Il règne dans notre coin une ambiance joyeuse. Il paraît que c'est un peu partout la même chose en Suisse et en Autriche. La raison : l'Euro 2008, soit, pour ceux qui ont la chance d'être coupés des informations dont on nous rebat les oreilles depuis plusieurs mois, la Coupe d'Europe de Football.
Notre petite famille en "mange" depuis deux ans de cet Euro 2008, au propre et au figuré, c'est le gagne-pain du moment puisque le père est directement impliqué dans son organisation. D'ailleurs, si votre équipe favorite a l'air à plat et ne joue pas au niveau de vos attentes, c'est forcément de sa faute : ce sont à coup sûr les lits des divers hôtels dans lequels les joueurs sont hébergés qui n'offrent pas le confort nécessaire à la récupération physique et qui par conséquent sont responsables de la baisse de régime des stars du ballon rond dans lesquels vous avec placé vos espérances. Envoyez-moi vos plaintes et remarques, je ferai suivre (ou pas !) à l'intéressé !
En compensation de ses nombreuses absences et de ses moults déplacements, le père, ce héros, en faisant des pieds et des mains quand même, a pu obtenir des places à ses rejetons pour aller voir quelques matchs de leurs équipes préférées sans que cela ne mette en péril le budget familial. Seulement, pendant les matchs, le père se doit de naviguer dans les hautes sphères, avec des "huiles", ou de trimer dans les coulisses, ce qui l'empêche d'accompagner sa marmaille. Alors, que pensez-vous qu'il se passe ? C'est la mère qui s'y colle...
Hmmmm, la mère, passionnée de foot au plus haut point devant l'Eternel, amatrice de la foule à haute dose, surtout celle des supporters excités, fréquente les stades surpeuplés et leurs alentours, emprunte pour s'y rendre les transports en commun bondés et fort imprégnés de remugles corporels nauséabonds, suivie de près par 2 garçons déterminés et éblouis, surtout quand au détour d'une allée, ils aperçoivent Marcel Desailly émergeant de l'accès réservé aux medias...
Non, l'ambiance est vraiment sympa, surtout dans le centre-ville, où ont été installés plusieurs écrans géants. La "fan zone" de la place Bellevue de Zurich est très animée et lundi soir, nous y avons rencontré en rentrant du match France-Roumanie des gens très chaleureux : des bandes de Roumains qui se sont fait prendre en photo avec mes 2 fans décorés (voir photo plus bas), des messieurs français bien sous tous rapports mais un peu perdus, que nous avons mis dans le bon train pour qu'ils puissent retourner à leur hôtel... L'ambiance est bon enfant et enthousiaste. Pour l'instant... ça risque de changer dans les jours qui viennent puisqu'à partir de dimanche soir, certains vont devoir plier bagage et retourner dans leur pays, paraît-il !
L'excitation chez les enfants est au paroxysme, les nôtres ne font pas exception à la règle. On discute foot à la récré, on commente les actions des matchs de la veille (parce qu'on a regardé le matin pendant le petit déjeuner les grands moments du match du soir que l'on a enregistré), on fait les pronostics et des commentaires d'experts sur les matchs à venir, on calcule le nombre de points. La totale ! Dans les classes des grands, les enseignants organisent même des paris pour les matchs du jour avec des petits prix distribués le lendemain pour ceux qui ont vu juste. Chapeau, on leur inocule dès le plus jeune âge le virus du jeu, on les retrouvera piliers de PMU dès leur 18ème anniversaire atteint !
Si c'est supportable voire amusant venant des enfants, c'est carrément agaçant de la part d'adultes qui ne parlent que de ça un peu partout, en soutenant mordicus leur point de vue, comme si dans ce cas, il pouvait y avoir un pronostic qui tienne la route. Il faudrait qu'on leur explique : on parle là d'effort humain commun, la machine humaine est imprévisible, elle répond aux coups de fatigue, aux conditions météo du jour et de ceux d'avant et l'état psychologique entre aussi en ligne de compte. Ils n'ont qu'à laisser jouer les équipes au jour le jour et attendre le résultat des courses... ça leur éviterait des montées d'adrénaline et du gaspillage de voix et de salive, à tous ces gens. Et aussi de saoûler ceux qui se trouvent par obligation dans leurs parages et doivent supporter leurs élucubrations. M'enfin !
Alors, puisque l'on a vu fleurir ces dernières semaines des drapeaux aux balcons, sur les voitures et un peu partout ailleurs (les Suisses sauront de quoi je parle), nos charmants bambins ont voulu eux aussi afficher les couleurs de leurs équipes favorites. Ils ont commencé par faire discret, à l'intérieur :

C'est la porte de la chambre, parce que la chambre elle-même n'est pas vraiment praticable et que je n'ai aucune envie d'avoir un accident en me prenant les pieds dans un truc qui traîne au sol pour photographier ce qui est accroché aux murs. Il y a aussi ma voiture, aux portières de laquelle flottent au vent deux petits drapeaux (ça me vaut des gestes et signes réprobateurs, corrects jusqu'à maintenant, des supporters des équipes adverses du même groupe ou des coups de klaxon enthsousiastes d'autres quand je circule dans mon automobile) aux mêmes couleurs que ceux qui garnissent la terrasse :
C'est avec surprise que nous avons découvert, le père et moi, que nos enfants tiennent à montrer qu'ils étaient issus d'un mélange de deux nationalités différentes et qu'ils soutiennent les équipes de nos pays d'origine quoi qu'il arrive. Etrange ! Cela vient peut-être du fait que dans leurs classes, il y a de nombreuses nationalités aussi diverses que variées, et qu'il faut faire sa place aussi...
Et puis on se pare soi-même de ses plus beaux atours pour aller soutenir l'une ou l'autre des 2 équipes que l'on soutient... Là, c'est top !
Les lunettes aux couleurs de l'équipe de France (ils ont les mêmes pour l'équipe tchèque) ont été dénichées le jour de la fermeture définitive d'un hypermarché voisin appartenant à une chaîne française bien connue, on les a payées une misère car il fallait tout débarrasser. Je ne comprends pas pourquoi elles étaient bradées, elle sont "design" et "fashion" (!!!). Oubliez les grosses lunettes de soleil à monture noire et larges branches ornées d'initales prestigieuses comme CK, D&G, CD, YSL ! C'est ça qui va faire fureur sur les plages cet été, avec des verres miroir jaunes ! Mais où donc ai-je fourré ma paire ???
Les voilà donc lundi après-midi, quand il faisait encore beau, avant le départ pour le 1er match de l'équipe de France au Letzigrund. Le match pour lequel un agent de sécurité hyper-zélé a interdit l'accès à la voiture de Michel Platini aux abords du stade. Le dialogue aurait donné : "Mais je suis Michel Platini, le président de l'UEFA !" (NDLR : l'UEFA est l'instance qui organise l'Euro). "Michel Platini ? Je ne vous connais pas ! L'accès est interdit aux voitures à partir de ce point." Et il a terminé le trajet à pied, comme nous !
En parlant de Michel Platini, que mes enfants ne connaissent qu'en tant que président de l'UEFA et habillé costume - cravate, mais que les vieilles et vieux comme moi se rappellent portant le numéro 10 et un short moulant en satin vert prairie "Allez les Verts !" (ah ! la mode des années 70 et 80 !) et font connaître à leurs enfants (merci You Tube et rétrospectives diverses !), conversation entendue dans la voiture au retour de la cérémonie et du match d'ouverture samedi dernier :
Mini junior : Alors, Papa, tu l'as vu ce soir ?
Senior : Mais qui ?
Grand junior : Ben, Michel Platini !
Senior : Ah ! oui, il était là, il va venir à tous les matchs.
Mini junior : Tu l'as pas pris en photo ?
Senior : Ben, non !
Grand junior : C'est pas cool !
Senior : C'est pas cool peut-être, mais le seul moment où j'aurais pu lui demander discrètement, c'est quand on s'est retrouvés aux toilettes. Alors là, c'est pas cool !
Mini junior, Grand junior et Seniorette (hilares et en choeur) : Ben si, c'est justement là que ça aurait été cool !!!
Difficile de se concentrer dans ces conditions, mais ça permet de se distraire de la grisaille ambiante, des problèmes sociaux, de la monté inquiétante du prix de l'essence, et du reste des problèmes dans le monde.
Côté tricot, c'est laborieux. Avec 4 ouvrages en cours et à des stades divers, je ne peux pas vraiment naviguer car il se passe toujours quelque chose. Depuis plus d'une semaine, je travaille exclusivement à Glass Beach, ce gilet sans manches d'Alice Starmore. Je l'empoigne quand je peux passer les soirées tranquille à la maison. Voici l'état des lieux :
J'adore ces coloris, qui sont en réalité plus profonds que ce qui est montré sur la photo du livre. C'est assez facile, ces petits dessins géométriques, et c'est varié, car les bandes rythment le motif. Je ne suis pas gênée par la chaleur pour y travailler, c'est le moins que l'on puisse dire, et tout se passe bien, je m'amuse beaucoup.
Ce sont les couleurs que j'affiche. Elles ne correspondent à aucune des couleurs portées par les équipes de foot et c'est bien dommage ! Ce serait beaucoup plus original que celles que l'on voit beaucoup en ce moment...
En parlant de couleurs, j'ai reçu ça, et ça me fait rire (mais bon ! je ris pour un rien, alors je ne suis pas la référence...). Si vous avez la chance (euphémisme) d'être entouré de fans de foot qui suivent l'Euro, vous comprendrez...
Je vais survivre intacte à cet événement sportif, je vais survivre intacte à cet événement sportif, je vais survivre intacte à cet événement sportif, etc....