dimanche 20 novembre 2005

Le chaos du cahot

Il y a peu de temps, Sophie, alias Knitchy-Bitsy, écrivait une excellente chronique sur le fameux "jog" et sa façon d'y remédier.

Jog : nom. 1) (a) coup (de coude, etc...), (b) secousse, cahot (d'une voiture, etc...). 2) petit trot

(Informations prises dans le Harrap's New Shorter 1982)

Ceci a réveillé de vieux fantômes. Oserais-je dire : "Sophie jogs my memory" ? Ben oui, j'ose... Je sais qu'il existe et qu'il est là, à chaque fois que je tricote un ouvrage en circulaire. Invisible sur un cardigan, car placé en plein milieu des mailles à couper, et donc disparaissant dès la découpe, il est bien présent et flagrant sur le côté gauche de tous les pull-overs. J'avais choisi de l'ignorer, mais là, tout de même, il est temps que je fasse quelque chose. Démonstration en images :

Maintenant que j'ai un peu avancé dans l'empiècement de Torino et que les dômes sont visibles (qu'est-ce que je m'amuse à tricoter ces motifs !)

Torino7

je peux montrer le début du tour, situé du côté gauche du pull (à droite quand on est en face, bien sûr) :

Jog1

C'est moche, mais je peux vivre avec, car à l'usage, j'ai vu que la majeure partie était prise dans les mailles à couper dans lesquelles viennent ensuite s'emboîter les manches. Il est visible sur  la petite portion située en bas de l'empiècement, mais elle est elle-même cachée puisque le bras vient se coller dessus. Sauf quand bien sûr vous tricotez pour un énergumène spécialiste du farniente qui passe ses journées allongé sur une chaise longue les bras repliés sous la tête, mais c'est rare, ce genre de personnage !

En ce qui concerne la partie unie, franchement, là, c'est invisible car noyé dans la masse. Ce qui me dérange beaucoup plus, c'est ce décalage au niveau de la frise du bas qui est quand même en évidence tout le temps.

Jog2

Ca, c'est laid et ça va se voit ! Mais alors, ce qui m'horripile, c'est ce "cahot chaotique" visible sur toute la hauteur du jacquard lorsque l'ouvrage est travaillé de bas en haut, comme ici :

Jog3

C'est le côté gauche du Lillehammer de Dale of Norway, et son "jogful and joyful jog". J'ai éventuellement une excuse, car c'est le 1er (et unique pour l'instant) norvégien avec jacquard sur toute la hauteur que j'aie réalisé, et mon engoûement de débutante dans le tricot circulaire m'a empêché de m'attarder sur ce détail (la vérité est que j'étais complètement subjuguée et aveuglée par la beauté des motifs qui se formaient, mais bon ! chacun a ses faiblesses).

Donc, je jure sollennellement que je ferai un effort sur les ouvrages à venir pour réduire ce décalage. Sur un ouvrage Fair Isle, je ne sais pas, car grâce à l'échantillon plus fin, on le remarque moins. Mais sur un norvégien, il faut que je fasse quelque chose !

Progrès sur le cardigan Mara, qui est maintenant doté d'une bande de boutonnage (longue, très longue) :

Mara10 

qui fût tricotée sur des aiguilles 2,75 mm alors que le reste de l'ouvrage le fût sur du 3 mm, donc qui fait froncer et gondoler l'ensemble à qui mieux mieux , mais qui a l'avantage d'être déjà parée de boutons.

C'est difficile de penser "masculin" lorsque l'on choisit des boutons ! Déjà que j'ai failli faire les boutonnières du mauvais côté... Non seulement il faut trouver quelque chose qui s'harmonise avec les coloris de l'ensemble, de bonne taille, mais en plus, il ne faut pas que ça brille, que ce soit trop "machin", ni trop "truc" (remplacer "machin" et "truc" par les qualificatifs adéquates dont la gent masculine a le secret)... Donc, la mercière et moi avons fait sobre et avons conclu que ceux-ci conviendraient parfaitement. Et je suis diablement contente parce que comme ils sont déjà là, je n'aurai pas besoin de courir à la dernière minute.

Poinsettia, ah ! Poinsettia... Mais il a un coeur, car nous avons commencé le 4ème et ultime carré :

Poinsettia11

ce qui signifie que cette semaine va être placée sous le signe de l'arrachage de cheveux, de jurons en tous genres et de démontage autant que de tricotage car nous abordons la portion qui me pose le plus de problèmes : les rangs 41 à 80. Je crois d'ailleurs que pour être sûre de la terminer à temps, je vais commencer à y travailler dès ce soir. Il vaut mieux que je sois prudente sur le coup !

mardi 15 novembre 2005

Poinsettia, Mara, Chullo et Torino

Titre extrêmement original, mais quand on n'a pas l'inspiration, on ne l'a pas !

J'ai beaucoup aimé lire les commentaires de la dernière chronique et avoir les opinions diverses sur la tension, la façon d'étendre ses mailles sur les aiguilles et de les mettre en attente. C'est instructif de profiter des expériences et des combines variées : il me tarde d'essayer de trouver la ficelle de Rebecca qui pourrait me servir d'arrête-mailles et d'aiguilles à la fois. Une manipulation d'évitée, un peu de temps de gagné, et hop !

Les séances de tricot du week-end furent ce qu'elles furent.  C'est parfois un peu cahotique de jongler entre les ouvrages, je crois que finalement je n'aime pas trop. J'avais donc camouflé Torino, et me suis concentrée tout d'abord sur Poinsettia.

Poinsettia10

Il grimpe, lentement, mais sûrement. Pour le dernier carré, ça sera peut-être plus facile ?

Quant à Mara, il est maintenant en sac. Les épaules sont attachées depuis hier soir et il faudra encore une longue séance de crochet pour que les steeks soient prêts à la découpe :

Mara7

Voici maintenant la raison pour laquelle j'ai rallongé le corps de 9 tours. Si j'avais suivi les explications pour la plus grande taille, que je tricote, voici ce que l'on aurait vu sur les épaules :

Mara9

J'aurais dû raccorder le devant et le dos juste après avoir tricoté la petite bordure rouge qui sépare les grands motifs des uns des autres. Chacun a bien sûr sa propre approche de l'esthétique, mais j'ai eu peur que ce double galon rouge ne choque mon oeil une fois le corps terminé de tricoter.

En tricotant les 9 tours supplémentaires, j'ai donc terminé les épaules sur le tour précédant la "ligne de pliure" ou l'axe de symétrie, en clair le tour situé exactement au milieu du grand motif turquoise. Ce qui fait qu'en raccordant le dos et le devant, le grand motif se trouve reconstitué sur l'épaule, comme ça :

Mara8

Je ne saurais expliquer les raisons, mais je préfère ça. Je subodore que cela vient de mon subconscient somme toute cartésien, rectiligne et rigide. Je ne suis pas aussi foldingue, futile et désorganisée que ça, j'aime la symétrie et l'ordre. Allô, Sigmund ? C'est freudien, ça, c'est sûr...

Dans un tout autre registre, voici un petit objet qu'une amie péruvienne a eu la gentillesse de me prêter (et je pense que cela va intéresser au moins une tricoteuse passionnée de tricot ethnique, dont je tairai le nom par discrétion) :

Chullo1

Oui, c'est un chullo, un vrai de vrai ! Tricoté par une dame péruvienne des montagnes pour le fils de mon amie.  Je l'ai observé sous toutes les coutures, (non ! il n'y en a pas, de coutures !) et je vous livre ici quelques photos de détail. Tout d'abord l'envers :

Chullo2

Les fils sont vraiment croisés et il n'y en pas un bout qui dépasse.  Et le détail sur le cache-oreilles :

Chullo3

ils sont en point mousse. J'aime beaucoup la chaînette en coloris contrastant qui les borde. La bordure du bonnet est elle réalisée en point mousse bicolore. Dommage que je ne puisse pas vous faire toucher, car le fil utilisé est vraiment particulier. C'est rêche, et bien loin de nos fils commerciaux traités lavables en machine. Brut de brut, et sans assouplissant ! Et j'imagine que les touristes ne doivent pas payer ça très cher sur les marchés péruviens, c'est fort dommage, car il y a quand même quelques heures de travail sur cet ouvrage petit en taille !

Cela me donne de sacrées idées pour terminer les restes de fil, vous savez, ces restes de 10 grammes que l'on garde précieusement et qui se débobinent et s'emmêlent dès que l'on fouille dans le sac dans lequel ils sont rangés. A l'étude, donc...

Petite mise à jour sur l'avancée Torino, dont l'empiècement aurait pu être plus haut si je n'avais pas commis une stupide erreur d'inattention et n'avais pas eu à démonter 4 tours maille par maille :

Torino6

C'est le train-train, quoi ! La vie de tricot peut parfois être un ruisseau tranquille... Et si vous vous demandez, la réponse est "oui", c'est bien un rayon de soleil sur la table de la terrasse. Il s'est décidé à sortir il y a 30 minutes. On n'y croyait plus.

dimanche 06 novembre 2005

7 jours plus tard...

Il est heureux que j'aie pris la décision de passer moins de temps devant l'écran, car si je ne l'avais pas fait, je ne sais pas comment j'aurais pu faire avancer les ouvrages en cours.

Ce n'est pas que cela me rassure, mais avec les témoignages que j'ai reçus ici ou en privé, je me sens moins seule dans cette situation de temps excessif passé à errer sans but sur internet sur les différents sites et surtout à me mettre à la diète. Comme Rebecca, je suis d'avis qu'il n'y a rien de tel que le vrai partage et que nous sommes bien chanceux que ce moyen de communication révolutionnaire nous le permette. 

Le côté narcissique du journal de bord ne m'intéresse pas. J'estime que cela n'est en rien constructif que de montrer des photos de ses oeuvres avec pour seul commentaire "regardez comme je tricote bien !" ou "admirez un peu ma vitesse de réalisation ! Ne suis-je pas génialement productive d'avoir tricoté tout ça en une soirée ?" et autres choses de ce genre. 

Tricoter quelque chose en secret pour le faire apparaître en photo d'un seul coup sur la toile façon "génération spontanée du tricot" et essayer de faire croire aux lecteurs que ça a été tricoté à un rythme normal (mais si, mais si, ça se voit, ceux qui tricotent savent et on ne leur fait pas prendre des vessies pour des lanternes !) ... je préfère ne pas donner l'intégralité de mon opinion sur ce sujet. Je l'ai fait en préparation d'un blague de 1er avril, mais il a bien fallu que je me résigne et crache le morceau avant la date, car les cachotteries ne sont pas pour moi !

Et puis, si je n'ai fait que des progrès minimes, comme 5 rangs de jersey endroit pendant lesquels il ne se passe rien, parce que parfois les circonstances font que, je préfère m'abstenir de les montrer.

En revanche, si je trouve quelque chose qui me rend le tricot plus facile ou me permet d'obtenir quelque chose de plus propre, j'essaie de l'expliquer et de "soutenir ma thèse" avec des illustrations aussi bonnes que possible dans l'espoir que peut-être, cela servira à quelqu'un qui gagnera ainsi un temps précieux. Car on en revient toujours aux mêmes thèmes, n'est-il-pas ? : le progrès dans l'art du tricot et ce fameux temps dont on n'a jamais assez.

Bon, cette semaine, pas de découverte révolutionnaire, désolée ! Mais quand même une re-découverte : je ne sais pas exactement depuis combien de temps je n'avais pas tricoté un pull norvégien avec partie basse en jersey uni pour une taille L, mais j'avais complètement oublié comme c'est loooooong !

Torino5

Ceci est le résultat d'un semaine de labeur intense (sans blague !), j'ai emporté le corps en cours de Torino partout avec moi, j'y ai travaillé vraiment sans relâche : pendant le cours de natation hebdomadaire, à la patinoire aussi, mal installée sur les gradins, me repliant statégiquement vers le restaurant dans lequel toutes les mères se retrouvent lorsque le froid qui règne dans l'arène devient insupportable (il faut dire que lorsque l'on est assis immobile, ça monte vite par les pieds, le froid !), indifférente à l'agitation et imperturbable.

J'y ai même passé quelques soirées tout en regardant quelque chose (très certainement captivant !) à la télévision, attendant qu'une voix me dise "arrête de ramer, tu attaques la falaise !" et j'atteinds royalement en fin de semaine les 40 cm de hauteur requis. Diantre, que c'est long !!! 

Je reconnais que pour tromper mon désespoir de ne toujours pas en être rendue à la bonne hauteur, j'ai intercalé un peu de réconfort entre les deux : Mara. Ca faisait beaucoup de bien et je peux maintenant montrer un motif complet :

Mara3

Ceci est la récompense ultime, les motifs se forment facilement, les tons de turquoise et de bleu se succèdent gaiement, c'est rythmique, symétrique, logique et esthétique. C'est tellement du tricot fluide que l'on ne se rend même pas compte que parce que l'on voulait finir la petite bordure rouge qui sépare les dessins les uns des autres, on a largement dépassé l'heure raisonnable du coucher permettant d'être à-peu-près frais le lendemain matin. Hautement addictif et provocateur du fameux syndrome !

Dans la frénésie, j'ai failli négliger mon devoir hebdomadaire, les rangs 41 à 80 du Poinsettia, portion que j'avais entamée en début de semaine et laissée inachevée. J'ai dû "carburer" hier soir pour la terminer et pouvoir la livrer en même temps que mes petites camarades. Et cet épisode s'intitule : "Poinsettia 3ème carré, rangs 41 à 80, ou comment j'ai gagné la bataille contre le rang 77".

Poinsettia9

C'est la partie que je trouve la plus ardue et j'y travaille très lentement car quand on fait erreur et que l'on doit la rattraper, il faut démonter un rang maille par maille en démêlant les poils de mohair enchevêtrés. Je n'aurais qu'un mot "beurk !".

Alors, maintenant, me voilà fort marrie ! Je n'ai plus de tricot facile à transporter partout, d'autant plus que j'ai démonté la chaussette Goemon en cours. Le motif était joli mais la Regia Silk ne me donnait pas la texture que j'espérais. Je réessaierai avec un fil plus sec donc moins glissant, comme de la Regia Tweed 4 fils, par exemple, dont j'ai 100 grammes en stock. 

Mettre en route la 2ème manche de Torino ? Une nouvelle paire de chaussettes, mais en jersey uni, cette fois ? Je vais bien voir ce que mes envies ou ma raison me dictent...

dimanche 30 octobre 2005

7 jours de réflexion ou une décision mûrement réfléchie ?

Avez-vous une idée du temps que vous passez chaque jour devant l'écran de votre ordinateur autrement que pour votre gagne-pain quotidien ? Si vous le savez déjà et que cela vous tracasse mais que vous voulez voir des photos de tricot, rendez-vous en bas de page !

Parce que l'idée m'est venue lorsque j'étais en vacances, complètement déconnectée, je me suis "chronométrée" cette semaine. Le résultat est consternant : 3 heures par jour ! 3 heures, réparties tout au long de la journée et de la soirée, durant lesquelles je suis passive...

Internet est un outil merveilleux, je ne vais pas rentrer dans les lieux communs en vous décrivant pourquoi, ni ses avantages et ses inconvénients et je ne vais pas non plus cracher dans la soupe. En tant que déracinée et transplantée depuis 10 ans dans des pays étrangers et loin de ma famille et amis, de la culture de mon pays d'origine, cela m'a permis de rester en contact et de me tenir au courant de ce qu'il se passait. J'ai pu aussi trouver des personnes merveilleuses qui avaient les mêmes passions et intérêts que moi, et me faire de nouvelles amitiés et autres relations durables, mais quand même...

Alors, à quoi sont passées ces 3 heures ? A des choses diverses et variées :

1) Lire mon courrier personnel. J'en ai comme tout le monde une certaine quantité et je dois me rendre compte qu'il m'est de plus en plus difficile de répondre dans les meilleurs délais, parce que je passe beaucoup de temps avec les points 2), 3) et 4).

2) J'appartiens à divers groupes de discussion, la majorité ayant directement trait au tricot traditionnel, qui est une activité qui me passionne. Celui qui me tient le plus à coeur est Tricot Nordique, bien sûr et je ne fais en général que survoler la correspondance des autres. Mais j'aime bien me tenir au courant des découvertes et des "trucs et combines" des tricoteurs d'origines diverses car cela me permet souvent de les expérimenter moi-même et d'améliorer ma technique et de gagner du temps. Mais je néglige Tricot Nordique et n'arrive même pas à faire face et à participer comme je le voudrais aux discussions et à l'organisation d'activités pour ce groupe

3) Le shopping... toujours à l'affût de la bonne affaire ou de l'ouvrage que je pourrai mettre en réserve pour les années à venir. Je n'épiloguerai pas, nous savons tous comment ça se passe, pourquoi nous sommes si nombreux à être si faibles et les conséquences des click-orders frénétiques.

4) Tricot-Blogland ! Ils fleurissent depuis quelque temps, dans toutes les langues, et de toutes les couleurs, les blogs. Au début on se limite à quelques-uns, et puis de fil en aiguille (sans jeu de mots) , la liste dans votre indicateur de mise à jour prend une taille inquiétante et ça tinte et clignote de tous les côtés. Vous commencez à lire et cliquez sur les liens vers des boutiques, de nouveaux blogs dont vous ignoriez l'existence, et c'est le cercle infernal, non, plutôt la spirale infernale qui s'élargit. Vous trouvez des blogs qui vous intéressent, dont le style vous plaît, l'humour et les péripétie vous divertissent et hop !, vous l'ajoutez à la liste de vos lectures régulières.

Bref, à la fin de la journée, vous avez passé du temps à lire ici et là beaucoup de choses passivement.

J'ai décidé que ceci doit changer. Je ne suis pas différente des autres : je suis une mère de famille dont la priorité est l'éducation et le bien-être de ses enfants. J'ai une maison à tenir et je dois faire en sorte que tout soit pour le mieux ici. Comme pour la majorité des gens, je trouve que les journées ne sont pas assez longues pour accomplir ce que je DOIS faire et encore ensuite m'accorder du temps personnel consacré exclusivement aux domaines qui me passionnent, et ils sont nombreux, ces derniers. En tant que tricoteuse, c'est clair, je n'ai jamais assez de temps pour me livrer à mon vice, mais j'ai comme l'impression que je ne suis pas la seule.

Ne me dîtes pas comment vous vous y prenez, je ne veux pas le savoir, car cela me ferait me sentir encore pire que de voir que c'est uniquement parce que je suis mal organisée. Il ne s'agit pas seulement de ça !

Comme je n'ai pas de pouvoir magique qui me permettrait d'arrêter ou de ralentir le temps, j'ai donc décidé procéder autrement et donc de passer moins de temps devant le PC en le gérant autrement. Qualité contre quantité !

Mes 2 priorités essentielles seront donc le courrier personnel et Tricot Nordique, car je dois dire que ceci me tient vraiment à coeur. Je jure solennellement de réduire le shopping sur internet à ce dont j'ai vraiment besoin (refrain déjà entendu, mais si cela me permet non seulement d'économiser de l'argent mais également du temps, je le ferai) et de cibler mes activités sur Blogland.

Je vais réviser la liste de blogs que je lis et ne garder que ceux sur lesquels je laisse des commentaires car oui ! je fais partie de celles qui lisent beaucoup mais laissent peu de commentaires, et ceux sur lesquels j'ai envie de laisser des commentaires mais n'ai encore jamais osé, car oui ! je suis malgré tout quelqu'un "qui n'ose pas" car je ne participe que très peu aux échanges organisés entre blogs, knit-alongs et autres. C'est un peu abrupt, cette façon de dire les choses, mais je ne suis pas quelqu'un d'hypocrite, donc ceci explique cela.

Je vais essayer d'améliorer la qualité de mes chroniques. J'ai des goûts précis dans ce domaine et depuis quelque temps, franchement, je trouve que les miennes "puent". J'aime les chroniques où l'on a des progrès à observer, des choses intéressantes à lire,  des photos à regarder, des découvertes à creuser. Mais si l'on n'a pas le temps de découvrir, expérimenter et tricoter,... évidemment il y a peu de choses à faire partager.

Je fais partie des gens qui ont pour devise "quand on n'a rien à dire, on ne dit rien", donc si ma mise à jour n'est pas fréquente, c'est tout simplement que je n'ai pas fait de progrès dans mes ouvrages en cours ou tout simplement qu'il n'y a rien à déclarer. Mon journal est celui d'une tricoteuse, je digresse parfois souvent, mais je voudrais que ceci reste consacré au tricot.

Simple coïncidence, mais ma 1ère chronique date d'il y a 1 an et 1 jour. Rétrospectivement, je suis globalement satisfaite de ce que j'ai pu écrire, et pleinement heureuse des contacts et nouvelles connaissances que j'ai liés par l'intermédiaire de ce journal.

Mais... je n'ai pas fait beaucoup de progrès en tricot et n'ai pas expérimenté autant que je l'aurais voulu. Je me suis cantonnée à faire ce que je savais déjà faire, c'est confortable, gratifiant, mais je n'ai pas pris les risques et eu la petite décharge d'adrénaline que l'on a lorsque l'on se lance dans l'inconnu...

Donc, je vais récupérer ce temps que je ne passerai plus devant le PC pour faire avancer mes travaux en cours et pouvoir ensuite me consacrer à améliorer mes connaissances et ma technique dans différents domaines. La vie est trop courte, je ne sais pas combien de temps durera la mienne, elle est déjà bien entamée, il faut que je m'y mette sérieusement.

Progression tricot de la semaine : j'ai passé le cap de la bordure décorative du corps de Torino et suis maintenant dans la marée marine

Torino4

Ca va être "action !" au moindre moment que j'ai pour faire avancer cette partie unie car je dois profiter des absences du destinataire dans les 2 semaines qui viennent pour y travailler. Je compte beaucoup sur les attentes diverses et variées pour ce faire car les tours sont diablement longs lorsque l'on tricote la taille L !

Poinsettia commence à avoir un joli coeur, je crois que c'est la partie du motif qui me plaît le plus dans le châle, ces 4 nopes et les feuilles qui les entourent qui orneront le centre du châle quand il sera terminé :

Poinsettia8

si tant est que le mien puisse être qualifié de châle une fois fini, car j'utilise des aiguilles 4 mm au lieu des 6 mm prescrites et je crains que la taille obtenue après mise en forme soit un peu réduite. Ce sera la surprise !

Et comme j'ai été disciplinée, je me suis récompensée avec Mara et le début de son motif. Si les tours sont longs parce que je tricote également une grande taille, les motifs de cette partie sont petits et faciles à mémoriser, ça tourne rond et ça baigne dans l'huile !

Mara2

Il y a quand même plusieurs tours de jersey uni répartis sur cette grille de 48 rangs, et cela fait aussi une sacrée différence dans la vitesse de tricotage. Cet ouvrage, ce sera ma récompense lorsque le jersey uni de Torino aura bien monté et que le Poinsettia sera à jour. Tout travail mérite salaire, les coloris et les motifs de Mara en sont un, c'est ma motivation !

Je suis désolée de vous avoir fait passer autant de temps devant votre écran si vous avez lu l'intégralité. Mais la fréquence plus réduite de mes futures chroniques et leur style que je voudrais plus condensé vous feront, je l'espère, économiser un temps précieux.

Bon dimanche (et il est plus long, celui-ci !) ensoleillé à tous !

mercredi 21 septembre 2005

Papa est rentré de son voyage d'affaires

J'ai profité du fait que le soleil a l'air d'être de la partie aujourd'hui pour prendre des photos à-peu-près présentables du Lion Héraldique, mais malgré tout les couleurs sont un peu voilées. Des vues de détail se trouvent ici et aussi ici, et ce sont les dernières avant que l'ouvrage ne soit empaqueté et acheminé vers ma nièce. J'espère qu'elle pourra en profiter un peu.

C'était bien le début de manche de Torino 2006, le modèle officiel que portera l'équipe olympique norvégienne lors des prochains Jeux Olympiques qui auront lieu à Turin que je vous présentais la dernière fois et que Françoise a reconnu.

Il ne m'aura pas fallu longtemps pour tricoter le motif en couleurs du haut de la manche, parce que c'est très addictif.

Torino1

J'aime beaucoup l'association des couleurs, avec cette touche de bronze qui réhausse le tout. Malgré les apparences, le coloris utilisé pour le fond n'est pas noir, mais marine très foncé (Heilo Dark Navy 5582) et j'ai eu plusieurs fois des doutes au début en me demandant si je n'avais pas interverti deux lots et pris par erreur celui de noir que je réserve... à autre chose.

Le styliste de chez Dale of Norway a bien travaillé, il y a de tout sur cet ouvrage : du jacquard bien sûr, avec même des rangs à trois couleurs, et de la broderie pour la pointe centrale qui descend sur la partie unie :

Torino2

et la même chose sur le bas de la manche, avec, en plus, une petite fantaisie en relief (oui, oui, Sandrine, je ne l'avais pas repéré en le scrutant sur les photos trouvées ça et là sur internet), ce sont des chevrons constitués de fines torsades de 2 mailles :

Torino3

C'est la taille L, Rebecca, comme Large, très large... A partir du moment où la partie unie a été terminée, j'ai changé d'aiguilles et suis passée à des 3,5 mm circulaires de 40 cm de long sans que les mailles soient étirées dessus. C'est pour cette raison que j'ai pu répondre à Sophie que oui, 37 cm de largeur pour une manche de pull pour homme, c'est normal !

Val, je ne triche pas en prenant de l'avance pour le travail de groupe prévu sur Tricot Nordique dès le 15 octobre, ceci est, comment dire ?, un échauffement, une mise en bouche, un amuse-gueule, mais pas du genre de ceux dont on se gave pendant l'apéritif et qui empêchent ensuite d'apprécier le repas parce que l'on a l'estomac rempli... Une mise en jambes avant celui que j'ai prévu ensuite : le Caribou. Tous les prétextes sont bons pour tricoter un norvégien supplémentaire, on ne me piège pas comme ça ;-)

Maintenant, j'ai mal joué : le Torino 2006 est un cadeau que je compte faire à l'Homme pour son anniversaire qui tombe exactement une semaine avant Noël. J'ai prévu d'y travailler lorsqu'il n'est pas dans les environs. J'avais mal enregistré les soirées que j'aurais de libres à passer seule à la maison cette semaine et du coup, mon plan qui consistait à tricoter hier soir le bas de la 2ème manche pour pouvoir me plonger dans la marée marine pendant les activités sportives du mercredi est tombé à l'eau... car il était là (l'Homme), exceptionnellement ! Je vais donc travailler cet après-midi à la 2ème chaussette qui manque à la paire.

Et bien qu'indisciplinée, je suis quand même une certaine ligne de conduite (on se rassure comme on peut). J'ai annoncé que jusqu'à Noël je me consacrais aux ouvrages pour enfants et aux cadeaux, c'est ce que je fais. Le 1er morceau du 2ème Lavoisier, destiné celui-ci à Fils Aîné, est en route :

Lavoisierst1

C'est comme de retrouver une vieille connaissance que l'on n'a pas vue depuis un moment, on peut reprendre la conversation là où on (hiatus atroce, mais je ne peux pas faire mieux) l'avait laissée la fois précédente. C'est le même coloris que celui que Laëtitia tricote en ce moment : Summer Tide.

C'est donc avec Lavoisier et Torino que je vais jongler au gré des présences et absences de l'Homme... ça met du piment, non ? (c'est de l'humour... moche, non, c'est plutôt de l'auto-dérision).

Et dès demain, l'opération Poinsettia reprend pour pouvoir présenter mes progrès en même temps que mes petites camarades. C'est chouette d'avoir un planning structuré, vraiment, il n'y a qu'à suivre !

samedi 17 septembre 2005

Un peu d'éparpillement et de changement

Avez-vous déjà remarqué comme parfois on a l'impression de papillonner ou de ne pas tricoter beaucoup durant la semaine et comme, lorsque l'on fait le bilan, ça n'est pas si mal que ça ?

J'ai eu cette agréable surprise en prenant les photos illustrant cette chronique.

Heraldiclion7

D'abord, cette prise de vue du Lion Héraldique montre que les 2 manches sont terminées. Il ne me reste plus qu'à rentrer les fils des 2 poignets en point mousse bicolore et de faire subir à l'ouvrage une séance de blocage nécessaire, impitoyable et bénéfique pour pouvoir le considérer comme fini et l'expédier par la poste.

Ensuite, comme plusieurs de mes petites camarades de Tricot Nordique, j'ai commencé le 1er carré du châle Poinsettia et tricoté les 40 rangs qui correspondent à la 1ère tranche du travail en groupe.

Poinsettia1 

C'est rose bonbon, c'est poilu et c'est léger et j'ai découvert à ma grande surprise qu'en y allant calmement et avec attention, je pouvais tricoter du mohair. C'est très agréable de travailler en groupe de cette façon, chacune au même rythme et de savoir que l'on peut compter sur des avis éclairés en cas de problème ou d'incompréhension des explications. Affaire à suivre, la prochaine photo-étape ne pourra être postée que le prochain week-end.

La paire de chaussettes Zansibar trône maintenant dans l'album avec ses petites soeurs et elle est visible ici. En revanche, la paire en dégradé de gris de la série Schatten n'a pas bougé d'une maille et il manque toujours le 2ème exemplaire...

Pourquoi ? Mais... parce que... je suis quelqu'un de très indiscipliné.

Dominique rappelait il y a quelque temps ce proverbe, qui a été vérifié par les tricoteuses de toutes contrées au fil des siècles. Je pourrais rajouter ceux-ci :

- "Quand femme tricoter norvégien, la neige n'est pas loin."

- "Norvégien en septembre, Noël en décembre."

pour me donner bonne conscience, car je n'ai pu résister à l'appel du norvégien et du fil Heilo et voilà :

Manche1

C'est ce qui a remplacé les chaussettes pendant mes attentes de la semaine. Il m'a suffi de tricoter le bas de manche en couleurs et en relief tranquille à la maison et de continuer le jersey uni au kilomètre installée plus ou moins confortablement à droite et à gauche. Et maintenant, je suis arrivée au moment où je dois recommencer à tricoter du jacquard, donc cela redevient le travail sur canapé. Ce qui tombe bien puisque le Lion Héraldique est terminé... Un ouvrage en couleurs pousse l'autre. Au fait, vous avez reconnu à quel ouvrage ce début de manche appartient, bien sûr ?

Bon week-end, et qu'il soit fait de tricot !

mercredi 20 avril 2005

Furtive émersion

Non pas que je me prenne pour un astre mais c'est exactement ce que je ressens : j'étais dans les bas-fonds, complètement débordée par les choses à faire et en pleine panique et j'en sors un peu. J'ai vraiment eu besoin de cette pause. Mais ce n'est pas tellement amusant de s'isoler et le monde des blogs m'a manqué. Même si parfois cela fait commettre des achats irréparables ou dévier du droit chemin, c'est une grande source d'inspiration.

Après 3 semaines de discipline, il semble que j'aperçoive le rai de lumière au bout du tunnel. Je ne me suis pas dispersée (enfin, un peu quand même), pas laissé distraire par les diverses tentations (enfin, un peu quand même) et j'ai travaillé pour rattraper mon retard dans diverses domaines. Mais j'ai encore des choses à faire.

Alors déjà, pour ne pas avoir à mettre à jour tout ça en une seule fois plus tard, j'ai pensé que je pouvais commencer dès maintenant. Je vais donc commencer par ici et ensuite aller faire un tour chez mes petites camarades.

Du point de vue ouvrages en cours, j'en ai 2 qui ont disparu de mes aiguilles : en attendant de recevoir l'écheveau qui me manquait pour terminer Oregon, je me suis acharnée pendant une semaine et ai terminé Fern. Je suis émerveillée par cet ouvrage : le col qui est un petit "détail" qui change tout, et le relief qui est tellement mis en valeur par le fil Hebridean 3-ply, sans effort ni douleur. Ce fil a une texture spongieuse et la façon dont il est mouliné permet d'obtenir un relief saillant sans problème. C'est parfait, et il me va, en plus ! Parce qu'avec le mauvais temps de ces derniers jours, j'ai eu l'occasion de le porter plus d'une fois.

L'écheveau de Dark Green, coloris dont j'avais sous-estimé la consommation en faisant mes calculs quand j'avais décidé de rallonger le corps, est arrivé 2 ou 3 jours après que j'ai terminé Fern : c'est exactement le délai qu'il m'a fallu pour terminer le corps du Jubileum. Je vous le livre brut de brut, froncé par le steek de l'ouverture devant et avec fils pendants et le haut qui roulotte parce que c'est exactement dans cet état qu'il se trouve, la honte !

Jubileum2

C'est encore du roux et du orange, parce que j'aime cette gamme de coloris. Il ne lui manque donc "plus que" les manches et toutes les finitions qui vont suivre.

Et parce que le suspense fut intense, voici donc la bande de boutonnage d'Oregon avec les boutons en place :

Oregonboutons

Il est terminé aussi. Le voilà les ailes déployées, où l'on devine que les emmanchures sont légèrement creusées, et puis à plat, avec un gros plan pour mieux voir le détail des motifs, et les côtes. Photographié sous toutes les coutures parce que j'ai vraiment aimé cette harmonie de couleurs et que l'effet givré des coloris tweedés est particulièrement apaisant. 

Et j'ai trouvé des boutons pour remplacer ceux que j'ai volés au cardigan Marina, c'est un style complètement différent, dans une couleur qui contraste cette fois.

Marinaboutons

Maintenant le temps des aveux... j'ai commencé autre chose ! J'ai décidé de faire débuter ma période de préparation des ouvrages pour les enfants et de ceux destinés à devenir des cadeaux de Noël un peu plus tôt cette année pour ne pas me retrouver le bec dans l'eau le moment venu. Le 1er de la série est donc Berry Tree, qui est destiné à ma nièce et que je tricote dans la qualité Soft Shetland de Jamiesons of Shetland :

Berrytree2

Le coloris est Raspberry 1260, et pour moi, ça ressemble plus à du sorbet au cassis, car la photo le montre plus rose et moins profond qu'il n'est en fait. Le dessin est vraiment un plaisir à travailler. D'accord, il y a des nopes, encore ! Et de celles qui tiennent la route, en plus : celles pour lesquelles il faut tourner son ouvrage une paire de fois avant de rabattre les mailles pour obtenir cette protubérance bubonique...

Le fil est parfait et donne une excellente tenue au volant du bas de la veste et un relief saillant aux points utilisés : torsades fantaisie, point d'astrakan, point de blé. Les sempiternels problèmes de tension que j'ai pour les ouvrages de ce type dessinés par Mme Starmore m'obligent à utiliser des aiguilles 4 mm au lieu des 4,5 mm requises, mais au moins, je tombe juste du point de vue taille et l'esprit et la tenue de l'ouvrage sont respectés.

Voilà donc ce à quoi je vais me consacrer pendant les 2 semaines qui viennent, car je retourne au pays samedi. Un long trajet en voiture avec personne avec qui partager le volant et les 2 garçons à l'arrière qui commencent à demander "à quelle heure on arrive chez Papy et Mamie ?" alors que nous venons de rouler pendant 30 minutes et sommes encore à 30 minutes de la frontière française... Heureusement qu'il y a des compensations sur la route... Plus de détails au prochain numéro dès le retour !

Bonnes vacances à ceux pour qui c'est aussi le cas et bonne continuation aux autres !

lundi 28 mars 2005

Sine nomine

C'est bientôt le 1er avril. J'avais préparé à cette intention une chronique qui n'aurait certainement fait rire que moi et ricaner certains. J'essayais de faire croire qu'après avoir terminé dans la semaine mes 2 ouvrages en cours, Fern et Oregon, j'aurais empoigné mes aiguilles, quelques pelotes de Heilo et la brochure Heilo 60th Anniversary de Dale of Norway et qu'en une soirée, j'aurais tricoté ceci :

Jubileum   

Et s'ensuivait tout une dissertation rédigée dans un ton des plus sérieux sur ce que la motivation fait accomplir comme prodiges.

Cela fait presque 3 mois que je travaille à cet ouvrage, de temps en temps, lorsque l'envie me prend. Il s'agit du Jubileum 2 dans la combinaison de couleurs auburn et cuivre. Après avoir terminé Froya, je me suis rendu compte qu'il faudrait que j'aie un norvégien en pièces détachées pour la mi-mai, date à laquelle je vais faire une démonstration d'assemblage. Et je voulais faire une surprise en arrivant avec la bouche en coeur avec un objet inattendu le 1er avril. Il faut dire que ce kit dort dans ma réserve depuis près de 4 ans, et que cela en fait donc le plus ancien. Il était temps que je m'en occupe !

Bien que je sache rester muette comme une tombe lorsque l'on me demande de garder un secret, je fais malheureusement partie de ces personnes qui ne savent pas dissimuler quoi que ce soit très longtemps lorsqu'elles font une blague. Et ça a été dur de le faire jusqu'à maintenant, surtout qu'étant quelqu'un que de belles couleurs ou un motif particulier enthousiasment sincèrement, j'ai eu beaucoup de mal à travailler à ceci en secret. La preuve, c'est que nous ne sommes pas encore le 1er avril et que j'ai déjà vendu la mèche...

Je viens juste de me rendre compte qu'il ne m'est pas possible de mener plusieurs activités de front avec la même assiduité. Je peux m'y prendre comme je veux, il y a toujours quelque chose que je vais négliger. Alors j'ai décidé de m'offrir le luxe de prendre un congé sabbatique hors de Blogland.

Bien qu'étant d'avis que personne n'est irremplaçable, je dois me rendre à l'évidence qu'il y a quelques domaines dans lesquels on compte réellement sur moi et pour lesquels je ne peux pas faire appel à un substitut.

Je me donne donc jusqu'à après la Pentecôte pour mettre de l'ordre dans mes diverses affaires en cours et remettre le bateau à flots. Pendant ce laps de temps, je compte me mettre à jour dans ma correspondance en retard (certaines parmi vous savent que je suis très en retard et je leur demande de bien vouloir me pardonner), peaufiner un projet dans lequel je suis impliquée et qui est fixé au week-end de Pentecôte, finir d'organiser mes albums-photos de tricot pour qu'ils soient abrités sous le même toit que mon blog, et sinon finir, du moins faire avancer au maximum mes ouvrages en cours.  Ce sont mes objectifs pour les semaines qui viennent, en plus de ceux qui sont toujours les mêmes dans le domaine personnel et familial.

J'ai vraiment besoin de cette période pour essayer d'y voir plus clair et mettre certaines choses en place.

Je vous souhaite plein de bonnes choses et je vous remercie d'être passés par là aussi nombreux et aussi souvent, de m'avoir conseillée, encouragée, taquinée, remise sur les rails quand je les avais quittés, complimentée. Je reviendrai lorsque mon horizon sera dégagé, il y a encore tellement de choses à découvrir et à faire partager dans le domaine du tricot...

mercredi 02 février 2005

Accroc

Petite scène de la vie quotidienne dans une famille de la banlieue zurichoise...

Le matin, la mère prépare pour son fils aîné qui va aller à l'école des vêtements propres et chauds. Elle en profite pour plier et ranger le pull qu'il a porté la veille. Son attention est attirée par le dessin sur le bas des manches. Quelque chose cloche, mais quoi ?

Accroc1 

Pas très bien réveillée mais ayant déjà chaussé ses lunettes, la mère observe la 1ère manche attentivement :

Accroc2

et, ne remarquant rien de bizarre, fait la même chose avec la 2ème manche :

Accroc3

et n'en croit pas ses yeux ! Un trou... tout de suite, elle pense à cette calamité que sont les bestioles volantes dont les larves se nourrissent de laine (je n'écris même plus leur nom, je suis superstitieuse, mais vous le savez déjà !).

Mais non, plusieurs trous, et à intervalles réguliers . Mais... il manque la maille verte au-dessus de chaque dessin !!! La mère, dont le complexe de culpabilité s'est considérablement aggravé depuis qu'elle a enfanté (ne me demandez pas pourquoi, je suis coupable de toute façon), s'accuse tout de suite et pense qu'elle aurait oublié de tricoter un rang avec du vert. Mais non... ce serait vicieux d'avoir laissé des mailles ouvertes se balader à l'air libre et d'en avoir remonté d'autres au-dessus pour avoir le bon compte. La mère est tordue et vicieuse (oui, ça aussi !), mais pas à ce point-là tout de même !!!

Pendant ce temps, le fils est tranquillement en train de s'habiller et ne remarque pas l'état de fébrilité et de doute dans lequel sa mère est plongée. Son sang ne fait qu'un tour : "Bon sang, mais c'est bien sûr !". Elle plisse alors les yeux, relève le sourcil droit de façon accusatrice (ça, c'est l'oeillade que craignent les fils angéliques de la Mère Indigne) et fonce vers le fils, objet du délit en main, pour lui planter sous les naseaux narines, mais suffisamment loin pour qu'il puisse focaliser rapidement.

Et le fils passe à la question (mais oui, elle les torture, en plus !). Pas besoin d'utiliser cette fois ses talents de Grande Inquisitrice, car nonchalamment, le fils lui explique qu'il a accroché la manche à un rivet de sa chaise à l'école, qu'un fil a été tiré, et qu'il pendait tellement qu'il le gênait pour écrire, et... c'est là que le complexe de culpabilité de la mère s'alourdit d'une tonne... "j'ai fait comme toi, j'ai tiré comme quand tu couds les pulls avec la grosse aiguille et j'ai coupé avec mes ciseaux pour que le fil ne dépasse pas. C'est bien fait, non ?". Et le fils plonge ses grand yeux bleux emplis de fierté et d'espoir dans ceux, noirs, de sa mère dans l'attente d'une approbation.

La mère se tait, (c'est rare !), elle est abasourdie, la pauvre femme, plie le pull et va le mettre sur la boîte à couture en espérant trouver le temps au plus vite le temps de réparer cet accroc. Elle en parle au père, occupé à faire ses ablutions, qui laisse échapper un juron, suivi d'un "il l'a fait exprès ?", et rassuré sur l'innocence de son rejeton, retourne vaquer à ses occupations du matin. 

Moralité : La mère va dorénavant éviter de manier les ciseaux à proximité d'ouvrages en tricot lorsqu'elle est sous haute surveillance de sa progéniture. On ne sait jamais, ça pourrait lui donner des idées malsaines.

Des nouvelles d'Oregon :

Oregonmain4

je viens juste de faire la 1ère diminution pour l'encolure en V. Dans une dizaine de tours, ce sont les emmanchures que je vais devoir creuser. Pendant plusieurs tours, je vais devoir être particulièrement attentive pour diminuer là où il faut et continuer à faire en sorte que les dessins soient bien les uns au-dessus des autres. Je vais peut-être attendre d'avoir les sinus débouchés et la tête moins serrée dans l'étau pour passer ce cap...

lundi 17 janvier 2005

Le management de la qualité

ou comment je m'aperçois que je suis véritablement une personne terre-à-terre...

J'ai reçu mercredi le texte d'une présentation en allemand que doit faire un ami et pour laquelle il avait besoin de mes services pour la mettre en français correct. Plutôt flatteur d'avoir la confiance de quelqu'un dans ce domaine, encore faut-il se montrer à la hauteur de ses espérances !

Cela fait donc plusieurs jours que je travaille à la traduction de ce texte auquel je ne comprends strictement rien. Comprenez moi bien : les mots en allemand et ceux en français existent et mis côte-à-côte, forment des phrases grammaticalement correctes. Rien à redire au sujet de la syntaxe ! C'est le concept et l'ensemble de la présentation que je suis incapable de comprendre... Pour l'Homme, à qui je l'ai fait lire, cela semble tomber sous le sens, être particulièrement limpide et suivre un cheminement logique. Bon.

Même si j'ai réussi à livrer la traduction ce matin aux aurores, j'en conclus donc que le management de la qualité et ses principes fondamentaux sont absolument hors de ma portée. Pour moi, l'ensemble fut nébuleux. Il n'y a que la dernière phrase qui m'ait marquée et que j'aie bien comprise : "ce sont les attentes du consommateur qui définissent la qualité". Ah, enfin on parle ma langue ! Là, j'adhère, parce que je suis une consommatrice et c'est vrai que c'est moi qui décide, de par ce que je recherche dans un produit et dans la façon dont on considère et traite mes commandes et autres demandes, si le fournisseur et la marchandise sont de qualité. Mais, 12 pages de torture d'esprit pour en arriver là, c'est trop pour mes neurones... Echangerais volontiers 12 pages d'un texte d'Horace ou de Xenophon à traduire, ou 12 pages de l'Eneide à scander contre ce que je viens de faire, damned !

Alors, j'ai dû entrecouper mes séances de triturage de méninges par des séances beaucoup plus amusantes de réalisation et finitions d'objets bien réels et que l'on peut toucher. Au diable les concepts, vive le pragmatisme !

Il me fallait quelque chose sur quoi je puisse faire preuve d'efficacité, j'avais les chaussettes Regia Mini-Ringel, coloris 5219 Königsblau :

Regia5219koenigsblau

J'ai eu beau commencer les 2 chaussettes exactement au même endroit dans la séquence et compter consciencieusement les rangs pour que les 2 chaussettes soient exactement identiques, la 2ème a un tout petit peu plus de violet sur la pointe que la 1ère. J'en conclus donc que mine de rien, ma tension a dû se relâcher à un moment donné.

Je me suis offert un long moment de calme pour accrocher les manches de Froya, et c'était réellement nécessaire d'être au calme, parce que c'était du noir mais aussi parce que lorsque l'on taille dans 4 mailles à couper en Daletta, c'est très impressionnant. Le tricot se fait sur des aiguilles 3 mm, le fil est plutôt fin et lisse, et sur 4 mailles, les fameux "steeks" norvégiens sont vraiment étroits. Hors de question de trop les manipuler lorsqu'ils ont été coupés de peur qu'ils ne se défilent : on sécurise bien, on coupe, on épingle les manches et on coud tout de suite sans agripper le travail...

J'avais fait le "steek" du devant sur 6 mailles et c'était nettement moins impressionnant. Je suis contente de ne pas avoir choisi un ouvrage en Daletta comme premier norvégien, je crois que j'aurais eu une crise de panique, la sueur froide d'hier m'a suffi...  De plus, j'ai remarqué que le "tissu" obtenu est lisse et régulier, mais aussi délicat, et qu'il se froisse facilement. Je pense qu'il faudra que je le repasse légèrement à chaque fois que je voudrai le mettre, car après un séjour dans une armoire, même en haut de la pile, il risque de conserver les marques de plis.

Alors voilà Froya à plat, avec une vue de détail. Pas de photo sur mannequin vivant, mais il me va. C'est la taille M pour le corps et la S pour les manches, et c'est bon ! J'aurais donc un cardigan aux couleurs de saison pour Noël 2005...

Et comme j'avais fini 2 ouvrages et que j'éprouve vraiment un sentiment d'accomplissement et de grande satisfaction quand des aiguilles se libèrent, je me suis offert quelques tours dans la bordure de feuilles d'Oregon :

Oregonbordure1

C'est très plaisant comme ouvrage et les différentes nuances de vert qui malheureusement apparaissent fades sur la photo sont vraiment apaisantes. Il fait beaucoup trop froid pour que je me risque à l'extérieur même le temps d'une photo en lumière naturelle et l'autre que j'ai faite montre le tout écrasé par le flash. J'espère pouvoir mettre les couleurs plus en valeur une prochaine fois.

Je pense que je vais éprouver beaucoup de plaisir à voir les feuilles finir de s'épanouir puis les branches des petits arbres se former.

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