vendredi 18 avril 2008

Une éclaircie... les tribulations d'une Gauloise dans la contrée des Rösti

Tout d'abord merci ! Pour les mots gentils sur les ouvrages du billet précédent et aussi pour me remettre un peu sur les rails. Je pense comme Jean-Louis, qu'à la longue, je deviens pinailleuse. Je voudrais qu'ils soient irréprochables et parfaits, ces ouvrages, mais comme ils sont issus de travail humain, que bien entendu l'Homme est loin de l'être (et par conséquent, moi encore plus loin, puisque moi femme, donc sortie de la côte de l'Homme...), ça n'est pas possible. Mais je les aime bien quand même !

Et puis, j'aime bien savoir comment les tricoteuses et tricoteurs gèrent leurs travaux en cours. Pour moi, l'idéal est un seul et unique gros projet un peu complexe et un plus petit qui ne prend pas la tête pour les soirs où ça ne va pas pour se concentrer. Mais je me suis laissé tenter souvent et du coup, je me retrouve un peu submergée. Mon but est de sortir la tête de l'eau dans l'année pour reprendre le rythme idéal. Je l'annonce officiellement maintenant et mettrai le projet à exécution sous peu.

Je viens de voir cette semaine une lueur au bout du tunnel. Je croyais la cause perdue... Mais c'est un souci de moins, c'est toujours ça ! Il faut que je vous raconte : comme beaucoup le savent, je suis une immigrée. Je fus d'abord une Gauloise chez les Etats-Uniens, je suis depuis un peu plus de 7 ans une Gauloise chez les Helvètes, une irréductible qui résiste tant bien que mal, une francophone résidant en Suisse. Mais en Suisse Alémanique. Et ça, ça fait une différence ! Ce ne serait pas pareil en Romandie, mais ça n'a rien à voir avec la langue. C'est un autre monde, mais c'est un long et autre sujet.

En situation régulière jusqu'à il y a un certain temps, j'étais alors titulaire d'un permis de séjour, ce qui me permet de vivre avec mon mari et mes enfants, c'est quand même pratique, il faut le reconnaître. Quant ils me cassent tous les pieds (noooon ! ça n'arrive jamais, ils sont par-faits !), j'ai la possibilité de ne pas me livrer aux démarches nécessaires, de me mettre en irrégularité avec la loi et de me faire reconduire à la frontière. Elle n'est pas loin, l'Alsace à 1 heure de route, ça coûte moins cher que le charter, et puis de toute façon je ne sais même pas s'il y a des charters Zürich-Paris...

Or donc, après avoir été titulaire ces dernières années d'un livret pour étrangers de type B, appelé communément "permis B" (c'est celui qui vous donne le droit d'écraser des Helvètes en conduisant un véhicule léger), renouvelable tous les ans les 2 premières années, puis tous les 5 ans, voilà que le dit permis allait arriver à expiration le 21 janvier 2008. Diantre !

Dès le début du mois de novembre 2007, je reçois la lettre me signalant l'expiration prochaine ainsi que le formulaire de demande de renouvellement avec la liste de pièces à joindre. Je pensai en moi-même : "Fichtre ! Bien organisés et prévoyants, les Helvètes ! On voit qu'on est au pays de l'horlogerie, ça baigne dans l'huile." Je me suis empressé de faire le nécessaire dans les plus brefs délais, en prévision de la folie des festivités de fin d'année et de la course (et des courses !) qu'il y a toujours à cette époque. Et vogue la galère ! Ensuite, silence radio ! La conscience tranquille, j'avais même oublié...

Le 21 janvier dernier, date exacte de l'expiration de mon permis de séjour, je reçois un courrier de la Direction de la Sécurité du Canton de Zürich, bureau de l'Immigration, ces enveloppes grises en papier recyclé qui normalement n'apportent que des soucis et des contrariétés (les impôts, par exemple !) et là, surprise ! On me signale que ma demande de prolongation de séjour est prise en compte (NDLR : merci !), mais qu'il manque à mon dossier une pièce que personne ne m'avait demandée auparavant, un extrait de casier judiciaire suisse. Ah ! pourquoi ils n'ont pas tout demandé en même temps, les nigauds ???

Je remplis donc le formulaire joint au courrier, photocopie mon titre de séjour tout juste périmé, mon passeport français, vais payer à la Poste les frais administratifs* et joins mon récépissé au tout, puis poste l'ensemble le 22 janvier. Et j'attends... Re-silence radio !

* Oui, il faut payer quand on a besoin d'un papier en Suisse. Ca m'a coûté 20 Francs Suisses pour un unique exemplaire de casier judiciaire, qui était vierge, je précise. Parce que je ne connais pas les tarifs pour ceux qui ne le sont pas... ça doit forcément être plus cher, il n'y a pas de petits profits, et puis il y a l'encre.

Je signale au passage que pour que l'on donne suite à mon dossier, il était indiqué que je devais fournir l'extrait de casier judiciaire avant le 22 février. C'est là que ça devient intéressant...  On pense qu'un mois, c'est largement suffisant, mais la vie est pleine de surprises !

Parce que le 22 février, j'appelle la gentille dame du Service d'Immigration pour lui expliquer que malgré ma rapidité d'action, je n'ai toujours pas le papier demandé et que j'apprécierais que l'on ne me mette pas dehors tout de suite, vu que les enfants vont bientôt reprendre l'école et que j'aimerais autant être là. Et je m'entends dire qu'ils sont habitués du coup, que je ne dois pas m'en faire, que le bureau qui émet les extraits de casier est à Berne et que le temps qu'ils se bougent (ils ont la réputation d'être lents, dans le canton de Berne, ce sont leurs compatriotes qui le disent, pas moi !) et que le courrier fasse son chemin (Zürich-Berne, quelle aventure pour une enveloppe !), c'est un délai normal.

Le 23, le lendemain de ce coup de téléphone rassurant, hallelujah !, je reçois l'extrait désiré. Je m'empresse de le faire suivre aux autorités compétentes, bien sûr. Et nouvelle attente... Et la semaine passée, soit près de 2 mois après, le courrier m'indiquant que mon titre de séjour est à ma disposition au bureau du Contrôle des Habitants (si, si ! c'est comme ça qu'on dit ici) de la mairie de ma commune, et que contre mon titre de séjour actuel périmé, une photo d'identité et la modique somme de 65 Francs Suisses, je peux venir le retirer "aussi vite que possible" (sic !).

Et bien, parce que je suis une Gauloise qui résiste et qu'après tout il n'y a aucune raison pour que j'obtempère au doigt et à l'oeil, j'ai attendu hier pour le faire, tranquille, sans vitesse ni précipitation. Et encore, j'aurais bien attendu encore une paire de semaines, mais comme je dois quitter l'Helvétie pour aller séjourner en Gaule les 2 semaines qui viennent, j'ai pensé que tordus comme peuvent l'être certains, ils risquaient de me gauler (c'est le cas de le dire) en situation irrégulière à la frontière à mon retour et ne pas m'autoriser à rentrer en Suisse.

Franchement, ça fait suer ! Et encore, je suis un cas "facile" pour l'administration suisse, car je suis la seule non-titulaire d'un passeport suisse de la famille, car les autres membres, bien que pas Suisses du tout du tout, se sont mieux débrouillés et ont tous un passeport suisse, eux ! (Oui, mais moi, de toute façon, je n'en veux pas, du passeport suisse). Ils sont donc tous les trois mes "garants" de moralité.

Je connaissais les méandres de l'administration française que suivent les dossiers d'immigration pour avoir aidé dans leurs démarches un certain nombre de copains de pays d'origine divers, j'ai testé et fort mal vécu la complexité du système américain pour l'obtention de sa carte verte... et bien rassurez-vous, les Helvètes sont pareils. Rien à envier à personne !

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C'est l'objet du délit. Je suis depuis ce matin en possession d'un permis "C" (c'est marqué dessus !). A part me donner le droit d'écraser des Helvètes en conduisant un poids lourd, je ne vois pas bien quel avantage supplémentaire il me procure par rapport au permis B que j'avais avant, parce qu'il n'est également valable que 5 ans. En 2013, re-belote, quel bonheur !

Mais d'ici là, j'ai le temps de préparer ma contre-attaque, de chaparder des Petits Suisses dans les supermarchés du voisinage, d'aller vider mes ordures ménagères dans les forêts des alentours pour ne pas payer les sacs poubelle réglementaires de la commune (2,30 Francs Suisses le sac de 35 litres, ça vous dit quelque chose ?). Je vais tenter certains de ces délits créatifs, me débrouiller pour me faire pincer et pour qu'ils soient portés à mon casier judiciaire. Comme ça je connaîtrai le prix de l'extrait de non-vierge la prochaine fois que je devrai en demander un et pourrai vous le communiquer. Ca peut être utile, on ne sait jamais...

En attendant, les Helvètes devront me supporter encore 5 ans. Vu que je ne gagne pas lourd puisque je travaille à la vacation, je ne participe pas au remplissage des coffres des banques et je ne suis pas imposable à titre individuel (mais notre chef de famille se fait rincer pour nous, lui !). Je n'ai pas le droit de voter, juste celui de supporter des décisions aberrantes qui sont prises pour moi dans des domaines qui me concernent pourtant puisque je vis dans le pays. Mais ça ne m'empêche pas de l'ouvrir, et souvent : je râle, je conteste, je récrimine, je peste, je critique vertement et ouvertement... Ca ne sert à rien, mais ça me fait du bien !

Et en attendant, les Helvètes profitent quand même bien de mon séjour ici, car je participe au florissement de l'industrie chocolatière nationale en trafiquant moult tablettes de chez Villars, Cailler et Camille Bloch et quelques petits ballotins de truffes limitées au cacao sauvage (sic ! c'est marqué sur la boîte, des truffes limitées, c'est génial !) de chez Sprüngli dont je charge mon coffre de voiture dès que je me rends en France.

Ah ! il vaut mieux en rire, franchement... Mais c'est le genre de choses qui usent. Et c'est la seule que je vais vous raconter, rassurez-vous, mais il y en a d'autres, des choses qui contrarient, et bien plus importantes encore...

Heureusement, il y a le tricot ! Et bien c'est très calme depuis quelques jours, chez moi. Pas vraiment possible de faire autrement, à vrai dire, mais c'est mieux comme ça. Les Nutkin Socks suivent leur bonhomme de chemin :

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La 1ère est terminée et je viens de commencer la 2nde. J'ai apporté quelques petites modifications bénines. Hors de question pour moi de faire des rangs raccourcis, ni pour le talon, ni pour la pointe ! Je n'aime pas les talons en rangs raccourcis : je n'aime pas les tricoter, je n'aime pas les regarder, je n'aime pas les porter parce que la chaussette se retrouve en tire-bouchon dans ma chaussure et que c'est extrêmement désagréable, et que j'arrive par là-même à en faire feutrer de la laine Regia 4-fils pour chaussettes, il faut le faire !

Or donc talon en 3 parties et diminutions de cou-de-pied me permettant de retrouver 64 mailles pour le pied, pointe avec diminution tous les 2 tours pour finir avec 7 mailles sur chacune des 4 aiguilles et fermeture en grafting. 

Et je n'ai encore rien commencé d'autre. Mais je vais y réfléchir. Parce que les vacances scolaires ont tout juste commencé, et parce que nous partons dimanche pour séjourner "au pays". Il n'est pas question de me surcharger. Le coffre est grand et il y a de la place dans la valise, mais je ne suis pas très productive lorsque je suis là-bas : il y a beaucoup de choses plus importantes à faire. Donc ce sera léger et pas torture-neurones. Des chaussettes, c'est bien. Lesquelles, avec quel fil et en quelle couleur, je ne sais pas encore. Le choix se fera ce soir ou demain.

En attendant, je vous souhaite plein de bonnes choses et de beaux tricots en plus. A bientôt pour de nouvelles aventures si tant est que l'ex-immigrée en situation irrégulière n'ait pas encore un papier à fournir pour réintégrer ses pénates le moment venu.

PS pour le Docteur Monik : Vacances, oui ! Deux semaines, en plus ! En pension complète... mais pas de spa ni de massage au chocolat ou au raisin au programme ! Mais repos et activités d'extérieur, bonne compagnie, des jeux et aussi des excursions sans contraintes horaires. Je pense que ça peut marcher bien aussi... votre avis, Docteur ?

vendredi 30 mars 2007

Le phénomène Rheingold, un vent d'automne et surtout... le modèle qui tue !

"On" m'avait prévenue que si je mettais le nez dans Rheingold, je partais pour de longues séances de tricot à ne pas pouvoir s'en détacher, "on" m'avait dit que c'était addictif et du pur bonheur, et "on" avait bien raison. (Je retiens d'ailleurs le même "on" pour avoir agité sous mon nez des photos d'un modèle que l'"on" venait de terminer et qui se trouve sous forme de kit en ma possession. Je garde à "on" un chien de ma chienne... pour bons services rendus.)

Alors le phénomène Rheingold a frappé et bien. Je m'y plonge avec impatience, je le tricote avec bonheur et je le lâche difficilement et avec regret... jusqu'à la séance du lendemain soir. J'ai beaucoup de mal à le photographier en lumière naturelle et à rendre fidèlement les couleurs, voici donc les 2 photos en intérieur les "moins pires" :

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Celle-ci est prise sans  flash, c'est un peu terne par rapport à la réalité. Quant à celle qui suit...

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elle est prise avec flash, et là, le jaune est beaucoup plus acide qu'en réalité. J'essaierai de faire mieux une prochaine fois.

En tout cas, avec ou sans flash, à l'intérieur comme à l'extérieur, le rang de montage fait rebiquer la bordure et ça roulotte. Je déteste ça, je trouve ça moche.

Je pense que ça vient du fait que j'ai utilisé une aiguille Addi Turbo pour monter les mailles (comme pour tricoter l'ensemble d'ailleurs, car curieusement c'est ce que j'ai trouvé pour m'empêcher de trop serrer quand j'utilise ce fil). La maille filant plus vite sur ces aiguilles, elle n'a pas le temps d'être assez serrée par ma poigne de fer avant que je ne monte la suivante comme c'est le cas sur des aiguilles en bois. C'est la seule explication plausible que je trouve au phénomène vu que c'est la première fois que je l'observe et la seule chose que j'aie changée par rapport à d'habitude. On verra bien par la suite, en espérant que la séance de blocage arrangera les choses (glups).

Les changements de couleurs ne sont pas fréquents, donc j'ai tendance à me laisser entraîner tard le soir pour passer à la suivante et en voir un peu plus. Le motif est tantôt symétrique, tantôt non, ce qui rend les choses un peu plus piquantes. Il n'y a que 2 panneaux, un fin et un plus large que l'on répète sur tout le tour, donc je peux vite repérer si je me suis trompée. La seule chose qui pourrait mettre un bémol à cette idylle est le fait qu'il y a plusieurs tours sur lesquels il faille croiser les fils derrière pour cause de séquence d'une même couleur assez longue. Mais bon, c'est vraiment buvable !

Et il y a un pâté dans la grille, une coquille, quoi : la 1ère maille du tour 37 est vide de son symbole. Ce n'est pas bien gênant, vu que la 1ère et la dernière maille de chacun des 2 panneaux sont toujours tricotées dans la couleur de fond, on trouve ce qu'il manque. Mais quand même... ce n'est pas agréable des petits "os" dans les grilles (je ne parle même pas de ceux qui se glissent subrepticement et sournoisement dans les patrons, ça a le don de m'horripiler méchamment).

Pour rester dans les tons de jaune et vert, mais de façon plus crue, j'ai fini une paire de chaussettes toute simple que j'appelle Vent d'Automne, du nom de la série de Zitron Trekking XXL dont elle provient : Herbstwind.

Quand j'ai tricoté la 1ère chaussette, je me suis dit que les bandes de motifs et de jacquard ne suivaient aucun cheminement logique ou de répétition précise :

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Mais il faut croire que si, car j'ai retrouvé sur la 2nde exactement la même suite anarchique de bandes. A peu de chose près, j'aurais pu faire les 2 chaussettes exactement pareilles, il m'aurait suffi de sacrifier une longueur infime avant de commencer la 2nde.

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Ca n'a rien de choquant, mais c'est le genre de choses que les "pointilleuses des chaussettes identiques" (j'en fais partie, hélas !, du moins pour les imprimés à bandes ou à jacquard automatique) aimeraient savoir.

Je n'ai pas remis une nouvelle paire en route, car j'ai trouvé un modèle à tomber par terre que j'aimerais absolument tricoter. Je ne suis pas du genre à mettre tout en oeuvre pour faire dans le sensationnel, ni à faire durer le suspense... Je l'ai découvert cette semaine par hasard et pensant que ça allait faire fureur, je me suis ruée sur le matériel pour le faire avant qu'il n'y ait rupture de stock. Je suis sûre que de nombreux groupes de knit-along qui lui seront consacrés vont s'ouvrir dans différentes langues, je n'ai pas envie de me retrouver marrie et sans le matériel adéquat (manquerait plus que ça !).

Il est rare que je m'extasie de cette façon devant  un modèle, mais là il faut savoir reconnaître que la créativité, la subtilité des nuances, le détail poussé à l'extrême, la seyance, l'ingéniosité et l'esthétisme se mêlent pour faire de cet ouvrage un petit chef-d'oeuvre de perfection.

Comme je ne suis pas chienne et que j'aime faire partager mes trouvailles, je ne vous tiens pas en haleine plus longtemps. Je ne voulais pas "voler" la photo du site sur lequel je l'ai trouvée, alors il va falloir que vous fassiez un ultime effort (avant de mettre vos cartes de crédit à rude épreuve) pour le découvrir dans son contexte original en cliquant ici.

Alors, c'est époustouflant, non ? Je vous avais prévenus... Je commence le mien dimanche, parce que c'est le bon jour, et à la fraîche. J'espère que je serai rejointe par une foule enthousiaste dans les jours qui viennent. Une occasion pareille, ça ne se rate pas !

lundi 20 novembre 2006

La retraite aux lampions-navets

Je crois que je fais une crise de flemmingite aigüe. Pour tricoter, et pour m'asseoir devant le PC. Si l'enfer est pavé de bonnes intentions, je suis infernale, parce que je suis pleine de bonnes intentions, mais c'est juste que je n'ai ni le temps ni l'énergie qu'il faut pour tricoter.

C'est l'époque où les manifestations culturelles et folkloriques battent leur plein. La semaine passée avait lieu celle qui plaît beaucoup aux enfants : "Räbelichtli" (à prononcer avec l'accent si doux qui fait penser à une méchante infection du larynx et du pharynx), soit les "lampions-navets". J'ai découvert cette manifestation annuelle lorsque nous sommes venus nous installer ici. Depuis, je suis devenue une pro, et je le prouve.

Ca se passe chez nous le 2ème ou le 3ème jeudi de novembre, c'est un peu comme le Beaujolais, sauf que l'on ne déguste pas ! Chaque village du canton ou quartier de Zurich a sa date. Or donc, chez nous, c'est le mercredi que les enfants se rendent à la ferme voisine collecter un monceau de gros navets. Et quand je dis "gros", c'est le navet carrément familial. Le jeudi matin ou après-midi, jour de l'événement, les parents disponibles (comprenez par là : les mères) se rendent à la maternelle ou dans les petites classes de primaire de leurs rejetons et elles sont armées jusqu'aux dents. Voici tous les éléments réunis avant l'entrée en jeu du talent, de la dextérité et de la célérité...

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Voici le navet choisi par mon rejeton, dont vous apercevez la main impatiente, qui trône entre des couteaux de cuisine bien aiguisés et autres instruments pour évider la bête et des petites formes à gâteaux de Noël : d'année en année, ils me le choisissent de plus en plus gros, sympa !

Pourquoi c'est sympa ? Mais parce que les mères, dont la taille moyenne avoisine les 1,70 m, doivent s'asseoir avec leur progéniture autour des tables de maternelle, sur les chaises d'habitude réservées aux miniatures (= qu'une charmante amie que je ne nommerai pas appelle "les nains") et que comme le postérieur est ainsi situé à environ 40 cm du sol, vos genoux souffrent le martyr. Donc, plus on va vite, moins on souffre ! Et ça doit être pour ça qu'au bout de la 6ème année de pratique, je suis devenue la tailleuse de navet la plus rapide du groupe !

D'abord votre enfant commence par vouloir "faire tout seul". On négocie, et c'est Maman qui décapite le navet, lui qui applique les petites formes à gâteaux sur la peau et Maman qui épluche délicatement pour obtenir les motifs qu'il a choisis. Ensuite, il faut évider le navet...

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C'est bien connu que quand on tire la langue, ça va beaucoup mieux ; je ne vais pas le contredire, c'est ce que je fais quand je dois jouer du crochet... Seulement on n'a pas affaire à un jeune tendron de navet ! Ils sont charnus et durs et ils embaument sacrément, les bestiaux, tellement que certains enfants en ont les larmes aux yeux. Donc au bout de quelques cuillérées, on laisse le soin à la mère de finir l'évidage, ce qu'elle s'empresse de faire, vite et soigneusement, car si l'on s'approche trop de la peau et qu'on la perce, on n'a plus qu'à recommencer. Non merci !

Vient ensuite le moment béni des finitions : percer le chapeau et les parois du navet avec une énorme aiguille à tapisserie et passer dans les trous des ficelles pour que l'enfant puisse le tenir. Voilà à quoi ça ressemble quand c'est fini :

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Et en fin d'après-midi, quand il fait nuit, tous les enfants se retrouvent au centre du village, habillés chaudement et tout excités. On place une petite bougie à réchaud dans le fond du navet et la lumière passe au travers des formes que l'on a épluchées (au flash, vous ne voyez pas vraiment, c'est sûr, mais croyez-moi, ça marche !).

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Quand la procession est prête à partir, l'éclairage municipal est éteint, les différents quartiers à traverser se retrouvent plongés dans le noir, l'artère principale est fermée à la circulation par la police et tous les enfants des maternelles et petites classes de primaire suivent  en chantant des chansons adéquates, notamment la "... mit meiner Laterne", le char rustique (une voiture à bras !) décoré lui aussi de lampions-navets :

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Pendant la procession, quelques bonnes âmes-mères accompagnent pour jouer du briquet et de l'allume-gaz et ranimer les flammes, et 30 minutes plus tard, tout le monde se retrouve dans la cour de la grande école primaire pour déguster un hot-dog et un punch chaud (hmmmm ! avouez que vous m'enviez, là !!!) et essayer de se réchauffer un tant soit peu.

Les enfants adorent ce moment, et celles qui ont préparé les navets sont parfumées à son essence tenace jusqu'au lendemain, malgré les lavages de mains successifs, donc tout le monde est content ! Sauf Alba, parce que la semaine avait été riche de préparatifs d'autres événements, d'activités fatigantes en tous genres et que la tricoteuse ne tenait pas les yeux ouverts longtemps en soirée. Mais il avance tout de même un peu...

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Cette semaine s'annonce plus routinière que la précédente, et donc j'en profiterai pour prendre des photos plus présentables d'Abalone, qui vous remercie des mots gentils et autres compliments que vous avez eus à son égard. Et pour continuer à travailler gaiement à Alba le givré...

mercredi 08 novembre 2006

Faire fi du mois de novembre

Je n'aime pas le mois de novembre, parce qu'en général, c'est rituel tous les ans, c'est le mois des pépins, des catastrophes, des diagnotics médicaux qui puent et des drames. Celui-là ne fait pas exception à la règle et il est même encore plus "chargé" que les autres. L'essentiel est de regarder devant soi, de serrer les dents, de relever le menton et de faire du mieux que l'on peut sans faillir pour ne pas se laisser entraîner dans la spirale infernale de la déprime.

Au programme des réjouissances les moins pénibles du mois de novembre, diverses réunions de parents et autres manifestations. Il y a une de ces manifestations que je tenterai de mettre en images lorsqu'elle aura lieu la semaine prochaine, parce qu'elle est folklorique et touchante. Je ne garantis rien, elle a lieu à la nuit tombée, et je ne suis pas une pro de la photo nocturne, mais nous verrons bien.

Les réunions de parents (moments bénis entre tous !) se passent en soirée et sont, par le plus pur des heureux hasards, groupées. Tant qu'à faire, on avale le tout en une seule fois. Donc ça rogne sur le temps de tricot quand la mère a le grand avantage d'avoir été désignée à l'unanimité par le seul votant l'Heureuse Elue Déléguée aux Contacts avec le Corps Enseignant Helvétique. Pendant ce temps, le Père, le sus-mentionné seul votant, fait régner l'ordre et la discipline et donne la becquée aux oisillons (préparée par la mère), au chaud sous le toit familial. Ca s'appelle la répartition des tâches dans le ménage avec enfants en bas âge, mais je digresse...

Or donc, profitant au maximum du peu de temps de tricot qui m'était imparti, je me décidai à finir pour de bon le pull Grenouille Bergère de France auquel il ne manquait qu'une manche. Simple formalité, pensais-je... mais que serait la vie d'une tricoteuse sans le petit frisson qui court le long de l'échine, je vous le demande. Donc j'en étais arrivée là...Picture_155

soit pas loin de la fin, vous en conviendrez, quand je m'aperçois que j'arrive au bout de la pelote de Jaspée coloris Grenouille. Je souris intérieurement en pensant que je vais devoir entamer une nouvelle pelote pour 2 rangs de la dernière rayure utilisant ce coloris principal, je plonge la main dans le sac contenant la réserve de pelotes et ne ressors pas de pelote Jaspée. Ben non ! je venais de tricoter la dernière pelote, of course. J'étais rageuse, mais pas désespérée. Il était déjà tard le soir et le lendemain était le 1er novembre, Jour des Morts, donc pas la peine de téléphoner où que ce soit pour se faire dépanner.

Mais le 2 novembre, j'appelle Bergère de France, chez qui une charmante dame me répond qu'il ne leur reste pas une seule pelote en stock du coloris de Jaspée qui ne se fait plus depuis 2 ans. Fumée de pétard chinois !

J'envisage de téléphoner à tous les détaillants et magasins Bergère de France et de Navarre, mais mon temps est précieux. J'envisage de laisser un SOS sur le forum de Bergère de France mais devant la liste des SOS du même type déjà postés par des congénères, je me ravise et préfère prendre le taureau par les cornes (parce que la grenouille, c'est glissant !).

Je décide donc de me débrouiller moi-même toute seule comme une grande, non sans passer auparavant un coup de téléphone à la Camarade Génitrice (= ma mère) qui me répond derechef qu'étant un professeur de sciences naturelles (ou biologie, ou quoi que ce soit d'autre qu'on ait trouvé maintenant pour décrire cette matière) à la retraite depuis plusieurs années, elle ne fait plus pratiquer la dissection et n'a donc pas de grenouille toute prête sous la main. J'ai moyennement goûté l'humour que j'ai trouvé un peu acide...

Après avoir boudé le pull Grenouille et tout autre tricot à proximité, j'ai décidé de tricher

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et j'ai démonté 4 rangs du col, puis rabattu de nouveau ses mailles. Il a perdu de la hauteur et ressemble maintenant à ça :

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et j'ai royalement récupéré un mini-peloton de Jaspée...

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Yep ! 4 grammes, si tant est que ma balance soit suffisamment précise ! Ce qui m'a permis de terminer les 2 rangs qui manquaient à la rayure. Il ne manquait vraiment pas grand-chose, hein... voici une photo de là où j'étais bloquée :

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parce que des autres coloris, j'en ai largement assez ! Ce ne sont que des broutilles qui s'ajoutent à une masse et une succession d'embêtements et de contrariétés beaucoup plus graves et ça fait suer, vraiment... Enfin, c'est fini, il est fini, il est sur le dos de son propriétaire en ce moment-même et lorsque je pourrai, je le prendrai en photo pour le faire entrer officiellement dans la galerie.

En parlant de galerie, suite à la demande générale et justifiée de l'une d'entre vous que je ne nommerai pas, la galerie chaussettes a été mise à jour avec la production de l'année. Enfin, avec les exemplaires que j'avais encore sous la main, parce que certains sont sous d'autres cieux.

Maintenant, je me venge de ma frustration sur Abalone, dont la 2ème manche a été mise en route lundi soir.

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Et à moins que le ciel ne me tombe sur la tête, ce qui est une éventualité à envisager, je ne le lâche plus jusqu'à ce qu'il soit complètement fini.

Grogne terminée, je vais me plonger dans des activités qui occupent sainement. Je vous souhaite plein de bonnes choses.

jeudi 19 octobre 2006

Brouillard et soleil pragois

Après l'excellent week-end entre copines où il fût beaucoup question de tricot et d'amitié, je m'en fus avec ma petite famille passer un séjour à Prague. Nous leur avions promis depuis longtemps, ce fût l'occasion pour les enfants de découvrir la ville dans laquelle leur père est né et a passé sa prime jeunesse et de s'immerger dans la culture du pays.

Nous avons eu la chance que le temps soit clément, et qu'une fois le brouillard matinal dissipé, un beau soleil pointe le bout de son nez. Alors promenades à pied, visites de ci et de là et excursions au programme... dont voici quelques images.

Vue sur la ville depuis la forteresse :

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Le pont Charles sur la Moldau (insérer ici les premières mesures de la fameuse oeuvre de Smetana) :

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Vue depuis l'autre rive de la Moldau sur le pont Charles et la forteresse :

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La porte monumentale marquant l'entrée du pont Charles (il y a vraiment beaucoup de monde le samedi...) :

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Charles lui-même :

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La cathédrale dans la forteresse :

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Le Gros Horloge sur la place de la Vieille Ville (très fréquentée chaque heure "pile") :

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Le personnage que je préfère sur le Gros Horloge, vous devinerez duquel des deux il s'agit :

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Le côté vénitien de Prague, avec une vue sur le canal :

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Une excursion en Bohème, au château de Konopiste, dont voici les tours (j'ai pris peu de photos, car il faisait vraiment très froid ce matin-là et ma balade dans le parc en a été raccourcie) :

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Sa porte monumentale :

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Les couleurs du parc étaient tout-à-fait de saison...

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Rencontre avec une famille de paons perchée sur les murs du parc :

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Le mâle devait bouder (ou il avait également trop froid ?) car à la grande déception des enfants, il n'a jamais fait la roue :

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Photo obligatoire avec un représentant de la Garde Nationale (quel jeune, grand et bel homme !!!) devant le château de Prague, après la relève de midi :

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Ma longue incursion en solitaire dans Josefov, ses synagogues et son cimetière n'a pu avoir lieu, mais ce n'est que partie remise...

Et le tricot ? Un peu... Pendant le trajet aller et retour en voiture, et au gré des soirées pendant lesquelles j'arrivais encore à fonctionner, parce que le grand air et les promenades ne fatiguent pas seulement les enfants.

Irish_beach

Je n'avais pris qu'Irish Beach et j'ai bien fait, car le point de blé fait bon ménage avec l'atmosphère des vacances. Avec la manche que j'avais tricotée "pour voir" en mars (il faut seulement que je me rappelle où je l'ai soigneusement rangée...), j'ai maintenant 2/3 de pull.  Je mettrai le dos plus tard sur mes aiguilles, car puisque nous sommes de retour à la maison, je peux ressortir le carton d'Abalone et ses pelotons envahissants pour les longues soirées.

mardi 03 octobre 2006

De la musique avant toute chose...

et c'est tout-à-fait par hasard que le nombre d'ouvrages présentés est impair !

Exercice de Hanon exécuté adagio (c'est pas "vivace" du tout, je vais faire en sorte qu'il soit quand même "ma non troppo") :

Juniorjaspe

Gamme surtout pas diatonique, mais chromatique, en mauve et vert majeurs :

Abalone7

(car l'élève disciplinée fait ses gammes tous les jours, absolument !).

Andante du concerto pour aiguilles "flex" et aiguille à torsade en Soft Shetland, dit "Païen" :

Pagan_1

(cela peut sembler être une fausse note, un "couac", mais pas tant que ça, car l'élève dont il est question a commencé à déchiffrer la partition du concerto sus-nommé en mars dernier suite à un méchant coup de blues).

Mais que font le professeur de musique et le chef d'orchestre ? On se le demande...

jeudi 28 septembre 2006

Finitions

Voici une de mes phobies :

Juniorjaspe1

un ouvrage en chantier, avec des mailles en attente et des bouts de fil qui pendent de partout. Ce n'est pas le travail qui m'effraie, car après tout ça fait partie du processus, c'est la vue !

Comme je n'aime pas coudre les morceaux, et parce que je ne suis jamais satisfaite de la propreté de mon travail, j'essaie toujours de minimiser les coutures. J'ai donc commencé par rabattre sur 3 aiguilles les mailles des épaules que j'avais laissées en attente,

Juniorjaspe2

et franchement, je préfère parce que je n'aurais pas été capable de faire aussi bien en cousant les 2 morceaux ensemble. Ca aurait été dommage de ne pas avoir les mailles glissées des côtes qui tombent pile face-à-face.

D'après les explications Bergère de France, le col aurait dû être tricoté à part, et cousu ensuite au corps au point de maille. J'ai esquivé : les mailles de l'encolure ont été laissées en attente, je les ai reprises, en ai également relevé de chaque côté et le col a été tricoté en rond. J'ai essayé de faire en sorte que les mailles du col soient dans le prolongement de celles du corps le plus possible, et c'est presque ça.

Il m'a encore fallu une heure pour rentrer les bouts de fil qui pendaient. Il a maintenant meilleure allure et il ne me reste plus que les 2 manches à tricoter (mais pour elles, je vais m'astreindre à rentrer les bouts de fil au fur et à mesure, promis !).

Juniorjaspe3

Pour Noémie, voici des petits renseignements : c'est un modèle paru dans le catalogue Bergère de France 1997/1998, avec les mêmes qualités de fil, Jaspée et Sport, mais avec des changements effectués par le destinataire du pull comme suit :

- Jaspée Grenouille (au lieu de Mouche)
- Sport Epinard (au lieu d'Aubergine)
- Sport Prusse (au lieu de Thuya)
- Sport Missile (au lieu de Vaisseau)

De près, ça donne ça (sauf que le vert Epinard est beaucoup moins cru...) :

Juniorjaspe4_2

Merci pour les compliments sur la Flora Jacket, ils font vraiment plaisir, même si je n'ai pas grand-chose à voir avec le résultat. J'aimerais bien pouvoir créer des chefs-d'oeuvre comme celui-là, mais ce n'est définitivement pas dans mes cordes. Je suis désolée si certaines ont vu là un objet de tentation supplémentaire, j'imagine que c'est le cycle infernal dans lequel les cyber-tricoteuses rentrent à un moment ou un autre...A l'heure où j'écris ce billet, la destinatrice n'a pas encore reçu le paquet. Comme cela fera demain une semaine pile que je le lui ai adressé, je ne me fais pas (encore) de souci... mais j'y pense !

J'ai depuis repris Abalone, j'avais oublié à quel point le motif est agréable à tricoter et les couleurs belles à regarder.

Abalone5

Dommage que les coloris soient aussi difficiles à rendre en photo par ciel blanc ! C'est tout en nuances, même si la plupart des coloris sont unis et non tweedés et on remarque la différence quand on les tricote : le fil est plus "sec" quand le coloris est uni, et je n'ai pas vraiment l'habitude.

Je suis maintenant arrivée à une quarantaine (mais qui compte ?) de tours au-dessus des emmanchures :

Abalone6

C'est une veste qui va être bien longue, et la ligne me plaît beaucoup.

La fin de semaine s'annonce riche en réjouissances et autres événements sportifs, on verra bien si elle le sera aussi en tricot. En attendant, je vous la souhaite reposante  et enrichissante.

dimanche 03 septembre 2006

La suite des travaux

Merci pour les commentaires enthousiastes au sujet d'Irish Moss, ils me vont droit au coeur, même si je ne suis qu'une exécutante et que le mérite revient à la créatrice et au fil.

J'avoue que si, dans le tricot je suis surtout intéressée par le processus, j'aime aussi faire tomber de mes aiguilles un produit fini de temps en temps. J'avais peut-être besoin de ça pour me motiver et me remettre à travailler...

Je n'ai pas pu étrenner Irish Moss, car nous bénéficions depuis quelques jours de températures plus clémentes, en tout cas plus de saison. Ca change tout... le moral revient, même si entretemps on en a profité pour attraper une sinusite.

Les limaces ont déserté la terrasse, sans que j'aie quoi que ce soit à faire. Et c'est tant mieux, parce que je me sentais pas de leur faire quoi que ce soit de cruel ou d'aller les récolter pour les transporter ailleurs. Elles ont dû aller chercher la fraîcheur d'autres jardins du voisinage, c'est bien !

De toute façon, comme le jardin autour de la terrasse ne nous appartient pas, je n'ai pas le droit d'y faire quoi que ce soit. Et je n'aurais pas non plus utilisé de produits chimiques pour le traiter car quand il fait beau, j'y parque mes animaux domestiques à moi...

Picture_080_1

Chez nous, pas de félin (l'Homme ne les supporte pas), ni de canin (ils sont interdits par le syndic : "Ach ! Das ist ganz verboten, sie machen Lärm und stören. "), mais deux petits rongeurs.  Pendant qu'ils s'ébrouent joyeusement et broutent l'herbe grasse, je les surveille du coin de l'oeil tout en lisant et tricotant une paire de chaussettes...

Picture_075 

C'est quand même plus joli quand il y a un rayon de soleil, n'est-il pas ? La paire n'est pas encore finie que je pense déjà à la prochaine, ce n'est pas bien. Je choisirai parmi ces 3 coloris :

Picture_081

De gauche à droite : Série Ombre #104 (beaux tons de bleu profonds), Série Ombre #105 (rappelle les coloris d'un coucher de soleil) et Série Dégradé #90 (tons de brousse). Le choix se fera selon l'humeur du moment et la lumière qu'il y aura dehors, j'imagine.

Peu de tricot traditionnel ces derniers soirs pour cause de fatigue et de peine à lire un diagramme correctement. Néanmoins, j'ai repris la Flora Jacket pour la doter de 2 bandes de boutonnage et crocheter les mailles à couper des emmanchures. La voici dans son état actuel :

Picture_059

Il y a un embryon de manche, avec un motif de feuilles. Si celui-ci est facile à mémoriser parce que les motifs sont petits, il prend quand même du temps à réaliser parce que l'on change un coloris à tous les tours. Ce sont surtout les manipulations pour tisser les fils avant et après changement de couleur qui donnent du travail. Mais rien d'insurmontable !

Velléités de faire avancer le shmilblic sur le pull junior Bergère de France, pour que Fils Aîné ne se retrouve pas sans un pull mettable lorsque les jours de froid seront vraiment là, il a tellement grandi d'un seul coup...

Picture_083

Le devant est en route. Ca va vite à faire et c'est très agréable comme tricot-détente, ce sont de simples côtes à mailles glissées. J'aime bien les coloris qu'il a choisis, même si c'est encore et toujours du vert (et ce n'est pas fini, le vert !!!). Et puis je sais qu'il le mettra et qu'il sera facilement entretenu.

La prochaine incursion dans ma réserve sera pour établir le détail exact de ce que j'ai pour les enfants. Il ne faut pas que je me laisse dépasser et que j'en sois à réassortir parce que l'enfant en question a grandi et que je n'ai pas assez de fil pour la taille supérieure.

Les mois qui viennent vont être "de vache maigre", l'opulence, c'est fini ! Quand on a engrangé et exagéré pendant les dernières années, il est temps de prendre le taureau par les cornes et de faire ceinture... Pas la peine de rigoler devant votre écran, je m'y tiendrai !

dimanche 27 août 2006

Retour au tricot

Après la frénésie de la dernière semaine de l'année scolaire, pendant laquelle j'avais réussi à faire avancer la Flora Jacket...

Flora7

C'est la dernière fois que je tricote un col sans avoir au préalable coupé les steeks avant ! Quel inconfort ! Mais il est beau, le col... Je l'avais pris en photo "avant", quand on était en été, vous vous souvenez de cette saison que l'on appelle l'été ?

Flora6

j'ai connu un total relâchement et j'ai peu utilisé mes aiguilles pendant les 5 semaines de vacances scolaires généreusement octroyées par le canton de Zurich à ses élèves méritants. Quand je dis "total" relâchement, c'est presque vrai ! A part une paire de chaussettes en Regia Plus Cotton qui est restée chez son destinataire, je n'ai tricoté qu'une partie d'un pull junior Bergère de France destiné à Fils Aîné :

Junior1_1 

dans les qualités d'origine, Jaspée et Sport, mais dans des coloris choisis par l'intéressé. J'avais profité d'une "super-promotion" il y a 2 ans et il était temps que je m'y mette si je ne veux pas avoir de sueurs froides au moment d'un éventuel réassortiment.

Et puis il y a eu le retour au bercail avec le rangement et les lessives qui l'accompagnent, les préparatifs pour la rentrée, pendant lesquels j'ai investi toute mon énergie et mes capacités intellectuelles réduites dans une paire de chaussettes :

Picture_055

C'est beau, non ? Pas mes pieds... les coloris, je veux dire ! Qualité Trekking XXL de chez Zitron, série Ombre, coloris #100.

On peut s'y prendre comme on veut, il est impossible d'avoir 2 chaussettes identiques, il n'y a aucune suite dans les séquences, c'est la surprise qui sort directement de la pelote, c'est chouette.

C'est un cadeau empoisonné de ma bonne amie au début de l'année... "empoisonné" parce que le toucher de cette qualité m'a tellement emballée quand je l'ai essayée il y a quelques mois (avec un projet de chaussettes ajourées qui a avorté parce que ça ne rendait rien du tout) que j'en ai commandé un peu pour garnir ma "garde-chaussette" personnelle, fort pauvre à vrai dire.

La rentrée des classes a eu lieu il y a une semaine et avec elle a repris la routine habituelle. J'ai replongé la main dans le panier sans fond des ouvrages en cours et j'en ai extrait Irish Moss à qui il manquait une manche. Ben, ça y est...

Picture_060

... il est "en kit à monter" ! Les 4 morceaux bloqués qui n'attendent plus qu'un rayon de soleil un après-midi pour que j'essaie de faire de belles coutures bien propres...

Savoir s'il y aura effectivement un rayon de soleil, ça, c'est une autre histoire et ce n'est malheureusement pas de mon fait ! Si vous en avez, profitez-en, surtout !

jeudi 13 juillet 2006

L'énigme du rouge disparu

Le rouge est difficile à rendre en photo, je me bats régulièrement avec... En ce qui concerne le coloris de Scottish Fleet utilisé pour Flying Geese, c'est Coral 310.

Il n'apparaît sur aucun des deux nuanciers Alice Starmore que j'ai en ma possession. Il semble qu'il fasse partie d'une série de 3 coloris (Neptune 308, Dusty Rose 309, Coral 310) commercialisés peu de temps avant la cessation de la collaboration d'Alice Starmore avec ses distributeurs nord-américains, soit en même temps que la sortie du livre The Children's Collection. Le modèle Western Seas est d'ailleurs photographié dans les 2 coloris, Coral et Neptune, dans le dit livre.

C'est une rouge plutôt "tomate foncé", beaucoup moins orange, franc et vif  que le Red 301. Ce Red 301 est celui qui est photographié sur la version cardigan de Flying Geese et sur le gansey Eriskay.

Voici des photos montrant Coral 310 à côté du Red 301 sur le nuancier, j'espère que la comparaison sera parlante :

Fleet1  Fleet3

Pour moi, Coral 310 est quasi-équivalent au coloris Crimson 525 de la Scottish Campion ou de la Jamiesons Spindrift, si ça peut donner une meilleure idée :

Fleet2

Voilà pour la couleur... Du point de vue ouvrage, c'est tout bon ! Car c'est avec un grand bonheur que je peux annoncer que Flying Geese est terminé. Tout juste sorti des aiguilles, juste après avoir rentré le petit bout de fil qui dépassait du poignet... (photo prise avec objectif taché d'eau car les enfants sont armés de pistolets à eau et qu'ils avaient dû m'asperger juste avant).

Picture_063

Le voilà pendant qu'il séchait :

Picture_067

Photo officielle avec plan rapproché et renseignements techniques ici, et .

J'aurais aimé montrer une photo sur pied, mais vraiment, par les températures qui courent, c'est au-dessus de mes capacités de résistance que de porter 800 et quelques grammes de pure laine sur le dos ! Déjà que je marine et cuis avec un simple T-shirt en coton... Tant pis, ce sera pour une prochaine fois, quand la saison sera propice.

Car c'est vrai que je suis extrêmement heureuse de l'avoir mené à terme. Parce que mes extrémités d'index ont fort souffert pendant que je tricotais le corps avec les aiguilles en Inox et que cela n'augurait rien de bon pour les manches... et finalement, "piece of cake !" quand on a trouvé les aiguilles qui conviennent et ne blessent pas. C'est une grande fierté et une immense satisfaction personnelle : mon 1er gansey en laine du même nom, en taille adulte et en plus, il me va (j'ai rallongé le corps de quelques centimétres par rapport à la taille originale) !!!

Pour que les bandes de côtes du bas du corps et des poignets ne soient pas trop resserrées, je les ai tricotées avec le même numéro d'aiguilles que le reste de l'ouvrage : du 2,5 mm. Je n'aime pas être enserrée.

Au blocage, le relief s'est un peu transformé. Voilà une vue de détail sur les oies volantes et les torsades à nopes lorsque l'ouvrage est tombé des aiguilles :

Flyinggeese7

et ce que cela donne maintenant, après séchage en forme, mais sans tirer :

Flyinggeese8_1

La prochaine fois, je devrai être vigilante et mieux serrer mon fil pour que les mailles endroit qui encadrent des mailles envers soient de la même dimension que les autres et n'aient pas cet aspect plus lâche.  La prochaine fois...

Il paraît que de par leur texture et la façon dont ils sont tricotés, les ganseys sont pratiquement imperméables. J'ai remarqué que pour lui faire absorber de l'eau, il a fallu que j'immerge celui-ci un bon moment tout en le triturant.

Donc, il semble que je sois maintenant parée pour affronter les embruns et les intempéries lorsque je sortirai mon chalutier pour aller pêcher en haute mer, dans l'Océan Helvétique, par exemple. Et ça, c'était indispensable, vous en conviendrez !

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juin 2008

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