viens de commencer le chapitre sur la 3ème épreuve du Tournoi des Trois Sorciers...) que je vais les finir incessamment. Finis les atermoiements !

Sockswip

J'ai pris d'autres bonnes résolutions que je compte mettre en application dès le début de la nouvelle année, mais elles sont tellement draconiennes et précises qu'elles prendront une page entière, donc je ferai ça en temps voulu, pour la première rédaction de 2005, par exemple.

Message personnel : je recherche désespérément Claudine qui m'a contactée la semaine passée pour me demander des informations. J'ai détruit par erreur votre message, et si je me souviens du contenu, je ne me souviens pas de l'adresse. Veuillez accepter mes excuses et m'envoyer un nouveau mail pour que je puisse vous répondre, merci !

vendredi 10 décembre 2004

Le Syndrome d'Influence

Je peux maintenant mettre un le nom sur la maladie dont je souffre, et dont les symptomes sont apparus surtout depuis que le groupe Tricot Nordique existe et que je me promène sur le net : le Syndrome d'Influence.

Ce syndrome est répertorié dans les hallucinations psychiques. D'après le Larousse Médical de la Famille, dont voici un extrait, ce syndrome est la "conviction délirante d'être sous l'emprise d'une force extérieure qui entrave la dynamique de la pensée. Le sujet est persuadé que l'on agit à distance sur ses pensées et ses actes. Il constate que ses idées, ses sentiments sont devancés, répétés en écho ou volés, ses actes lui sont commandés ou commentés."

Voilà exactement ce qui m'arrive... Lorsque le 2ème livre de Cornelia Tuttle-Hamilton est sorti, j'ai tout de suite repéré le modèle Klaralund. Comme je traversais une nouvelle période de régime sans fibres, je pensais attendre un peu. En revenant des vacances d'été, je lis que Froggy et Wendy lançaient le Klaralund-Along. Encore une fois, j'aurais aimé me joindre au groupe, mais sans le fil... pas question ! J'ai fait une affaire sur un lot de 10 pelotes de Silk Garden sur e-bay en octobre, mais avec les ouvrages en cours, ce n'eût pas été raisonnable de me lancer...

Et voilà que Karen vient agiter sous mon nez la Silk Garden qu'elle vient d'acheter et qu'elle parle de commencer Klaralund dans les jours qui viennent. Mon sang ne fait qu'un tour, c'est une conspiration, il faut que je tricote ce modèle qui me fait trop envie et surtout en bonne compagnie. Donc, je vais chercher dans ma réserve le matériel :

Klaralundkit

10 pelotes de Noro Silk Garden, coloris 88. J'ai été séduite par ces coloris doux rien qu'en les voyant sur mon écran et la réalité est très au-dessus de ce que j'espérais : c'est un mélange de beige, bronze pâle, sauge, marron glacé, taupe et mauve. Sur la pelote, c'est très réussi et je suis impatiente de voir ce que ça va donner "à plat". Je vais donc rejoindre l'instigratrice du complot à retardement pour un K.K.K. (Knitting Klaralund along with Karen).

De son côté, le châle des îles Féroé, autre manifestation de ce Syndrome d'Influence, avance lentement mais sûrement. C'est Josiane, une amie très chère et membre de Tricot Nordique qui est responsable de mon soudain intérêt pour ce modèle. Bien que ce soit le modèle de couverture du livre A Gathering of Lace, il n'avait pas du tout attiré mon attention. Jusqu'à ce que Josiane mette en ligne sur le site du groupe une photo de celui qu'elle était en train de réaliser. Aaaaaah, machiavélique... Et puis, Sandrine s'y est mise aussi, et Françoise... Il a donc fallu que je m'y mette car je trouve la forme de ces châles particulièrement adaptée à mes besoins. Etant donné la façon dont ils sont conçus, ils ne doivent pas glisser des épaules sans arrêt.

Le jeu était de ne pas racheter de fil pour tricoter ce modèle. J'avais ce lot de Shetland 2-ply jumper weight coloris 9143 de chez Jamieson & Smith que je destinais à autre chose.

J'ai fait des calculs : l'échantillon recommandé pour le grand châle est de 15 mailles pour 10 cm sur des aiguilles 6 mm. C'est à peu de chose près ce que j'avais comme échantillon avec la 2-ply sur des aiguilles 4,5 mm pour le Irish Diamond Shawl. Le métrage utilisé pour le grand châle des îles Faroe est de 1092 m. J'ai 11 pelotes de 25 grammes, soit environ 1210 mètres de fil à disposition.

Ca devrait être bon... et pourtant j'ai d'affreux doutes, parce que j'en suis rendue aujourd'hui au rang 62 :

Faroese11dec

et je vais finir la 5ème pelote. Ce qui signifie qu'il me reste 6 pelotes pour tricoter les 130 rangs restants. Même si l'on diminue de 4 mailles tous les 2 rangs, je me sens un peu sur la corde raide, surtout que je viens juste de lire que Françoise est à court de fil, tout comme Josiane l'avait été auparavant... Il va falloir que j'avance au maximum pour pouvoir prendre les mesures qui s'imposent le plus rapidement possible.

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