vendredi 20 juin 2008

Sur la liberté d'expression...

On s'attendait à ce que ça tombe un jour ou l'autre... la blogosphère considérée comme dangereuse par le Parlement Européen.

L'Europe serait-elle en train d'amorcer un virage ou d'opérer un demi-tour vers les temps archaïques de la censure ? Quelle autorité incompétente va pouvoir décider quel blog pollue la blogosphère ? Ce sera comme pour le délit de sale g....., à la tête du client ?

"Encadrer" les blogs, ça ne rappelle pas quelque chose de vécu il n'y a pas si longtemps ?  

Il y a matière à réflexion... il y a 40 ans, les Tchèques et les Slovaques vivaient le Printemps de Prague. Le débat sur la censure et l'incompétence des responsables à l'égard de la culture avait été ouvert après la parution en 1967 de l'essai de Milan Kundera (l'auteur de "L'insoutenable légèreté de l'être"): "Sur la non-évidence de la nation". La censure est supprimée en mars 1968. Alexandre Dubcek, fraîchement élu 1er secrétaire du Parti Communiste slovaque et partisan du socialisme à visage humain, ne fera malheureusement pas le poids face à l'U.R.S.S., les chars soviétiques entrent dans Prague et dans le pays à la fin de l'été. Quelque temps plus tard, le pays retourne là où il était : il n'y aura plus de débat intellectuel public. On se rappelle Jan Palach. Va-t-il falloir en revenir là ?

Un éternel recommencement ou comment ne pas retenir les leçons de l'histoire ? Tout fout le camp, mes braves messieurs et mes braves dames* !


* Même le tricot ! Chez moi, c'est un pas en avant, deux en arrière. Je n'aurai jamais autant détricoté que ces derniers jours. Et puis Typepad me joue des tours en publiant mon petit billet pendant sa rédaction. Tous les éléments se liguent décidément : CONSPIRATION !

mercredi 11 juin 2008

Afficher ses couleurs

Il règne dans notre coin une ambiance joyeuse. Il paraît que c'est un peu partout la même chose en Suisse et en Autriche. La raison : l'Euro 2008, soit, pour ceux qui ont la chance d'être coupés des informations dont on nous rebat les oreilles depuis plusieurs mois, la Coupe d'Europe de Football.

Notre petite famille en "mange" depuis deux ans de cet Euro 2008, au propre et au figuré, c'est le gagne-pain du moment puisque le père est directement impliqué dans son organisation. D'ailleurs, si votre équipe favorite a l'air à plat et ne joue pas au niveau de vos attentes, c'est forcément de sa faute : ce sont à coup sûr les lits des divers hôtels dans lequels les joueurs sont hébergés qui n'offrent pas le confort nécessaire à la récupération physique et qui par conséquent sont responsables de la baisse de régime des stars du ballon rond dans lesquels vous avec placé vos espérances. Envoyez-moi vos plaintes et remarques, je ferai suivre (ou pas !) à l'intéressé !

En compensation de ses nombreuses absences et de ses moults déplacements, le père, ce héros, en faisant des pieds et des mains quand même, a pu obtenir des places à ses rejetons pour aller voir quelques matchs de leurs équipes préférées sans que cela ne mette en péril le budget familial. Seulement, pendant les matchs, le père se doit de naviguer dans les hautes sphères, avec des "huiles", ou de trimer dans les coulisses, ce qui l'empêche d'accompagner sa marmaille. Alors, que pensez-vous qu'il se passe ? C'est la mère qui s'y colle...

Hmmmm, la mère, passionnée de foot au plus haut point devant l'Eternel, amatrice de la foule à haute dose, surtout celle des supporters excités, fréquente les stades surpeuplés et leurs alentours, emprunte pour s'y rendre les transports en commun bondés et fort imprégnés de remugles corporels nauséabonds, suivie de près par 2 garçons déterminés et éblouis, surtout quand au détour d'une allée, ils aperçoivent Marcel Desailly émergeant de l'accès réservé aux medias...

Non, l'ambiance est vraiment sympa, surtout dans le centre-ville, où ont été installés plusieurs écrans géants. La "fan zone" de la place Bellevue de Zurich est très animée et lundi soir, nous y avons rencontré en rentrant du match France-Roumanie des gens très chaleureux : des bandes de Roumains qui se sont fait prendre en photo avec mes 2 fans décorés (voir photo plus bas), des messieurs français bien sous tous rapports mais un peu perdus, que nous avons mis dans le bon train pour qu'ils puissent retourner à leur hôtel... L'ambiance est bon enfant et enthousiaste. Pour l'instant... ça risque de changer dans les jours qui viennent puisqu'à partir de dimanche soir, certains vont devoir plier bagage et retourner dans leur pays, paraît-il !

L'excitation chez les enfants est au paroxysme, les nôtres ne font pas exception à la règle. On discute foot à la récré, on commente les actions des matchs de la veille (parce qu'on a regardé le matin pendant le petit déjeuner les grands moments du match du soir que l'on a enregistré), on fait les pronostics et des commentaires d'experts sur les matchs à venir, on calcule le nombre de points. La totale ! Dans les classes des grands, les enseignants organisent même des paris pour les matchs du jour avec des petits prix distribués le lendemain pour ceux qui ont vu juste. Chapeau, on leur inocule dès le plus jeune âge le virus du jeu, on les retrouvera piliers de PMU dès leur 18ème anniversaire atteint !

Si c'est supportable voire amusant venant des enfants, c'est carrément agaçant de la part d'adultes qui ne parlent que de ça un peu partout, en soutenant mordicus leur point de vue, comme si dans ce cas, il pouvait y avoir un pronostic qui tienne la route. Il faudrait qu'on leur explique : on parle là d'effort humain commun, la machine humaine est imprévisible, elle répond aux coups de fatigue, aux conditions météo du jour et de ceux d'avant et l'état psychologique entre aussi en ligne de compte. Ils n'ont qu'à laisser jouer les équipes au jour le jour et attendre le résultat des courses... ça leur éviterait des montées d'adrénaline et du gaspillage de voix et de salive, à tous ces gens. Et aussi de saoûler ceux qui se trouvent par obligation dans leurs parages et doivent supporter leurs élucubrations. M'enfin !

Alors, puisque l'on a vu fleurir ces dernières semaines des drapeaux aux balcons, sur les voitures et un peu partout ailleurs (les Suisses sauront de quoi je parle), nos charmants bambins ont voulu eux aussi afficher les couleurs de leurs équipes favorites. Ils ont commencé par faire discret, à l'intérieur :

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C'est la porte de la chambre, parce que la chambre elle-même n'est pas vraiment praticable et que je n'ai aucune envie d'avoir un accident en me prenant les pieds dans un truc qui traîne au sol pour photographier ce qui est accroché aux murs. Il y a aussi ma voiture, aux portières de laquelle flottent au vent deux petits drapeaux (ça me vaut des gestes et signes réprobateurs, corrects jusqu'à maintenant, des supporters des équipes adverses du même groupe ou des coups de klaxon enthsousiastes d'autres quand je circule dans mon automobile) aux mêmes couleurs que ceux qui garnissent la terrasse :

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C'est avec surprise que nous avons découvert, le père et moi, que nos enfants tiennent à montrer qu'ils étaient issus d'un mélange de deux nationalités différentes et qu'ils soutiennent les équipes de nos pays d'origine quoi qu'il arrive. Etrange ! Cela vient peut-être du fait que dans leurs classes, il y a de nombreuses nationalités aussi diverses que variées, et qu'il faut faire sa place aussi...

Et puis on se pare soi-même de ses plus beaux atours pour aller soutenir l'une ou l'autre des 2 équipes que l'on soutient... Là, c'est top !

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Les lunettes aux couleurs de l'équipe de France (ils ont les mêmes pour l'équipe tchèque) ont été dénichées le jour de la fermeture définitive d'un hypermarché voisin appartenant à une chaîne française bien connue, on les a payées une misère car il fallait tout débarrasser. Je ne comprends pas pourquoi elles étaient bradées, elle sont "design" et "fashion" (!!!). Oubliez les grosses lunettes de soleil à monture noire et larges branches ornées d'initales prestigieuses comme CK, D&G, CD, YSL ! C'est ça qui va faire fureur sur les plages cet été, avec des verres miroir jaunes ! Mais où donc ai-je fourré ma paire ???

Les voilà donc lundi après-midi, quand il faisait encore beau, avant le départ pour le 1er match de l'équipe de France au Letzigrund. Le match pour lequel un agent de sécurité hyper-zélé a interdit l'accès à la voiture de Michel Platini aux abords du stade. Le dialogue aurait donné : "Mais je suis Michel Platini, le président de l'UEFA !" (NDLR : l'UEFA est l'instance qui organise l'Euro). "Michel Platini ? Je ne vous connais pas ! L'accès est interdit aux voitures à partir de ce point." Et il a terminé le trajet à pied, comme nous !

En parlant de Michel Platini, que mes enfants ne connaissent qu'en tant que président de l'UEFA et habillé costume - cravate, mais que les vieilles et vieux comme moi se rappellent portant le numéro 10 et un short moulant en satin vert prairie "Allez les Verts !" (ah ! la mode des années 70 et 80 !) et font connaître à leurs enfants (merci You Tube et rétrospectives diverses !), conversation entendue dans la voiture au retour de la cérémonie et du match d'ouverture samedi dernier :

Mini junior : Alors, Papa, tu l'as vu ce soir ?

Senior : Mais qui ?

Grand junior : Ben, Michel Platini !

Senior : Ah ! oui, il était là, il va venir à tous les matchs.

Mini junior : Tu l'as pas pris en photo ?

Senior : Ben, non !

Grand junior : C'est pas cool !

Senior : C'est pas cool peut-être, mais le seul moment où j'aurais pu lui demander discrètement, c'est quand on s'est retrouvés aux toilettes. Alors là, c'est pas cool !

Mini junior, Grand junior et Seniorette (hilares et en choeur) : Ben si, c'est justement là que ça aurait été cool !!!

Difficile de se concentrer dans ces conditions, mais ça permet de se distraire de la grisaille ambiante, des problèmes sociaux, de la monté inquiétante du prix de l'essence, et du reste des problèmes dans le monde.

Côté tricot, c'est laborieux. Avec 4 ouvrages en cours et à des stades divers, je ne peux pas vraiment naviguer car il se passe toujours quelque chose. Depuis plus d'une semaine, je travaille exclusivement à Glass Beach, ce gilet sans manches d'Alice Starmore. Je l'empoigne quand je peux passer les soirées tranquille à la maison. Voici l'état des lieux :

GlassBeach1

J'adore ces coloris, qui sont en réalité plus profonds que ce qui est montré sur la photo du livre. C'est assez facile, ces petits dessins géométriques, et c'est varié, car les bandes rythment le motif. Je ne suis pas gênée par la chaleur pour y travailler, c'est le moins que l'on puisse dire, et tout se passe bien, je m'amuse beaucoup.

Ce sont les couleurs que j'affiche. Elles ne correspondent à aucune des couleurs portées par les équipes de foot et c'est bien dommage ! Ce serait beaucoup plus original que celles que l'on voit beaucoup en ce moment...

En parlant de couleurs, j'ai reçu ça, et ça me fait rire (mais bon ! je ris pour un rien, alors je ne suis pas la référence...). Si vous avez la chance (euphémisme) d'être entouré de fans de foot qui suivent l'Euro, vous comprendrez...

Orange

Je vais survivre intacte à cet événement sportif, je vais survivre intacte à cet événement sportif, je vais survivre intacte à cet événement sportif, etc....

 

mardi 14 novembre 2006

Souvenirs et ormeau

"J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans.

Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,
De vers, de billets doux, de procès, de romances,
Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,
Cache moins de secrets que mon triste cerveau."

Spleen de Charles Baudelaire

Picture_161_1 J'ai un coffret à souvenirs. Il est un souvenir en lui-même. D'un point de vue purement marchand, il ne vaut strictement rien, j'imagine : il est en bois contreplaqué recouvert d'un fine plaque de métal martelé, métal que je ne saurais même pas identifier. Mais peu importe, je l'ai toujours connu, car c'était la boîte à couture de mon arrière-grand-mère. Quand cette dernière cousait avec sa vieille machine Singer à pédale, je m'asseyais à côté d'elle  et faisais l'inventaire de ce qu'il y avait dedans. Cette arrière-grand-mère a beaucoup compté pour moi. Quand elle est décédée il y a 26 ans maintenant, mon père a mis ce coffret de côté et il me l'a offert il y a quelques années. Je pense déjà souvent à elle, et le fait d'avoir le coffret sous les yeux plusieurs fois par jour m'y fait penser encore plus souvent . C'était une maîtresse femme, toute petite par la taille. En 92 ans de vie, elle a traversé beaucoup d'épreuves. Alors je me dis qu'il est hors de question que je me laisse abattre, que ce soit le mois de novembre ou pas. Ca ne se passera pas comme ça et la séquence sensiblerie est terminée !

Picture_162 Rassurez-vous, je ne vais pas faire l'inventaire du contenu du coffret ! J'en ai juste sorti 2 éclats de coquille d'abalone (paua) que je garde précieusement car ils m'ont été offerts il y a longtemps. Ils viennent des Philippines. Il en existe plusieurs espèces, mais je vous laisse le soin de vous documenter sur l'ormeau, ou de le déguster si le coeur vous en dit...

Si vous voulez voir l'intérieur d'un coquillage complet, il y a une magnifique photo ici. Et encore d'autres reflets ici.

Franchement, c'est irisé et c'est beau ! Et Madame Starmore a parfaitement bien travaillé pour reproduire les reflets changeants sur la veste, je trouve.

Pour répondre à Maria qui m'a posé la question lors du dernier billet, j'ai déjà choisi les boutons pour Abalone, depuis quelques mois déjà. En fait, je les ai achetés cet été sur un site d'enchères bien connu : j'y suis allée un peu à l'aveuglette, car à part le diamètre que je connaissais d'avance et qui était le bon (comme quoi ça aide de tricoter souvent les modèles de la même styliste...), la qualité de la photo ne laissait pas deviner toute la subtitilié des nuances. C'était un lot de 30 boutons de nacre véritable auquel personne ne s'intéressait et que j'ai obtenu à un prix ridiculement bas (et même s'il y avait eu fraude sur la marchandise, le prix était également bas pour du plastique !!!).

Ce fût une excellente surprise ! A  la lumière, leurs reflets ont exactement les mêmes tons de mauve et de vert que plusieurs de ceux que j'ai tricotés dans la veste.  Les voici donc...

Picture_1

J'ai fini de rentrer les fils des poignets et retaillé les mailles coupées dimanche soir. Je l'ai baignée (normal, pour une oreille de mer !) le lendemain matin, laissée se reposer en paix toute la journée d'hier sur l'épouvantail et cousu les derniers ornements en soirée. Vous ne la verrez pas sur moi, car elle ne m'est pas destinée, la voici donc en simulation de "portage". Les photos ne la mettent pas en valeur du tout, je ferai mieux pour la galerie dès qu'il y aura plus de lumière naturelle et que je ne serai pas obligée de chausser les bottes en caoutchouc pour la photographier dehors.

Picture_163Picture_164

Je l'ai tout de même essayée, je dois avouer. Mais si la taille 1 de Rona me va bien, les quelques centimètres de longueur supplémentaire du corps d'Abalone ne me permettent pas de la fermer : la dernière boutonnière du bas, située à la hauteur de la partie la plus charnue de mon anatomie, serait complètement déformée dès que je ferais un pas et le rang de montage serait soumis à une tension dangereusement menaçante. Mais comme ça, je sais... si c'est long, il me faut la circonférence supérieure !

Et maintenant, que vais-je faire ? Et bien j'avoue avoir eu des pensées très, mais alors très coupables pendant que j'étais sur la dernière ligne droite d'Abalone : je voulais tout planter pour commencer un nouvel ouvrage. Alors hier soir, pour pouvoir faire le point au calme et ne pas agir sur un coup de tête que j'aurais sans doute regretté aussitêt, je me suis remise à travailler à une paire de chaussettes carrément oubliée dans le coffre à gants (que je vais rebaptiser "coffre à chaussettes", si ça continue !) de ma voiture depuis de longues semaines.

Et le résultat de cette séance de tricot méditatif fût que non ! je ne pouvais pas me laisser aller à une faiblesse et que pour pouvoir avancer vers de nouveaux ouvrages, il fallait d'abord faire le ménage dans mon panier à ouvrages. Je déclare donc officiellement ouverte la chasse à l'ouvrage commencé et honteusement abandonné depuis des mois sans aucune raison valable sauf le laxisme et la négligence ! Première victime traquée, Alba :

Alba1

Oh ! un rayon de soleil automnal (celui d'avant la belle ondée glaciale d'hier après-midi, bien sûr !) vient éclairer le beau délaissé avec son embryon de manche. C'est parti pour des soirées de tricot motivé par une détermination implacable, je vous le dis !

mercredi 25 octobre 2006

Le tricot et la bouffe

Bizarre comme l'esprit parfois divague... Le mien l'a fait pendant que je préparais un repas récemment, et je me suis alors rendu compte que le rapport que j'entretiens avec le tricot est comparable à celui que je pourrais entretenir (ou ai entretenu, ou me suis astreinte à ne pas entretenir) avec la nourriture. Etrange, et pourtant, ça semble clair,  voici donc le résultat de mes élécubrations :

1) Illustration d'un proverbe de Cicéron (je crois !) repris par Molière dans l'Avare : "Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger".

C'est on ne peut plus vrai. Depuis des années je réussis (non sans peine) à me freiner sur la nourriture et le grignotage, et pour l'instant ma consommation quotidienne de tricot est normale. Par "normale", j'entends que j'ai la chance de pouvoir tricoter en moyenne 2 heures par jour (je sais, c'est une bénédiction !), dans la soirée, mais qu'à moins qu'une insomnie ne m'indispose, je ne me relève pas la nuit pour prendre les aiguilles. Et si un soir je suis trop fatiguée ou malade ou que je suis de sortie et que par conséquent la séance tricot tombe à l'eau, je n'en fais pas une maladie. Je dirais que de ce côté-là, c'est plutôt "sain".

Je ne parle tricot qu'avec les personnes qui ont la même passion que moi et encore, avec celles-ci, il y a souvent beaucoup d'autres sujets de conversation qui passent en priorité. Je n'ai jamais évoqué le sujet avec qui que ce soit de "profane" et si une discussion s'est orientée vers lui, ce n'est pas moi qui ai fait en sorte que. Ca doit venir du fait que j'ai souvent eu (et ai encore souvent) à supporter des sujets de conversation pour lequel je n'ai aucun intérêt particulier et qui, je l'avoue, s'avèrent rasoir. J'évite donc de faire la même chose avec les sujets qui m'intéressent personnellement mais risquent de saoûler certains des contemporains que je fréquente. Mais c'est une autre histoire...

2) Sur le thème des "réserves"...

Vaste sujet, au moins aussi étendu que la réserve de laine à tricoter en elle-même. C'est vrai que le garde-manger chez nous est plein en permanence de denrées non périssables. Mais ce n'est pas la peur de manquer ou la crainte de la pénurie qui me font engranger de la sorte, c'est juste l'expérience. Pour avoir été bloquée une fois et pour plusieurs jours par 2 enfants grippés à la maison, leur père parti en déplacement professionnel, et me sentant moi-même atteinte par les mêmes symptômes que les rejetons, j'ai juré, mais un peu tard, que l'on ne m'y prendrait plus. Or donc, il y a suffisamment de nourriture au congélateur et sur les étagères de la cave pour pouvoir tenir plusieurs jours en quasi-autarcie. Mais quand les étagères et le congélateur sont pleins, je ne continue pas à acheter pour me retrouver ensuite avec un problème de place.

Pour la laine, c'est un peu différent ! J'ai de quoi vivre longtemps sur ma réserve, car je suis partie du principe que je ne sais jamais ce que je vais avoir envie de tricoter et quand, j'ai profité plusieurs fois de "prix spéciaux" et autres promotions, et ai effectué mes achats à une époque où nous avions à disposition plus d'argent que d'habitude. Maintenant... je suis à l'abri pour les années à venir et si bien sûr le démon de la tentation vient encore me chatouiller la moëlle épinière, je tente de résister au maximum.

Je dois dire que si ce n'est pas encore parfait, je me suis beaucoup améliorée et prends les choses avec beaucoup plus de recul... il ne me "faut" plus tel ou tel kit ou lot, même si je sais pertinemment que je ne le tricoterai pas avant de longs mois voire des années. C'est un lutte pour résister à chaque épisode ou chaque crise, mais j'ai remarqué que curieusement, les fameux épisodes sont de moins en moins fréquents (et c'est tant mieux !). De toute façon, je n'ai plus de place dans la réserve et me suis interdit d'envahir les parties communes réservées à la vie familiale, donc, la question ne se pose pas !

3) Gourmandise et gloutonnerie...

J'ai toujours été plus qu'enrobée et la faute vient du fait que depuis toute petite, je suis une faible et grande gourmande devant l'Eternel. Malgré les avertissements parentaux, je n'ai pas réalisé assez tôt que je paierais un jour les conséquences de ce pêché. J'ai pris ça trop à la légère et maintenant, je me mords les doigts : c'est un combat quotidien pour ne pas prendre encore plus de poids (je ne dis pas "en perdre", car cela relève apparemment de l'impossible malgré les privations).

J'ai dompté ma gourmandise comme j'ai pu et il y a fort longtemps que je ne gloutonne plus. Mon estomac a dû s'habituer à se voir administrer des doses plus petites au fil des années car il semble ne plus réclamer, je ne ressens plus le besoin impérieux de sucre (je ne sucre ni mon café ni mon thé, et pourtant j'en bois plusieurs fois par jour) et je comble mes éventuelles fringales de la journée avec un fruit.

Je voudrais réussir à faire la même chose avec les ouvrages en cours... parce que pour avoir expérimenté la gloutonnerie échevelée qui me poussait à commencer et tenter de mener à bien une kyrielle de nouveaux projets simultanément, je sais maintenant que ce n'est définitivement pas pour moi. J'admire celles et ceux qui arrivent à mener plein d'ouvrages variés de front en même temps et je reconnais que j'ai été par le passé un peu envieuse.  Mais c'est fini, et je le sais maintenant : je n'arrive à rien quand il faut mener plusieurs ouvrages de front. Je me sens beaucoup mieux, plus légère et apaisée si je ne travaille qu'à un seul gros ouvrage à la fois.

Je suis en train d'essayer de redresser la barre pour retomber sur mes pieds et reprendre la vitesse qui me convenait si bien auparavant : un seul gros ouvrage à la fois sur les aiguilles. Ca demande de la discipline, car comme vous avez pu le constater en lisant dans la marge la liste de mes Ouvrages en Cours et celle des Ouvrages Momentanément Délaissés, je me suis laissé aller à de la gloutonnerie. En attendant, je fais du mieux que je peux et systématiquement, travaille à un ouvrage déjà commencé jusqu'à ce qu'il soit terminé. L'idéal pour moi serait que la rubrique Ouvrages Momentanément Délaissés disparaisse complètement... vaste programme !

A l'avenir, il me suffirait juste de faire un choix judicieux au moment de commencer un ouvrage pour que je sois suffisamment accrochée et ne me lasse pas en cours, c'est tout. Ca aussi, c'est à l'étude...

4) Déguster ou engloutir tout rond...

Il semble que je sois très lente, toujours la dernière à table, même si la portion à laquelle je m'attaque est de moitié plus petite que celle de certains autres membres de la famille.

Pour le tricot, c'est un peu ça aussi. Je prends mon temps sur un ouvrage, d'abord parce que comme je l'ai dit plus haut, avec 2 heures quotidiennes, les progrès, même constants, ne peuvent pas être fulgurants et en plus parce que je n'ai pas un rythme frénétique. Je tiens mes aiguilles fermement et je pense, d'une des nombreuses façons correctes qui existent, mais je suis juste moyennement rapide.

Et puis je déteste avoir à me presser quand je fais quelque chose que j'aime bien. Il m'est arrivé d'être obligée de mettre les bouchées doubles, parce que j'avais par exemple décider que l'ouvrage devrait être fini à une date précise pour quelque raison que ce soit... et vraiment, non ! travailler avec une date-butoir et devoir pour ce faire se dépêcher d'engloutir le tout sans le savourer, ça ne me va pas.

5) Intolérance et autres allergies...

Il y a des aliments et ingrédients que j'ai bannis de mon régime alimentaire pour diverses raisons (une allergie, le goût, incompatibilité avec mon estomac,...), je vais continuer à faire la même chose avec le tricot et même durcir le règlement. Je suis allergique à l'acrylique, qui me fait transpirer et me donne des démangeaisons, je supporte certains mélanges, je vais continuer à n'utiliser que les matières qui ne provoquent pas de réaction.

Rester loin des modèles qui semblent affriolants et qui s'avèrent être trop mous, de construction douteuse, continuer à faire attention à ce que je tricote convienne à l'anatomie du destinataire. Il y a certaines erreurs que je ne commettrai plus.

Il y a des choses qui conviendraient à mon anatomie, mais que je préfère ne pas tricoter parce que la phase tricot n'a rien de transcendental. Donc beaucoup de modèles sont bannis de mon panier à ouvrages. Mais je n'en souffre pas, de même que je ne souffre pas de ne pas pouvoir ingurgiter de lentilles, même si "c'est plein de fer et excellent pour la santé".

6) De la digestion...

Rien à faire, je digère beaucoup mieux des petites quantités et surtout peu de mélanges, les menus "dégustation" des restaurants branchés n'ont jamais été ma tasse de thé. Donc si un repas équilibré, de bonne consistance, constitué de petites portions  et savouré à un rythme doux convient mieux à mon estomac, il en est de même pour le tricot : modération en tout, ne pas avoir les yeux plus grands que le ventre.

L'envoi : Voilà en clair les raisons qui font que je voudrais changer ma ligne de conduite et mon rapport au tricot pour retourner à quelque chose qui me convient et fait que cette passion continue à en être une, et ne devienne pas un casse-tête de choses à gérer. Parce qu'au départ, c'est pour ça que je tricote, le plaisir et le côté thérapeutique aussi : car pour moi, le tricot est un "soigne-âme". Si ça doit provoquer chez moi de nouveaux doutes et des problèmes supplémentaires à régler, ça n'a plus aucun intérêt de continuer.

Voilà d'ailleurs l'illustration d'une erreur que je me commettrai plus (puisque de toute façon je n'aurai plus différents gros ouvrages sur les aiguilles en même temps, non ?) :

Abalone8

Irishbeach1

avoir sur les aiguilles des ouvrages qui reprennent les même tons. Si on rajoute à cela le pull Grenouille en Jaspée BdF, auquel je vais tricoter une 2ème manche incessamment sous peu, je frôle l'overdose de mauve, violet et vert. Et pourtant, je les aime, ces couleurs... Abalone a un bout de 1ère manche et Irish Beach va bientôt être doté d'un 4ème morceau, c'est beau !

J'espère que vous aurez moins de mal que moi ces derniers jours à avoir accès à mon journal, car j'avoue que je me suis un peu énervée sur la lenteur et la performance de TypePad. Comme c'est exceptionnel que ça arrive, je ne râle pas, je prends mon mal en patience... Mais si vous ne voyez pas la nouvelle mise en page, essayez un "hard refresh" en tapant Ctrl + F5 sur un PC ou Command + Refresh sur un Mac et j'espère que ça marchera.

mercredi 14 juin 2006

Le lendemain du fameux match

Hier soir, j'ai trouvé dans ma boîte aux lettre le courrier bienveillant d'un ami... il y avait juste un lien vers cette page.

J'aime bien les caricatures de Burki. Et celle d'aujourd'hui est fort à-propos, d'après ce que j'ai entendu ici et là par les experts avisés qui m'entourent...

Mais où donc sont passées mes aiguilles 15 mm en acier trempé ? Elles devraient bien venir à bout d'un ballon de foot, non ?

mardi 13 juin 2006

Telle mère, telle fille...

Je voulais juste voir ce à quoi ressemblaient les motifs et les coloris de Flora, c'est pourquoi je me suis concentrée sur elle ces derniers soirs...

Flora2

jolie, jolie, jolie... Et encore, ici la luminosité et la richesse des coloris sont bien en-dessous de la réalité, mais j'ai photographié l'ouvrage posé à plat. J'essaierai de faire mieux la prochaine fois, avec une photo prise à la verticale.

Maintenant, je m'applique à reconstruire ce que j'ai démonté d'Irish Moss. Ca risque de prendre encore un peu de temps. Enfin, observation agréablement surprenante : la Hebridean 3-ply est supportable à tricoter lorsqu'il fait chaud et ne fait pas transpirer les mains. Je n'ai pas encore eu besoin de sortir la boîte de talc, on verra à l'usage. Et le motif est toujours aussi plaisant à tordre.

Moment de bonheur aujourd'hui lorsque le facteur m'a apporté un paquet provenant de chez mes parents et expédié il y a déjà quelques semaines (les mystères de la poste) : outre des pyjamas décorés de leurs personnages de B.D. préférés et destinés aux charmants bambins, dedans, il y avait pour moi...

Zigzags

ce chouette cardigan à motifs en zig-zag et coloris acidulés. (Je précise que si l'une des manches paraît plus longue que l'autre, c'est parce que l'ouvrage est mal posé sur le cintre, et pas pour quelque autre raison : ma mère ne tricote pas sous influence de matière hallucinogène et mes 2 bras ont presque tous les deux la même longueur.)

Je l'avais repéré dans un des petits catalogues supplémentaires Bergère de France en février, j'avais demandé à ma mère si elle pouvait commander la laine et les boutons pour que je récupère le tout lors d'une prochaine visite. Elle a gentiment accepté et qu'elle ne fût pas ma surprise lorsque je suis arrivée au bercail en avril de voir que le dit cardigan était non seulement sur ses aiguilles, mais en plus sacrément avancé !

Devant mon air inquisiteur, l'air faussement étonné de la coupable prise en flagrant-délit et les excuses maintes fois invoquées : "Ben oui, quand j'ai ouvert le paquet, j'ai bien aimé les couleurs, j'ai regardé les explications et ça m'a semblé amusant à faire... je n'avais plus rien sur mes aiguilles, alors j'en ai profité...C'est pas ça qui était convenu ? Ah ! J'ai mal compris, alors...". Sourire faussement gêné et satisfait, regard empli d'innocence feinte et de malice de la mère, rire narquois, complice et rassuré de la fille : les chiens, ça ne fait pas des chats !

Merci Maman de continuer à tricoter (et coudre !!!) pour moi après toutes les années pendant lesquelles tu as dû non seulement me supporter, mais m'habiller de la tête aux pieds !

Ma réponse à Catou et je suis bien honteuse : la raison pour laquelle je n'ai toujours pas de dentelle en route, la voici...

Picture054

la casserole, le boulet, ... que je traîne depuis le mois de janvier, période à laquelle un événement désagréable est arrivé qui a perturbé la vie de la famille et m'a fait ranger l'objet. Je ne me résouds pas à commencer quelque ouvrage ajouré tant que ceci n'est pas terminé : la bordure du châle Poinsettia, avec seulement un côté et un demi-angle de tricotés !

Je l'ai extraite du sac (lui même planqué au plus profond d'un tiroir rarement ouvert) dans lequel elle était enfouie, c'est une 1ère étape. Je vais m'en occuper, je vais m'en occuper, je vais m'en occuper...  etc... je peux le faire, je peux le faire, je peux le faire... etc...

Chroniques de la Coupe du Monde de Football (de notre correspondant sportif permanent qui ne connaît rien à rien à cette discipline, mais qui a le mérite de le savoir, elle !) :

En fin d'après-midi : match France-Suisse (ou Suisse-France, il faut ménager les susceptibilités).  Quelle ambiance, Mesdames et Messieurs ! La fièvre monte de ce côté des Alpes, l'Appenzeller et le chocolat en fondent, les lingots planqués dans les sous-sols des banques aussi, le lait des vaches a tourné, les aiguilles des montres tournent à l 'envers, des trains sont en retard (si, si !), il y a le feu aux lacs... Si Guillaume Tell avait retenté son coup aujourd'hui, je me demande où aurait atterri la satanée flêche ! D'ici à ce que les cors alpins  se mettent à jouer la samba, il n'y a pas loin !

Même si je me moque éperdûment de l'issue de cette rencontre, je peux vous dire qu'il ne fait pas bon être Français aujourd'hui là où j'habite... au secours les âneries entendues ça et là à la radio ou la télévision ! Malgré ce que l'on aimerait croire et nous faire croire, le sport ne rapproche pas les peuples, il peut aussi être un prétexte à des remarques les plus racistes, bêtes et injustes qui soient.

Et pour couronner le tout, je dois accompagner les enfants pour regarder le match sur grand écran avec les copains du club de hockey. Devinez quoi ? Ben, bien sûr... nous sommes les seuls Français. Saint-Patron des Immigrés en Minorité, faites que mes enfants retiennent leurs exclamations et ne manifestent pas trop bruyamment à chaque brillante action de leur équipe préférée !

Et après tout, je les enquiquine tous : "Allez les Bleus !"... Ben quoi ! Même minoritaires, soyons chauvins !

vendredi 09 juin 2006

C'est parti !

Il paraît que ça commence aujourd'hui à 18h00... pas besoin de préciser ce que "ça" signifie. C'est clair, on nous rebat assez les oreilles avec.

Il y a quelques jours, un ami bien intentionné m'a envoyé ceci. J'ai été studieuse, j'en ai pris connaissance et je pense avoir bien assimilé.

Ca m'a beaucoup fait rire, mais certainement parce que bien que le compagnon soit un invétéré passionné de sports en tous genres, il y a certaines choses qui ne s'appliquent pas à mon cas. L'Homme sait qu'il est hors de question que je me transforme en bonniche rampante pour lui servir quoi que ce soit alors qu'il végète sur le canapé : tant pis s'il rate le but du siècle (de toute façon, le fameux siècle n'en est qu'à son début, donc ça m'étonnerait que le but soit marqué aussi tôt...).

J'ai de la compassion pour celles et ceux qui vont connaître les situations évoquées dans le document. Franchement... quelque part, ça doit bien exister ?

Un mois, donc... avec monopole de l'unique poste de télévision du foyer par la partie adverse, et justement aux heures où je tricote mollement affalée sur le canapé en suivant plus ou moins les émissions diffusées. Hmmmmm... ça me donne des idées !

Donc, il sera hors de question d'avoir une conversation, c'est parfait, je me trompe assez souvent dans mes ouvrages sans ça. Le pacte de mutisme sera respecté et ne sera pas rompu de mon côté.

Il va fort probablement suivre les matches sur des chaînes germanophones, c'est encore mieux, je ne risque pas de prêter une oreille attentive. Je ne supporte déjà pas les commentaires en français parce que je les comprends sans même y faire attention, avec ceux en allemand, je peux m'isoler complètement.

La Coupe du Monde a le bon goût d'avoir lieu lorsque les jours sont plus longs, je pourrai profiter des dernières lueurs du jour pour tricoter en plein air.

Si vraiment les réactions du téléspectateur mordu avec lequel je vais devoir cohabiter sur le canapé sont trop virulentes et me perturbent, je pourrai aussi prendre mon vélo et aller pédaler pour penser à autre chose. Un peu d'exercice après le dîner ne peut être que bénéfique...

Je ne vois que du positif à ce mois de mise en esclavage devant la télé d'une certaine catégorie de la population mondiale. La présence du père à la maison me permettra de sortir le soir puisque quelqu'un sera là avec les enfants. Il y a plein de choses à faire le soir : aller à la piscine, prendre un cours d'aérobic, un peu de musculation, se promener à travers les champs et pâtures environnants. Possibilités sans fin...

J'envisage les choses sous un bon angle, avec une grande sérénité et même un soupçon d'impatience...

Picture_1

J'ai du pain sur la planche de toute façon... Et voici ce avec quoi je me distrais en ce moment :

- Irish Moss, dont le dos vient de rapetisser méchamment, pour cause d'erreur de croisement. Détricoter 80 rangs va beaucoup plus vite que de les tricoter. Ca m'a dégoûtée de remettre en pelotes l'équivalent d'une semaine de séances de tricot. Et il m'a fallu quelques jours avant de remonter en selle, mais maintenant c'est reparti. Je ferai plus attention désormais...

Irishmoss4

- Une envie subite de Fair Isle dans les tons de rouge, de motifs floraux et d'Hebridean 2-ply conjuguée à une crise de commencite aigüe  m'ont poussée au crime et me voilà avec un nouvel ouvrage sur les aiguilles...

Flora1

Alors que cela m'aurait semblé impensable il y a seulement quelques années, je ne suis plus effrayée d'avoir plusieurs gros ouvrages sur les aiguilles. En ce qui concerne ceux en couleurs destinés aux adultes, je trouve qu'ils ont un effet thérapeutique : chacun, avec ses motifs et ses gammes de coloris différent d'un autre correspond à une humeur précise. Et j'aime bien naviguer entre les uns et les autres au gré de mon état d'esprit.

Plus que quelques heures avant que les alentours ne se transforment en ville morte et que le silence inquiétant ne soit troublé par des cris d'enthousiasme sortant par les fenêtres ouvertes à chaque but marqué ou action remarquable...

Ca marche à tous les coups, il n'y a plus guère de surprise, c'est un éternel recommencement... Etes-vous prêts, vous ?

jeudi 01 décembre 2005

Le moment est venu

Il est temps pour moi de quitter la blogosphère. J'aime tricoter, j'aime écrire, mais je conjugue mal les deux activités.

Tenir un journal public, rendre la politesse à celles et ceux qui en tiennent un aussi et qui viennent me rendre visite sont devenus des activités contraignantes. Je hais la contrainte. Comme tout le monde, je suis obligée d'en subir maintes dans la vie quotidienne et cela suffit largement à mon bonheur. Le reste ne doit être que volontaire.

Je ne sais pas ce que je vais faire avec ces chroniques écrites irrégulièrement depuis un an. Dans un premier temps, les laisser ouvertes, car en regardant par hasard les statistiques, j'ai vu que plusieurs pages étaient régulièrement consultées, certainement pour des références techniques.

Les albums photos resteront accessibles également, car je trouve que l'on se rend beaucoup mieux compte des coloris et des motifs utilisés que sur les photos des publications dont elles sont extraites.

Je publierai éventuellement des notes et/ou des errata ici et là quand le besoin se fera sentir ou si je pense qu'elles pourront être utiles à des tricoteurs. Le temps passé à déceler et rectifier les erreurs peut être utilisé à autre chose, et c'est toujours ça de pris quand le terrain a été défrîché avant.

Le cardigan Mara sera terminé avant Noël, Torino peut-être pas, car je travaille également à des projets-surprises qui ne peuvent être exposés pour l'instant.  Je continue à suivre le rythme de travail de Poinsettia, même si le chargeur de mon appareil numérique a refusé de coopérer ces derniers jours.

A toutes celles et tous ceux qui m'ont fait l'honneur et la gentillesse de passer par ici pendant une année, je dis merci et comme le dit la chanson :

" Nous nous reverrons un jour ou l'autre, si Dieu le veut !"

Inch'Allah !

dimanche 30 octobre 2005

7 jours de réflexion ou une décision mûrement réfléchie ?

Avez-vous une idée du temps que vous passez chaque jour devant l'écran de votre ordinateur autrement que pour votre gagne-pain quotidien ? Si vous le savez déjà et que cela vous tracasse mais que vous voulez voir des photos de tricot, rendez-vous en bas de page !

Parce que l'idée m'est venue lorsque j'étais en vacances, complètement déconnectée, je me suis "chronométrée" cette semaine. Le résultat est consternant : 3 heures par jour ! 3 heures, réparties tout au long de la journée et de la soirée, durant lesquelles je suis passive...

Internet est un outil merveilleux, je ne vais pas rentrer dans les lieux communs en vous décrivant pourquoi, ni ses avantages et ses inconvénients et je ne vais pas non plus cracher dans la soupe. En tant que déracinée et transplantée depuis 10 ans dans des pays étrangers et loin de ma famille et amis, de la culture de mon pays d'origine, cela m'a permis de rester en contact et de me tenir au courant de ce qu'il se passait. J'ai pu aussi trouver des personnes merveilleuses qui avaient les mêmes passions et intérêts que moi, et me faire de nouvelles amitiés et autres relations durables, mais quand même...

Alors, à quoi sont passées ces 3 heures ? A des choses diverses et variées :

1) Lire mon courrier personnel. J'en ai comme tout le monde une certaine quantité et je dois me rendre compte qu'il m'est de plus en plus difficile de répondre dans les meilleurs délais, parce que je passe beaucoup de temps avec les points 2), 3) et 4).

2) J'appartiens à divers groupes de discussion, la majorité ayant directement trait au tricot traditionnel, qui est une activité qui me passionne. Celui qui me tient le plus à coeur est Tricot Nordique, bien sûr et je ne fais en général que survoler la correspondance des autres. Mais j'aime bien me tenir au courant des découvertes et des "trucs et combines" des tricoteurs d'origines diverses car cela me permet souvent de les expérimenter moi-même et d'améliorer ma technique et de gagner du temps. Mais je néglige Tricot Nordique et n'arrive même pas à faire face et à participer comme je le voudrais aux discussions et à l'organisation d'activités pour ce groupe

3) Le shopping... toujours à l'affût de la bonne affaire ou de l'ouvrage que je pourrai mettre en réserve pour les années à venir. Je n'épiloguerai pas, nous savons tous comment ça se passe, pourquoi nous sommes si nombreux à être si faibles et les conséquences des click-orders frénétiques.

4) Tricot-Blogland ! Ils fleurissent depuis quelque temps, dans toutes les langues, et de toutes les couleurs, les blogs. Au début on se limite à quelques-uns, et puis de fil en aiguille (sans jeu de mots) , la liste dans votre indicateur de mise à jour prend une taille inquiétante et ça tinte et clignote de tous les côtés. Vous commencez à lire et cliquez sur les liens vers des boutiques, de nouveaux blogs dont vous ignoriez l'existence, et c'est le cercle infernal, non, plutôt la spirale infernale qui s'élargit. Vous trouvez des blogs qui vous intéressent, dont le style vous plaît, l'humour et les péripétie vous divertissent et hop !, vous l'ajoutez à la liste de vos lectures régulières.

Bref, à la fin de la journée, vous avez passé du temps à lire ici et là beaucoup de choses passivement.

J'ai décidé que ceci doit changer. Je ne suis pas différente des autres : je suis une mère de famille dont la priorité est l'éducation et le bien-être de ses enfants. J'ai une maison à tenir et je dois faire en sorte que tout soit pour le mieux ici. Comme pour la majorité des gens, je trouve que les journées ne sont pas assez longues pour accomplir ce que je DOIS faire et encore ensuite m'accorder du temps personnel consacré exclusivement aux domaines qui me passionnent, et ils sont nombreux, ces derniers. En tant que tricoteuse, c'est clair, je n'ai jamais assez de temps pour me livrer à mon vice, mais j'ai comme l'impression que je ne suis pas la seule.

Ne me dîtes pas comment vous vous y prenez, je ne veux pas le savoir, car cela me ferait me sentir encore pire que de voir que c'est uniquement parce que je suis mal organisée. Il ne s'agit pas seulement de ça !

Comme je n'ai pas de pouvoir magique qui me permettrait d'arrêter ou de ralentir le temps, j'ai donc décidé procéder autrement et donc de passer moins de temps devant le PC en le gérant autrement. Qualité contre quantité !

Mes 2 priorités essentielles seront donc le courrier personnel et Tricot Nordique, car je dois dire que ceci me tient vraiment à coeur. Je jure solennellement de réduire le shopping sur internet à ce dont j'ai vraiment besoin (refrain déjà entendu, mais si cela me permet non seulement d'économiser de l'argent mais également du temps, je le ferai) et de cibler mes activités sur Blogland.

Je vais réviser la liste de blogs que je lis et ne garder que ceux sur lesquels je laisse des commentaires car oui ! je fais partie de celles qui lisent beaucoup mais laissent peu de commentaires, et ceux sur lesquels j'ai envie de laisser des commentaires mais n'ai encore jamais osé, car oui ! je suis malgré tout quelqu'un "qui n'ose pas" car je ne participe que très peu aux échanges organisés entre blogs, knit-alongs et autres. C'est un peu abrupt, cette façon de dire les choses, mais je ne suis pas quelqu'un d'hypocrite, donc ceci explique cela.

Je vais essayer d'améliorer la qualité de mes chroniques. J'ai des goûts précis dans ce domaine et depuis quelque temps, franchement, je trouve que les miennes "puent". J'aime les chroniques où l'on a des progrès à observer, des choses intéressantes à lire,  des photos à regarder, des découvertes à creuser. Mais si l'on n'a pas le temps de découvrir, expérimenter et tricoter,... évidemment il y a peu de choses à faire partager.

Je fais partie des gens qui ont pour devise "quand on n'a rien à dire, on ne dit rien", donc si ma mise à jour n'est pas fréquente, c'est tout simplement que je n'ai pas fait de progrès dans mes ouvrages en cours ou tout simplement qu'il n'y a rien à déclarer. Mon journal est celui d'une tricoteuse, je digresse parfois souvent, mais je voudrais que ceci reste consacré au tricot.

Simple coïncidence, mais ma 1ère chronique date d'il y a 1 an et 1 jour. Rétrospectivement, je suis globalement satisfaite de ce que j'ai pu écrire, et pleinement heureuse des contacts et nouvelles connaissances que j'ai liés par l'intermédiaire de ce journal.

Mais... je n'ai pas fait beaucoup de progrès en tricot et n'ai pas expérimenté autant que je l'aurais voulu. Je me suis cantonnée à faire ce que je savais déjà faire, c'est confortable, gratifiant, mais je n'ai pas pris les risques et eu la petite décharge d'adrénaline que l'on a lorsque l'on se lance dans l'inconnu...

Donc, je vais récupérer ce temps que je ne passerai plus devant le PC pour faire avancer mes travaux en cours et pouvoir ensuite me consacrer à améliorer mes connaissances et ma technique dans différents domaines. La vie est trop courte, je ne sais pas combien de temps durera la mienne, elle est déjà bien entamée, il faut que je m'y mette sérieusement.

Progression tricot de la semaine : j'ai passé le cap de la bordure décorative du corps de Torino et suis maintenant dans la marée marine

Torino4

Ca va être "action !" au moindre moment que j'ai pour faire avancer cette partie unie car je dois profiter des absences du destinataire dans les 2 semaines qui viennent pour y travailler. Je compte beaucoup sur les attentes diverses et variées pour ce faire car les tours sont diablement longs lorsque l'on tricote la taille L !

Poinsettia commence à avoir un joli coeur, je crois que c'est la partie du motif qui me plaît le plus dans le châle, ces 4 nopes et les feuilles qui les entourent qui orneront le centre du châle quand il sera terminé :

Poinsettia8

si tant est que le mien puisse être qualifié de châle une fois fini, car j'utilise des aiguilles 4 mm au lieu des 6 mm prescrites et je crains que la taille obtenue après mise en forme soit un peu réduite. Ce sera la surprise !

Et comme j'ai été disciplinée, je me suis récompensée avec Mara et le début de son motif. Si les tours sont longs parce que je tricote également une grande taille, les motifs de cette partie sont petits et faciles à mémoriser, ça tourne rond et ça baigne dans l'huile !

Mara2

Il y a quand même plusieurs tours de jersey uni répartis sur cette grille de 48 rangs, et cela fait aussi une sacrée différence dans la vitesse de tricotage. Cet ouvrage, ce sera ma récompense lorsque le jersey uni de Torino aura bien monté et que le Poinsettia sera à jour. Tout travail mérite salaire, les coloris et les motifs de Mara en sont un, c'est ma motivation !

Je suis désolée de vous avoir fait passer autant de temps devant votre écran si vous avez lu l'intégralité. Mais la fréquence plus réduite de mes futures chroniques et leur style que je voudrais plus condensé vous feront, je l'espère, économiser un temps précieux.

Bon dimanche (et il est plus long, celui-ci !) ensoleillé à tous !

mercredi 07 septembre 2005

Brèves sans photos et fort peu de tricot

Juste un petit mot rapide... dans lequel il ne sera pas question de tricot pour cause de manque de temps.

Je voudrais remercier toutes celles qui m'ont contactée personnellement pour me demander de mes nouvelles suite à cette longue période de silence. Cela m'a fait chaud au coeur mais je voudrais présenter des excuses à celles qui se sont inquiétées, surtout qu'au même moment, dans certaines régions de Suisse, il y avait des inondations et des situations dramatiques.

Cette interruption de nos programmes était tout-à-fait indépendante de notre volonté... le boîtier du câble a encore fait des siennes et le réparateur est parti de chez nous il y a 30 minutes. Et ça remarche !!!

Voici les derniers épisodes épicés de notre vie normalement monotone (par ordre chronologique) durant les 15 derniers jours :

- la porte du lave-linge se coince, on attend dans le calme le réparateur et pendant ce temps-là, on accuse un retard dans les Alpes de linge sale à rattraper urgemment.

- Un petit garçon que vous connaissez fait une mauvaise chute de vélo et se retrouve plâtré pour un peu plus de 3 semaines (fracture banale du radius). Les activités sportives auxquelles il aurait dû commencer à prendre part sont un peu chamboulées, et il faut revoir le planning pour qu'il soit occupé intelligemment et sans frustration. Et cela correspond bien sûr au retour du beau temps et de la chaleur, avec les températures idéales pour porter ce genre d'appareil.

- Internet refuse de fonctionner, rageant lorsque l'on est en train de traiter plein de choses en même temps et que l'on est complètement impuissant et sans solution de rechange. Du coup, j'a raté la date limite pour l'inscription au projet Echarpez-moi de Karen et je suis déçue !

- La saison de hockey recommence, il faut s'organiser en conséquence pour jongler entre les séances d'entraînement et l'intendance qui doit suivre.

- Oh ! c'est le moment que choisit le sèche-linge pour refuser de faire son travail de sécher le linge !!! Parfait quand les combinaisons et autres "dessous du hockey" doivent être lavés et séchés en un temps record. Nous fûmes donc dépendants de la disponibilité du réparateur, somme toute très rapide.

- Nous recevons une convocation du Service des Mines car ma voiture doit être contrôlée vu son âge. Ils donnent des rendez-vous précis aux Mines !!! 13h12 (oui, oui 13h12, ce n'est pas une faute de frappe !) un jour de semaine où j'ai le plus besoin de ma voiture pour les allées et venues ordinaires. Il faut s'organiser en conséquence et ne surtout pas être en retard au rendez-vous, sinon gare...

- Insignifiant mais révélateur de la mauvaise passe que nous traversons : je casse une des aiguilles de mon jeu en bambou sur lequel j'ai dû tricoter la majeure partie de la cinquantaine de paires de ces dernières années. Tout un symbole !

- Un mini-commande de chez Jamiesons of Shetland arrive en un temps record, 2 semaines montre en main. Seulement ils ne m'ont pas expédié le livre Simply Shetland 1 que j'avais commandé, mais Jamieson's Book of Shetland #1, que j'ai déjà, bien entendu. Et comme il n'y avait plus de connection internet, le problème n'a pas encore pu être résolu.

- Je passerai sur d'autres détails du même genre, pas graves du tout, mais qui ennuient, la liste serait trop longue.

Alors ceci plus cela ont fait que... je suis un peu dans la panade. Mais je promets de répondre dans les meilleurs délais à mon courrier.

Le côté négatif pour le tricot : étant donné toutes ces petites tracasseries, j'avais l'impression d'avoir le mauvais oeil et n'osais plus trop toucher au Lion Heraldique de peur de commettre une grosse erreur, il n'a donc pas avancé comme il aurait dû, mais il y a tout de même eu une progression. Des photos au prochain épisode, promis !

Les côtés positifs pour le tricot : pour compenser ma frustration, j'ai fait des petites visites à ma mercière et j'ai rapporté des nouvelles pelotes de fil Regia. Et je me suis vengée sur les chaussettes car pour passer sa hargne, le jersey au kilomètre avec de belles couleurs, c'est parfait ! D'autre part, devant la recrudescence de demandes tout aussi gentilles les unes que les autres sur différents points ayant trait à l'art de la chaussette, j'ai commencé à préparer des petites choses que je publierai bientôt et au fur et à mesure de mes moments libres quelque part dans le voisinage ;-))

Nouvelle journée à l'extérieur aujourd'hui avec séance d'entraînements et leçons de natation pour les garçons, attente pour moi, donc les chaussettes de l'archiduc devraient monter un peu, je pense.

A très bientôt pour du tricot en images... et tous mes remerciements pour la gentillesse de chacune d'entre vous qui m'écrivent ici ou en privé.

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