lundi 02 juin 2008

Eparpillement et petits bonheurs

En cette période de l'année, les choses ont pour habitude de s'emballer. Cette année, c'est encore pire, car cela fait déjà plusieurs mois que beaucoup de choses semblent tourner autour de l'Euro 2008, grand événement sportif qui va se dérouler en partie en Suisse. Les programmes et activités scolaires ont été organisés en conséquence, il semble que le corps enseignant et les instances qui le dirigent aient pris les devants pour que rien d'important n'ait lieu pendant les 3 semaines chargées. Donc, ça bouscule tout, saperlipopette !

De mon côté, par pure coïncidence, c'est la semaine passée que j'ai bouclé un gros projet que j'avais sur le feu depuis presque un an, et pour lequel j'ai mis les bouchées doubles ces 2 derniers mois. Les recherches sont allées assez vite, la synthèse pas si mal que ça, et si j'ai un peu ramé pour la rédaction, j'ai quand même réussi à le finir suffisamment en avance pour ne pas me laisser déborder par les réjouissances de fin d'année scolaire qui vont nous tomber dessus dans les semaines qui viennent.

Donc, ce n'est pas pour essayer d'expliquer l'état d'éparpillement avancé des travaux en cours, mais en conjuguant le fait que j'ai passé récemment beaucoup de temps à travailler les yeux rivés à l'écran en essayant de ne pas me laisser distraire (c'est dur !), que je me sens maintenant comme vidée mais soulagée, que les beaux jours ont l'air de s'installer petit-à-petit, que j'avais envie de couleurs et de variété, que j'ai emprunté plus que de coutume les transports en commun et que par conséquent il faut bien s'occuper sainement quand on se fait conduire... et qu'en plus, j'avais envie de me faire plaisir et de fêter ça...

Ceci + ceci + cela... voici l'état des lieux et la profusion d'ouvrages sur les aiguilles. D'abord du réchauffé, les Conwy Socks enfin terminées :

Conwy1


De la qualité Shepherd Socks de Lorna's Laces, des aiguilles 2,25 mm en bambou, voilà le bonheur !

Pour répondre publiquement à une question qui m'a été beaucoup posée ces derniers temps, les formes à chaussettes viennent d'une boutique e-bay dont je n'ai que du bien à dire. Mais il doit y avoir d'autres fournisseurs, je pense qu'en inscrivant "sock blockers" dans votre moteur de recherche favori, vous devriez trouver d'autres matériaux, décors et à d'autres prix.

Ensuite, les yeux sombres au propriétaire desquels le pull au chocolat noir est destiné sont pleins d'indulgence à mon égard...

Chocolat5


car le fameux pull n'est toujours pas terminé...

Chocolat6


La 2ème manche est terminée, je dois juste l'extraire du sac au fond duquel elle est enfouie, la rattacher au reste et passer le tout à l'eau. Le "c'est pas grave, Maman, de toute façon il fait trop chaud" me fait beaucoup de bien... il n'y a pas urgence, c'est lui-même qui le dit !

Envie de couleurs et de satisfaction instantanée et certainement aussi de voir la mer, une paire de chaussettes Jaywalker rapidement tricotée :

Jaywalker77


Avec de la Zitron Trekking XXL dans des beaux tons de bleu (série Dégradé, coloris # 77) sur des aiguilles 2,25 mm, j'aime beaucoup l'effet de vagues donné par le motif.

Jaywalker771


Toujours mûe par une irrésistible envie de vacances et de voir de beaux paysages, j'ai mis sur mes aiguilles une paire de chaussettes Pomatomus dans des tons de coucher de soleil :

PomatomusCTH1


La semaine dernière, une irrésistible poussée de dentellite m'a fait mettre le châle Concert in the Park sur mes aiguilles...

Concert1


Dans la catégorie "on prend les mêmes et on recommence" ou "on ne change pas une équipe qui gagne" : c'est un patron de chez Two Old Bags, des mêmes créatrices que le Weeping Willow que j'ai tricoté l'an passé. J'ai choisi (encore !) la version triangulaire, et la tricote (encore !) avec de la Handpainted Lace, dans des tons de vert sauge changeants et irisés, sur des aiguilles 4mm. C'est le même motif couvrant qui se répète sur l'ensemble du châle, je n'avais jamais fait et j'aime beaucoup :

Concert2


Et parce que sans un peu de Fair Isle, je n'ai pas ma dose de couleurs, j'ai commencé hier le gilet sans manches Glass Beach dont voici les écheveaux :

GlassBeachKit


Pour l'instant, il n'y a que quelques tours de côtes de faits, rien qui ne mérite vraiment une photo,mais j'espère pouvoir vous en montrer plus la prochaine fois...

Je me suis dispersée, j'ai complètement occulté les ouvrages en cours que je traîne pour certains depuis plusieurs années, mais qui s'en préoccupe ? Du moment que l'on a suffisamment d'aiguilles pour les mettre en route et les tricoter, que l'on prend du plaisir à sauter de l'un à l'autre au gré de sa fantaisie et de l'état de fraîcheur de ses neurones, c'est tout ce qui compte... et c'est surtout ce dont j'ai besoin en ce moment, alors j'en profite.

Bon tricot à tous et merci de vos visites et de vos gentils mots d'encouragement ! J'ai été déconnectée de la planète cyber-tricot et de Blogland, mais cette semaine, je vais m'offrir du bon temps derrière l'écran à naviguer sur mes sites et blogs préférés. Et à tricoter aussi...

jeudi 15 mai 2008

Chocolat noir et les pieds dans la Mer Baltique...

Parce que parfois un peu de tricot calme et sans accroc fait du bien quand le reste va un peu vite et rebondit irrégulièrement, je suis heureuse de trouver cet équilibre avec les 2 ouvrages auxquels je travaille en ce moment. En images :

Pièce à conviction n°1 : La jambe de la 1ère Conwy Sock au repos (longiligne, n'est-il pas ?)

Conwybaltic4

J'avais écrit précédemment que ce point était consommateur de temps. Il est aussi consommateur de fil. La jambe au repos mesure 24 cm depuis le rang de montage jusqu'au début du talon.

Pièce à conviction n°2 : La jambe de la 1ère Conwy Sock en action (déjà plus anatomiquement correct...)

Conwybaltic5

J'ai la chance que ce modèle de forme à chaussettes soit exactement à la taille des pied de la plupart des destinataires mâles pour lesquels je tricote, sans cou-de-pied hyper-large ni mollet gonflé aux hormones comme ceux des poulets, donc je suis sûre de mon coup.

Et là, je vois qu'en étant étirée comme si elle était réellement portée, ce que l'on prend en largeur se perd effectivement en longueur (c'est puissant, comme remarque, ça ! Encore une qui n'a pas inventé l'eau tiède !), car la jambe de la chaussette ne mesure plus que 20 cm depuis le rang de montage jusqu'au début du talon.

Ca rallonge le plaisir, parce que j'aime beaucoup tricoter ce fil et ce petit motif, c'est fin et précis et très méditatif.

Pièce à conviction n°3 : l'état actuel d'avancement des travaux sur la 1ère Conwy Sock. Le résultat me plaît énormément et ce sont ici, du moins sur mon écran, les coloris fidèles.

Conwybaltic6

Gros soupçon (ou présomption ?) : Il me reste encore une bonne surface à couvrir en point fantaisie avant de pouvoir commencer la pointe en jersey uni qui devra théoriquement mesurer 5 cm. Mais surtout il ne me reste que ce petit peloton pour finir la 1ère chaussette ! Je pense avoir suffisamment pour habiller des pieds chaussant du 43, mais qu'en serait-il de pieds plus longs ? La suite au prochain numéro...

A part ça, il y a le pull au chocolat noir... Celui-là avance bien, sans heurts ni fracas. Mais mes yeux se fatiguent vite, car le coloris est vraiment très foncé et j'y travaille le soir à la lumière artificielle. Ce serait plus facile si je pouvais tricoter cet ouvrage dans la journée, car à la lumière du jour, le coloris rend différemment et se teinte d'une espèce de ton de prune, c'est surprenant.

Chocolat4 

Les motifs constitués uniquement d'alternance de mailles endroit et envers sont faciles à faire et très agréables à tricoter et à regarder. Encore un ouvrage qui va prendre de l'envergure au blocage, car ces petits dessins aussi resserrent beaucoup le tricot.

Je viens de commencer la 1ère manche. Le corps est fini, et j'ai poussé un gros ouf de soulagement, car je n'ai utilisé que 5 pelotes pour ce faire, ce qui m'en laissait 5 pour le col et les 2 manches. Mais je dois démonter le haut du col, car j'ai trop serré en rabattant les mailles et le passage de la tête n'est pas agréable au destinataire. Nous en sommes donc là tous les deux :

Chocolat3_2

J'ai apporté des petites modifications sans importance :

1) je n'ai pas tricoté le dernier rang de la grille (qui est en jersey uni endroit), car je l'ai jugé superflu puisqu'il m'empêchait d'avoir la même séquence 2 rangs endroit / 2 rangs envers / 2 rangs endroit entre les différents motifs en relief. La grille est donc réduite à 55 rangs au lieu de 56.

2) les mailles de l'encolure devant et dos n'ont pas été rabattues, mais mises en attente pour être relevées ensuite pour tricoter le col.

3) j'ai "trichouillé" sur les dimensions données en jouant avec les motifs pour pouvoir rabattre les épaules sur 3 aiguilles après avoir tricoté le rang 30 du diagramme, me permettant ainsi de reconstituer les 2 rangs de jersey envers et d'avoir une continuité dans le motif. Pure maniaquerie, j'en conviens, mais c'est comme ça que je vois les choses.

Le montage ne devrait pas présenter de difficultés. Le bas du corps et les manches sont tricotés en rond, autant de coutures que je n'aurai pas à faire ! Il n'y a que le haut du corps qui ait été tricoté en allers et retours, avec des emmanchures creusées. Ce sera le cas aussi pour la tête des manches, et ce sera la seule partie que j'aurai à coudre, lorsque j'en serai à rattacher les manches au corps. Et ça, c'est vachement bon !

Tout suit donc son petit train-train. Mais en regardant les photos que je poste ici, je me dis que tout ceci est soit très foncé, soit un peu mystérieux comme la Mer Baltique. Or j'ai envie de gaîté et d'éclaboussures de couleurs. Je pense donc que les prochains ouvrages seront plus vifs et/ou plus clairs, histoire de changer un peu et de ménager mes yeux. Maintenant, quelles couleurs et quel type d'ouvrage, allez savoir !

samedi 10 mai 2008

Les Conwy Socks, l'éternel retour...

Le moral dans les chaussettes, moi ? Mais non ! Certains font dans la layette, font (ou ne font pas !) dans la dentelle, moi, c'est dans la chaussette... du moins en ce moment. A chacun son truc !

Si vous lisez mes chroniques sporadiques depuis que je les écris irrégulièrement, vous vous souviendrez peut-être que je me suis déjà livré à des essais peu concluants pour trouver le coloris idéal à mon goût pour tricoter les Conwy Socks, un modèle de chaussettes qui m'émeut (si, si, n'ayons pas peur des mots !) depuis que j'ai feuilleté le livre Knitting on the Road.

Conwylltuscany Conwyregiahavanna_4

Ce ne sont que deux exemples, les seuls dont j'ai pu retrouver une photo, mais il y en a eu d'autres, non photographiés et que j'ai détricotés parfois rageusement...

Voilà que l'envie de Conwy me reprend. C'est cyclique et j'ai même l'impression que c'est un peu tous les ans à la même époque. Sigmund (Freud !) aurait certainement une explication pour ce phénomène, mais il découvrirait tellement d'autres particularités, certaines inquiétantes peut-être sûrement, que je préfère m'en écarter et revenir à mes chaussettes...

Il se trouve que j'ai reçu en cadeau l'an passé un magnifique écheveau d'un fil que je ne connaissais que sur l'écran...

Seacoast1

C'est beau, hein ? C'est de la Seacoast Hanpdainted, qualité Panda, coloris Ambergris.

Seacoast2

Quand j'ai eu déplié la petite merveille et au vu des séquences de couleurs, je me suis dit que je pourrais peut-être faire une tentative pour l'objet du délit. Et hop ! c'est parti...

Conwyambergris

Et alors là, j'ai tout arrêté. Pas que l'essai ne me plaisait pas pour les Conwy Socks, mais la façon dont les couleurs de l'écheveau se plaçaient sur ce début de chaussette a provoqué chez moi un déclic (oui, oui, j'en ai encore parfois !!!).  C'est exactement ce que je recherchais pour un autre modèle qui me fait envie depuis qu'il a été publié et sur le cas duquel je ne m'étais pas encore penchée de façon intensive.

Donc, j'ai sacrifié les timides débuts des Conwy, j'ai rembobiné ce fil doux et divin, et je l'ai rangé. Oui, oui, il reviendra plus tard dans une autre incarnation.

Parce que mon obsession, ce sont les Conwy Socks ! Ah, c'est un fait, je suis têtue et obstinée et je ne lâche pas le morceau comme ça. J'ai continué ma quête. L'essai suivant a été le bon et elles sont donc actuellement en cours.

Conwybaltic1 Conwybaltic2

Tricotées sur des aiguilles 2,25 mm avec de la Lorna's Laces, qualité Shepherd Sock, coloris Baltic Sea.  Pas très parlantes,  les photos ?

Voilà un plan rapproché sur ouvrage un peu étiré :

Conwybaltic3

A moi, ça me plaît, et au moins je vois quelque chose dans le motif qui, bien que facile à mémoriser et à tricoter est tout de même très consommateur de temps. Donc, je garde le couple nouvellement formé et vais y travailler.

Un bon et long week-end ensoleillé et reposant à tous !

vendredi 18 avril 2008

Une éclaircie... les tribulations d'une Gauloise dans la contrée des Rösti

Tout d'abord merci ! Pour les mots gentils sur les ouvrages du billet précédent et aussi pour me remettre un peu sur les rails. Je pense comme Jean-Louis, qu'à la longue, je deviens pinailleuse. Je voudrais qu'ils soient irréprochables et parfaits, ces ouvrages, mais comme ils sont issus de travail humain, que bien entendu l'Homme est loin de l'être (et par conséquent, moi encore plus loin, puisque moi femme, donc sortie de la côte de l'Homme...), ça n'est pas possible. Mais je les aime bien quand même !

Et puis, j'aime bien savoir comment les tricoteuses et tricoteurs gèrent leurs travaux en cours. Pour moi, l'idéal est un seul et unique gros projet un peu complexe et un plus petit qui ne prend pas la tête pour les soirs où ça ne va pas pour se concentrer. Mais je me suis laissé tenter souvent et du coup, je me retrouve un peu submergée. Mon but est de sortir la tête de l'eau dans l'année pour reprendre le rythme idéal. Je l'annonce officiellement maintenant et mettrai le projet à exécution sous peu.

Je viens de voir cette semaine une lueur au bout du tunnel. Je croyais la cause perdue... Mais c'est un souci de moins, c'est toujours ça ! Il faut que je vous raconte : comme beaucoup le savent, je suis une immigrée. Je fus d'abord une Gauloise chez les Etats-Uniens, je suis depuis un peu plus de 7 ans une Gauloise chez les Helvètes, une irréductible qui résiste tant bien que mal, une francophone résidant en Suisse. Mais en Suisse Alémanique. Et ça, ça fait une différence ! Ce ne serait pas pareil en Romandie, mais ça n'a rien à voir avec la langue. C'est un autre monde, mais c'est un long et autre sujet.

En situation régulière jusqu'à il y a un certain temps, j'étais alors titulaire d'un permis de séjour, ce qui me permet de vivre avec mon mari et mes enfants, c'est quand même pratique, il faut le reconnaître. Quant ils me cassent tous les pieds (noooon ! ça n'arrive jamais, ils sont par-faits !), j'ai la possibilité de ne pas me livrer aux démarches nécessaires, de me mettre en irrégularité avec la loi et de me faire reconduire à la frontière. Elle n'est pas loin, l'Alsace à 1 heure de route, ça coûte moins cher que le charter, et puis de toute façon je ne sais même pas s'il y a des charters Zürich-Paris...

Or donc, après avoir été titulaire ces dernières années d'un livret pour étrangers de type B, appelé communément "permis B" (c'est celui qui vous donne le droit d'écraser des Helvètes en conduisant un véhicule léger), renouvelable tous les ans les 2 premières années, puis tous les 5 ans, voilà que le dit permis allait arriver à expiration le 21 janvier 2008. Diantre !

Dès le début du mois de novembre 2007, je reçois la lettre me signalant l'expiration prochaine ainsi que le formulaire de demande de renouvellement avec la liste de pièces à joindre. Je pensai en moi-même : "Fichtre ! Bien organisés et prévoyants, les Helvètes ! On voit qu'on est au pays de l'horlogerie, ça baigne dans l'huile." Je me suis empressé de faire le nécessaire dans les plus brefs délais, en prévision de la folie des festivités de fin d'année et de la course (et des courses !) qu'il y a toujours à cette époque. Et vogue la galère ! Ensuite, silence radio ! La conscience tranquille, j'avais même oublié...

Le 21 janvier dernier, date exacte de l'expiration de mon permis de séjour, je reçois un courrier de la Direction de la Sécurité du Canton de Zürich, bureau de l'Immigration, ces enveloppes grises en papier recyclé qui normalement n'apportent que des soucis et des contrariétés (les impôts, par exemple !) et là, surprise ! On me signale que ma demande de prolongation de séjour est prise en compte (NDLR : merci !), mais qu'il manque à mon dossier une pièce que personne ne m'avait demandée auparavant, un extrait de casier judiciaire suisse. Ah ! pourquoi ils n'ont pas tout demandé en même temps, les nigauds ???

Je remplis donc le formulaire joint au courrier, photocopie mon titre de séjour tout juste périmé, mon passeport français, vais payer à la Poste les frais administratifs* et joins mon récépissé au tout, puis poste l'ensemble le 22 janvier. Et j'attends... Re-silence radio !

* Oui, il faut payer quand on a besoin d'un papier en Suisse. Ca m'a coûté 20 Francs Suisses pour un unique exemplaire de casier judiciaire, qui était vierge, je précise. Parce que je ne connais pas les tarifs pour ceux qui ne le sont pas... ça doit forcément être plus cher, il n'y a pas de petits profits, et puis il y a l'encre.

Je signale au passage que pour que l'on donne suite à mon dossier, il était indiqué que je devais fournir l'extrait de casier judiciaire avant le 22 février. C'est là que ça devient intéressant...  On pense qu'un mois, c'est largement suffisant, mais la vie est pleine de surprises !

Parce que le 22 février, j'appelle la gentille dame du Service d'Immigration pour lui expliquer que malgré ma rapidité d'action, je n'ai toujours pas le papier demandé et que j'apprécierais que l'on ne me mette pas dehors tout de suite, vu que les enfants vont bientôt reprendre l'école et que j'aimerais autant être là. Et je m'entends dire qu'ils sont habitués du coup, que je ne dois pas m'en faire, que le bureau qui émet les extraits de casier est à Berne et que le temps qu'ils se bougent (ils ont la réputation d'être lents, dans le canton de Berne, ce sont leurs compatriotes qui le disent, pas moi !) et que le courrier fasse son chemin (Zürich-Berne, quelle aventure pour une enveloppe !), c'est un délai normal.

Le 23, le lendemain de ce coup de téléphone rassurant, hallelujah !, je reçois l'extrait désiré. Je m'empresse de le faire suivre aux autorités compétentes, bien sûr. Et nouvelle attente... Et la semaine passée, soit près de 2 mois après, le courrier m'indiquant que mon titre de séjour est à ma disposition au bureau du Contrôle des Habitants (si, si ! c'est comme ça qu'on dit ici) de la mairie de ma commune, et que contre mon titre de séjour actuel périmé, une photo d'identité et la modique somme de 65 Francs Suisses, je peux venir le retirer "aussi vite que possible" (sic !).

Et bien, parce que je suis une Gauloise qui résiste et qu'après tout il n'y a aucune raison pour que j'obtempère au doigt et à l'oeil, j'ai attendu hier pour le faire, tranquille, sans vitesse ni précipitation. Et encore, j'aurais bien attendu encore une paire de semaines, mais comme je dois quitter l'Helvétie pour aller séjourner en Gaule les 2 semaines qui viennent, j'ai pensé que tordus comme peuvent l'être certains, ils risquaient de me gauler (c'est le cas de le dire) en situation irrégulière à la frontière à mon retour et ne pas m'autoriser à rentrer en Suisse.

Franchement, ça fait suer ! Et encore, je suis un cas "facile" pour l'administration suisse, car je suis la seule non-titulaire d'un passeport suisse de la famille, car les autres membres, bien que pas Suisses du tout du tout, se sont mieux débrouillés et ont tous un passeport suisse, eux ! (Oui, mais moi, de toute façon, je n'en veux pas, du passeport suisse). Ils sont donc tous les trois mes "garants" de moralité.

Je connaissais les méandres de l'administration française que suivent les dossiers d'immigration pour avoir aidé dans leurs démarches un certain nombre de copains de pays d'origine divers, j'ai testé et fort mal vécu la complexité du système américain pour l'obtention de sa carte verte... et bien rassurez-vous, les Helvètes sont pareils. Rien à envier à personne !

Picture_085

C'est l'objet du délit. Je suis depuis ce matin en possession d'un permis "C" (c'est marqué dessus !). A part me donner le droit d'écraser des Helvètes en conduisant un poids lourd, je ne vois pas bien quel avantage supplémentaire il me procure par rapport au permis B que j'avais avant, parce qu'il n'est également valable que 5 ans. En 2013, re-belote, quel bonheur !

Mais d'ici là, j'ai le temps de préparer ma contre-attaque, de chaparder des Petits Suisses dans les supermarchés du voisinage, d'aller vider mes ordures ménagères dans les forêts des alentours pour ne pas payer les sacs poubelle réglementaires de la commune (2,30 Francs Suisses le sac de 35 litres, ça vous dit quelque chose ?). Je vais tenter certains de ces délits créatifs, me débrouiller pour me faire pincer et pour qu'ils soient portés à mon casier judiciaire. Comme ça je connaîtrai le prix de l'extrait de non-vierge la prochaine fois que je devrai en demander un et pourrai vous le communiquer. Ca peut être utile, on ne sait jamais...

En attendant, les Helvètes devront me supporter encore 5 ans. Vu que je ne gagne pas lourd puisque je travaille à la vacation, je ne participe pas au remplissage des coffres des banques et je ne suis pas imposable à titre individuel (mais notre chef de famille se fait rincer pour nous, lui !). Je n'ai pas le droit de voter, juste celui de supporter des décisions aberrantes qui sont prises pour moi dans des domaines qui me concernent pourtant puisque je vis dans le pays. Mais ça ne m'empêche pas de l'ouvrir, et souvent : je râle, je conteste, je récrimine, je peste, je critique vertement et ouvertement... Ca ne sert à rien, mais ça me fait du bien !

Et en attendant, les Helvètes profitent quand même bien de mon séjour ici, car je participe au florissement de l'industrie chocolatière nationale en trafiquant moult tablettes de chez Villars, Cailler et Camille Bloch et quelques petits ballotins de truffes limitées au cacao sauvage (sic ! c'est marqué sur la boîte, des truffes limitées, c'est génial !) de chez Sprüngli dont je charge mon coffre de voiture dès que je me rends en France.

Ah ! il vaut mieux en rire, franchement... Mais c'est le genre de choses qui usent. Et c'est la seule que je vais vous raconter, rassurez-vous, mais il y en a d'autres, des choses qui contrarient, et bien plus importantes encore...

Heureusement, il y a le tricot ! Et bien c'est très calme depuis quelques jours, chez moi. Pas vraiment possible de faire autrement, à vrai dire, mais c'est mieux comme ça. Les Nutkin Socks suivent leur bonhomme de chemin :

Nutkin2

La 1ère est terminée et je viens de commencer la 2nde. J'ai apporté quelques petites modifications bénines. Hors de question pour moi de faire des rangs raccourcis, ni pour le talon, ni pour la pointe ! Je n'aime pas les talons en rangs raccourcis : je n'aime pas les tricoter, je n'aime pas les regarder, je n'aime pas les porter parce que la chaussette se retrouve en tire-bouchon dans ma chaussure et que c'est extrêmement désagréable, et que j'arrive par là-même à en faire feutrer de la laine Regia 4-fils pour chaussettes, il faut le faire !

Or donc talon en 3 parties et diminutions de cou-de-pied me permettant de retrouver 64 mailles pour le pied, pointe avec diminution tous les 2 tours pour finir avec 7 mailles sur chacune des 4 aiguilles et fermeture en grafting. 

Et je n'ai encore rien commencé d'autre. Mais je vais y réfléchir. Parce que les vacances scolaires ont tout juste commencé, et parce que nous partons dimanche pour séjourner "au pays". Il n'est pas question de me surcharger. Le coffre est grand et il y a de la place dans la valise, mais je ne suis pas très productive lorsque je suis là-bas : il y a beaucoup de choses plus importantes à faire. Donc ce sera léger et pas torture-neurones. Des chaussettes, c'est bien. Lesquelles, avec quel fil et en quelle couleur, je ne sais pas encore. Le choix se fera ce soir ou demain.

En attendant, je vous souhaite plein de bonnes choses et de beaux tricots en plus. A bientôt pour de nouvelles aventures si tant est que l'ex-immigrée en situation irrégulière n'ait pas encore un papier à fournir pour réintégrer ses pénates le moment venu.

PS pour le Docteur Monik : Vacances, oui ! Deux semaines, en plus ! En pension complète... mais pas de spa ni de massage au chocolat ou au raisin au programme ! Mais repos et activités d'extérieur, bonne compagnie, des jeux et aussi des excursions sans contraintes horaires. Je pense que ça peut marcher bien aussi... votre avis, Docteur ?

dimanche 06 avril 2008

Quand je veux, je peux ! Enfin du moins, j'essaie...

Je vous remercie beaucoup pour les commentaires que vous m'avez laissés ici ou adressés en privé concernant les chaussettes du billet précédent, ils font chaud au coeur. J'étais déjà heureuse d'avoir terminé ces jolies petites choses, mais le fait que plusieurs d'entre vous soient enthousiastes (et que certaine se soit même jetée sur une paire de chaussettes de la même créatrice le soir même, he he...) rajoute encore à mon petit plaisir et le prolonge. Donc, merci encore !

Je ne sais pas quelle mouche m'a piquée, mais je suis bien piquée. J'ai passé ces derniers jours à me consacrer à ce que j'avais en cours et qui lambinait un peu trop à mon goût. Ce n'est certes pas pour demain que ma liste d'O.M.D. (= Objets Momentanément Délaissés) va être réduite à néant, mais j'y travaille.

Je dois avouer qu'après avoir fini les chaussettes New England, mon instinct naturel me poussait à me jeter sur une nouvelle paire de chaussettes du même livre ou bien de Knitting Vintage Socks, mais en place, non ! j'ai été bien sage.

D'abord la Thoroughbred Vest : après avoir été délaissée pour de bonnes raisons (pas transportable et surtout pas de temps à lui consacrer pendant le long congé de Pâques), je l'ai tout simplement occultée. Mais j'ai décidé de me replonger dans ses beaux coloris et le rythme du Fair Isle.

Thoroughbred4

Il m'aura fallu du temps, mais j'ai finalement atteint les emmanchures, celles-ci sont définitivement creusées et le reste suit son cours.

Pour des raisons purement mathématiques et anatomiques, ce gilet sans manches sera légèrement plus court qu'initialement prévu dans le modèle (60 cm pour la taille 2 que je tricote) :

- anatomiques (ou physiques ???) parce qu'avec la large bande de côtes qui resserre, il n'est pas seyant qu'il arrive trop bas sur mes hanches (mais c'est une rengaine que vous avez déjà entendue ici), 

- mathématiques, parce qu'avec le diagramme de 32 rangs et ma maniaquerie concernant la façon dont le raccord du motif se fait sur l'épaule, je ne peux (ne veux, surtout !) terminer le corps que sur le tour 16 ou le tour 32. Donc plutôt que d'avoir à rajouter 2 cm en longueur pour pouvoir terminer sur le tour 16, je sacrifie 3 cm afin de clore sur le tour 32 du motif précédent.

L'ouverture de l'encolure en V se fera bientôt, un tout petit peu plus haut, car c'est comme cela qu'est conçu le modèle. Comme ça change de ce que j'ai déjà dans ma garde-pull, je vais garder l'encolure originale.

Ensuite les Merike's Gloves qui ont bénéficié du sursaut de lucidité qui m'a frappée...

Merike9

Franchement, je ne comprends pas comment j'ai pu me laisser décourager l'année dernière à la même époque.  Le plus "pénible" (et encore !) est de relever des mailles dans la base du doigt voisin et de tricoter les 4 ou 5 premiers tours car la proximité du dit doigt voisin gêne un peu pour les manipulations de départ, surtout pour maintenir une tension ferme et régulière.

Ensuite, bien sûr, la circonférence des doigts est minime et ce n'est pas ce qu'il y a de plus confortable à tricoter, mais franchement, j'ai exagéré car ce n'est rien d'insurmontable et même plutôt agréable de voir monter sur chacun des doigts le petit motif dans la continuité de celui de la main.

Encore un exemple d'ouvrage que j'ai abandonné lâchement et sans aucune raison valable et je le regrette. C'est un des moments où je me mettrais des claques. En fait, je m'en mets, mais d'abord, je m'insulte et me tance vertement et tout haut (qui a parlé de schizophrénie ???).

Dans la série "petits ouvrages", parce que les gants, surtout de cette couleur, sont difficilement transportables dans mes périples quotidiens à droite et à gauche, j'ai commencé un ouvrage de compagnie qui séjourne essentiellement dans le coffre à gants de la voiture et meuble mes attentes dans les salles prévues à cet effet, lors des entraînements divers ou des retards éventuels des juniors (et du senior, si jamais, il vaut mieux être prudent...) : les chaussettes Nutkin.

Nutkin1

Je l'avais repéré il y a un mois ou deux alors que je furetais à la recherche d'inspiration sur Révèlerie. J'avais pensé que ce ton de laine à chaussettes Zitron Trekking XXL (coloris 147) que j'avais en stock et envie de tricoter devrait bien convenir, puisqu'il est recommandé d'utiliser un fil aux "subtils changements de coloris". Pour celui-ci, la base est bordeaux-rose-violacé et c'est l'ajout de coloris différents qui fait la différence... Est-ce assez "subtil" ? L'avenir me le dira.

Pour l'heure, le modèle, le fil, le coloris et moi nous entendons très bien, merci ! Ca n'avance pas vite parce que je n'y travaille pas beaucoup, mais le motif très simple à réaliser et qui fait son petit effet n'est pas monotone comme peut l'être du jersey uni. C'est une affaire qui marche !

Et puis, toujours en furetant sur Réveillerie, j'ai trouvé un autre modèle de chaussettes qu'il me plairait bien de tricoter, les Twisted Hourglass Socks de Robin Griffiths.  Il y a des mailles torses (hmmmm !), des diminutions pour la cheville (aaaaah ! j'expire) et c'est écrit pour 2 tailles : homme et femme. Je ne peux pas mettre un lien vers les explications, car c'est à télécharger sur Ravellerie uniquement, mais si vous êtes en quête d'un modèle gratuit de chaussettes, vous les trouverez facilement à l'aide du moteur de recherche du site.

Ce qui me fait penser qu'il va vraiment falloir que je dresse un plan de campagne précis et procède par ordre car il y a tellement de modèles de chaussettes que je voudrais tricoter que je ne sais pas encore par le(squel(s) commencer. Plutôt que de me disperser, je préfèrerais faire ciblé, judicieux et ordonné, ça changerait !

Sur ce, bon dimanche à tous et excellent tricot avec de beaux projets sur les aiguilles ou en perspective !

NDLR : Les photos ci-dessus ont été prises hier en fin d'après-midi alors qu'il y avait de la bonne lumière dehors. Parce que ce matin, le ciel est bien bouché et il neige dru, même si ça ne tient pas au sol. Par Toutatis, quand pourrons-nous "déchausser" nos voitures de leurs pneus d'hiver ???

mercredi 02 avril 2008

Escale en Nouvelle Angleterre

Qu'il est doux de ne rien faire et de savourer le moment où l'on vient de terminer un ouvrage pareil, surtout lorsque l'on est autant enthousiaste...

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La paire de chaussettes New England, modèle de Nancy Bush extrait de son livre Knitting on the Road, tricotée avec des aiguilles 2 mm.

Le fil : marque Trio, qualité Soft Socks with Cashmere (65% laine, 27% polyamide, 8% cachemire), 50 gr / 205 m, coloris # 12 vert paon (c'est moi qui l'ai baptisé ainsi, donc prudence !). Cette qualité n'est malheureusement plus produite actuellement.

Nous avons encore le montage "à double départ", avec fil double. Joli, cet élément décoratif qui permet aussi d'avoir un montage souple :

Newengland5

La pointe est un petit bonheur aussi. J'avais vu cette forme en photo, mais jamais réalisé moi-même. Ca m'intriguait, cette façon de faire les diminutions pour former la pointe de la chaussette sur le côté gauche de chacune des 4 aiguilles. Voilà ce que ça donne en images :

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Ca me semblait un peu limite, et j'avais de ces a priori et autres préjugés défavorables, tous mauvais payeurs, car cela s'avère anatomiquement correct. Si tant est que les chaussettes soient à la taille de celui qui les porte, bien entendu, ce qui n'est pas le cas ici. Mais cela n'a aucune importance, car ce sont mes pieds sur les photos, fort rudement serrés dans ce modèle tricoté avec cet échantillon. Or je ne suis pas la destinataire de cette paire inadaptée à mon anatomie pédieuse, donc tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes !

Maintenant parlons du talon. Je l'ai tricoté tel qu'il est indiqué dans les explications. Il est renforcé par mailles glissées alignées verticalement. Mais il se trouve que dans chacune des pelotes, j'ai trouvé une bobine d'un fil de renfort soyeux de la même couleur exactement que le fil à chaussettes.

Bobine

Irrésistibles, ces petites choses, vous ne trouvez pas ?

Alors, est-ce mon éducation ("tu utiliseras ce qui t'a été fourni et pour lequel tu as payé le prix !") ou alors une fantaisie expérimentale de ma part ? Je n'en sais rien... Toujours est-il qu'il a fallu absolument que je l'utilise. En gros plan, c'est parlant :

Newengland2_2 Newengland1_2

(NDLR : Ce n'est pas seulement quand le poids des bougies dépasse celui du gâteau que l'on s'aperçoit que l'on commence à vieillir méchamment, mais aussi lorsque l'on se livre à d'étranges et inhabituelles contorsions en essayant de prendre l'arrière de son propre talon en photo pour les bienfaits de la cause. C'est moche de vieillir et de perdre en souplesse !) .

En vérité, je vous le dis, j'ai un peu charrié quand même car le talon renforcé par les mailles glissées aurait été largement suffisant. On ajoute à ça que les 2 fils étaient tricotés ensemble sur des aiguilles 2 mm alors que j'avais déjà quelque chose de ferme avec un fil simple et on se retrouve avec un talon ultra-blindé qui n'aurait rien à envier aux matériaux et à la technologie modernes.

Je pense d'ailleurs que si Achille le Grand Myrmidon m'avait connue et fréquentée et que j'avais donc eu l'occasion de le fournir en paires de chaussettes tricotées main (pratique, pour mettre dans les sandales !) avec des talons de ce type, la flêche décochée par Pâris ne l'aurait pas atteint comme elle l'a fait et les événements de la guerre de Troie auraient pris une toute autre tournure. Ah, modifier le cours de l'histoire, le pouvoir du tricot de la chaussette est donc infini... 

Juste un petit quelque chose qui me chagrine : avant de commencer à tricoter ces chaussettes, j'ai fureté sur le net pour glâner tout ce que je pouvais comme errata. On n'est jamais trop prudent. Je me suis rendue ici (oui, oui, il y en a des corrections pour les 1ères éditions de ce livre !) et ai comparé avec ce que j'avais dans mon livre, qui est une édition récente et il semble que les corrections consignées sur cette page y figuraient déjà. Bon, très bien, j'y suis allée confiante.

Mais... je n'ai jamais réussi à faire ce qui est indiqué au début du paragraphe "turn heel". Pour mon spécimen, j'ai dû faire "Turn heel, row 1 : Sl 1, k1 over 20 (pas 21 !) sts, ssk, turn". Si j'avais fait ce qui est indiqué, le talon d'Achille n'aurait pas été centré. C'est étrange, d'autant j'ai eu le même cas de figure pour les 2 chaussettes. Aurais-je foiré 2 fois consécutives et de la même façon ???

Enfin, bref ! passons, c'est une broutille, je suis ravie par ce modèle pilote et m'est avis qu'il ne va pas tarder à être suivi par une mini-série d'objets du même type et de la même créatrice. Je me sentais déjà bien en phase avec les créations de Nancy Bush en admirant les photos dans les livres, mais c'est encore pire en en ayant tricoté.

Qui a osé dire que je ferais bien de reprendre les gants de Merike que je n'ai pas touchés depuis un an et qui sont donc toujours en attente de doigts ?

Merike

Non, ils ne sont pas perdus, ni détricotés. Ils sont juste en attente de dispositions idoines pour les mener à leur terme. C'est élégamment dit, n'est-ce pas ? L'art d'embobiner, sans doute...

Leur tour viendra bientôt. En attendant, je savoure... j'aurai éprouvé autant de plaisir à tricoter ces chaussettes New England qu'à admirer le produit fini.

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C'était le petit air de printemps pour clore ce long billet. Toutes mes excuses à vous qui êtes passés par ici aujourd'hui et êtes allergiques à la chaussette, vous n'aurez pas été gâtés par la prose et les photos du jour, mais moi je suis une fanatique !

dimanche 30 mars 2008

Le silence des moutons

Ils ne bêlent plus, car on s'en est occupé dans la bergerie... Voici le Sheep Shawl sur mes épaules, au soleil, mais au vent aussi, ce qui a rendu la séance photos un peu agitée et longue. Le photographe junior a un peu perdu patience (et par conséquent moi aussi) et ce sont les meilleurs clichés que nous avons pu obtenir.

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J'adore ce coloris Copper de la gamme Jaggerspun Zephyr. Il sera parfait pour l'associer avec les couleurs que je porte habituellement. Sur du noir, c'est spectaculaire et avec du marron chocolat, c'est très chaud. J'aurai beaucoup de plaisir à le porter.

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Je n'ai toujours pas trouvé une technique sûre et fiable pour que les coquilles soient aussi régulières que je le voudrais et surtout moins agressivement pointues. Donc elles seront comme ça pour un bout de temps !

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Je l'ai tricoté sur des aiguilles 3,5 mm, et les jours sont d'une taille acceptable. Avec des aiguilles plus grosses, ils auraient été trop larges à mon goût et le châle aurait été plus long, ce dont je n'ai pas besoin.

J'aurais dû m'en occuper plus tôt, car j'aurais déjà pu en profiter. Leçon retenue !

A part cela, j'avoue souffrir d'une flemmingite aigüe du tricot bicolore et surtout des gros ouvrages. Je sens depuis quelque temps une fringale de petits objets délicats qui me tenaille le ventre. J'ai beau me dire que si je me mettais sérieusement à la Thoroughbred Vest, je pourrais alors me jeter dans le "garde-manger de fil à chaussettes et châles" et calmer mon appétit, j'avoue que le soir, j'attrape plus facilement la paire de chaussettes en cours qu'autre chose. Donc toujours pas d'avancée sur Thoroughbred, et c'est la paire de chaussettes New England qui en profite :

Newengland2

C'est tellement fin, précis et agréable à tricoter et le modèle est tellement bien conçu. D'après ce que j'ai lu dans les livres qu'elle a écrits, j'ai l'impression qu'il en est de même pour tout ce que Nancy Bush crée. Je prendrai des photos plus détaillées quand les 2 exemplaires de la paire seront terminés.

En attendant, je me régale. Et j'espère qu'il en est de même pour vous avec vos ouvrages en cours.

mercredi 26 mars 2008

Printemps, Pleine Lune et Pâques

Il était prévu que ce soit une semaine pendant laquelle il se passe plein de choses. On aurait fêté le début officiel du Printemps, on l'a fêté, en vérité, et il est même toujours là :

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Le grand Albert Einstein, que j'admire tant, a écrit : "J'aime penser que la lune est là, même si je ne la regarde pas". Soit ! Mais moi, j'aime regarder la lune et il se trouve qu'elle était pleine vendredi. J'ai scruté, mais le ciel était tellement bouché de nuages lourds de neige que je n'ai même pas pu ne serait-ce que la deviner quelque part. Frustrée je suis.

C'était Pâques, et celle qui officie en tant que cloches ou Lapin qui font la distribution selon que vous venez d'ici, de là, ou de là-bas s'est pris une bonne piquette en s'amusant à cacher le butin pour corser l'affaire. Mais c'était le printemps et c'est dans les primevères encore seulement légèrement saupoudrées que les chocolats ont choisi de se nicher.

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Côté tricot, ça a été chaotique, puisqu'il y a eu des excursions et d'autres activités qui ne m'ont pas permis de travailler à la Thoroughbred Vest. Alors j'ai terminé les Raindrop Lace Socks :

Picture_060

Je crois que j'aurais préféré les tricoter sur du 2,5 plutôt que du 2,75 mm, car c'est tout de même un peu mou, tout ça. Mais on voit bien le dessin, ça compte aussi... Encore une fois, c'est un modèle mignon comme tout, facile et rapide à tricoter, et pas lassant du tout.

Et puis, toujours dans la frénésie de la chaussette, une nouvelle paire est en cours et le 1er spécimen orne mes aiguilles 2 mm : les New England de Nancy Bush.

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Le fil, c'est du "vintage" de chez "vintage", surtout quand on regarde le design de l'étiquette Trio ! Ca fait belle lurette que le logo a été changé... C'est suisse, c'est très doux mais ça a de la tenue, et ça ne se fait plus, comme de bien entendu !

Ca fait partie des petites merveilles que ma mercière-marchande de laine voisine avait sorties de ses réserves l'été passé en prévision de la liquidation totale. Parce que c'est fini, depuis une douzaine de jours maintenant, le magasin a été fini de vider et il est fermé définitivement.

Terminées les petites visites à Frau Beglinger juste pour dire bonjour, parler tricot ou laine, se raconter nos misères d'immigrées de la C.E. ! Elle avait décidé qu'il était temps de rejoindre son mari à profiter de la retraite bien méritée, personne n'a voulu reprendre le magasin parce que c'est beaucoup de travail et que ça ne rapporte pas grand-chose. C'est une page qui se tourne, la disparition d'un lieu magique et fort bien achalandé en fils, instruments, boutons, avec sa propriétaire professionnelle, commerçante (au bon sens du terme), généreuse de son temps et de ses bons conseils. J'ai eu la chance de la rencontrer quelques mois après notre retour en Suisse, j'ai donc eu le priviliège de pouvoir la fréquenter pendant 7 ans... c'est déjà bien !

J'arrête la séquence nostalgie avant de sombrer, je reprends mes esprits pour me botter les fesses à moi-même encore une fois. Et voui, c'est la méthode qui marche avec moi et je l'emploie souvent.

J'ai fait un peu de tri et de rangement et j'ai dû subir le regard plein de reproches du troupeau de moutons lâchement rangé sans avoir été "finitionné" ni bloqué quelques jours avant Noël :

Sheepshawl1

The Sheep Shawl, d'Evelyn Clark, en Jaggerspun Zephyr coloris Copper. Je vais m'en occuper cette semaine, car il mérite que l'on fasse quelque chose pour lui. On considèrera que ça fait partie du nettoyage de printemps, parce qu'il y a ça aussi à inclure dans le programme des activités, ça promet !).

mercredi 19 mars 2008

Thoroughbred : les débuts

Je pense que mon sevrage de quelques mois de Fair Isle n'a pas été bénéfique... J'ai perdu l'habitude de faire attention aux changements de couleurs et d'être plus attentive aux tons qui sont proches les uns des autres quand je les travaille à la lumière artificielle.

En bref : une erreur de coloris ! Que je n'ai pas repérée tout de suite et qui m'a contrainte à démonter la bagatelle de 12 tours. Bon, ce n'est pas dramatique, mais il va falloir que je reprenne l'habitude de scruter mon ouvrage tous les matins à la lumière naturelle avant de me replonger dedans le soir.

Donc lui et moi en sommes là...

Thoroughbred2

J'essaie autant que je peux de rendre en photo les couleurs originales, mais c'est difficile par les temps qui courent, le ciel gris ou blanc ne s'y prête pas vraiment.

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Le dessin est très agréable à tricoter. Seul le motif central réclame de l'attention, mais il est si étroit que c'est minime. Et les motifs de "garnissage" latéraux, sur 5 mailles... c'est du gâteau, pratique quand on veut suivre attentivement, par exemple, les soirées Maupassant à la télévision.

Puisque je tricote cet ouvrage en duo, ma compagne de route et moi avons pu comparer les 2 versions qui ont été publiées. La 1ère le fut dans un magazine Vogue Knitting paru en 1989, la 2nde dans la Scottish Collection en 1992. Et voici le résultat des courses :

1) Les noms des coloris sont différents mais les numéros de référence chez Jamieson & Smith sont les mêmes.

2) La version Vogue prévoit de tricoter les côtes et le dessin sur le même numéro d'aiguilles alors que celle de la Scottish Collection indique de tricoter les côtes avec un numéro d'aiguilles inférieur de 0,25 mm.

3) La version de la Scottish Collection prévoit un nombre de mailles inférieur pour les côtes avec des augmentations sur un rang uni avant de commencer le dessin (note : il n'est d'ailleurs pas mentionné dans les explications que le coloris avec lequel il est préférable de le faire est Grape), alors que chez Vogue on a le même nombre de mailles pour l'ensemble.

4) La version Vogue comporte 25 tours de côtes bicolores, alors que la version de Scottish Collection en prévoit 27. Note : les explications pour les côtes sont complètement foireuses, il manque les indications pour le vrai tour 1, ce qui fait décaler la numérotation d'un tour jusqu'au milieu, il y a du coup une coquille, car le "as round 12 back through round 1" devrait se lire "as round 13".

Cet ouvrage serait-il maudit ? L'unique photo de la Scottish Collection porte à le croire quand on voit l'importance qui lui a été accordée dans le livret. Voici la photo :

Thoroughbred_4

Dans le genre "on le cache et on n'en fait voir que la moitié", c'est réussi ! A croire qu'il y aurait un problème avec la coupe ou les coloris et qu'on en montrerait le moins possible. Dommage, parce que dans le magazine Vogue, il était mis un peu plus en valeur :

Thoroughbred3_2

Donc, l'éternelle rengaine "ne te fie jamais aux couleurs des photos ni sur les magazines, ni sur ton écran" s'avère vraie une fois encore...

Terminée le week-end passé, la paire de chaussettes Monkey Socks. Le fil s'est adouci encore plus et le dessin assagi pendant le blocage. Je trouve le modèle vraiment réussi, le motif se marie bien avec un fil bayadère. De plus, il est facile à tricoter et le produit fini est original. C'est un gagnant !

Monkey

Et c'est tout pour aujourd'hui ! Dès cet après-midi, les enfants sont en congé de Pâques : le "jeudi vert" (on connaissait le Lundi Noir, mais il y a le Jeudi Vert aussi), le Vendredi Saint, le week-end et le Lundi de Pâques. Et vas-y, Tonton, 5 jours d'affilée en complément du mercredi après-midi régulier ! Ce qui laisse peut-être un espoir, si tant est que les conditions météorologiques le permettent, de faire des petites excursions en attendant la cueillette des oeufs de Pâques, qui sait ?

Je vous les souhaite joyeuses, ces Pâques !

mercredi 30 mai 2007

Rosemarkie, la suite (toujours pas la fin...)

Les semaines se suivent et ne se ressemblent pas. C'est comme les bordures de point mousse bicolore tricotées en rond qui ornent certains ouvrages Fair Isle : * un tour ça va, un tour ça va pas, recommencer depuis * ad lib...

Les férus du tricot Fair Isle qui ont la même aversion que moi pour la réalisation de ces petites décorations sauront bien de quoi je parle : on souffre un peu en les faisant, on prend son mal en patience en aspirant au moment béni où elles seront terminées (et où l'on pourra passer à quelque chose de plus gratifiant, comme le motif, par exemple), on les trouve magnifiques quand elles le sont, et après on se dit que finalement, ce n'était pas la mer à boire... Ca marche à tous les coups, c'est un éternel recommencement.

Le quotidien, c'est pareil... J'aspire à un peu de routine, parce que là, c'est une semaine phase délicate et chargée, donc le tricot passe en arrière-plan. Même avec les meilleures intentions du monde, il m'a manqué le temps et l'assiduité pour faire avancer les choses.

Rosemarkie a un corps, et ses épaules sont rattachées. Le patron laisse à celle ou celui qui le tricote la possibilité d'arranger à sa sauce. J'aime bien ça : pas d'explication didactique comme "tricoter ... tours, puis au tour suivant, placer les steeks d'emmanchure", mais plutôt "quand vous avez atteint une hauteur totale de ... cm, placer les steeks d'emmanchure". A chacun de faire ses petits ajustements en fonction de son échantillon, de la hauteur souhaitée et de l'endroit où il souhaite faire se raccorder le motif sur l'épaule.

Pas de souci a priori. Je voulais que les épaules soient raccordées au milieu d'une bande des coloris Clover ou Sundew, parce qu'ils sont les "pivots" dans la gamme du fond. Avec la hauteur qu'il me fallait, ce fût le coloris Sundew qui allait être choisi. Et ça tombait impeccable pour la hauteur...

Seulement, j'ai complètement négligé de contrôler les calculs pour que les motifs s'emboîtent pile-poil sur le raccord de l'épaule et reforment un motif. Alors, soit je me suis plantée sur toute la ligne (pourtant, d'un point de vue purement arithmétique, c'est juste), soit ça n'était pas prévu comme ça dès le départ. Je n'en saurai jamais rien, parce que pour des raisons diverses, variées et strictement personnelles, il est hors de question que je démonte jusqu'en-dessous des emmanchures pour reprendre les calculs et magouiller quelque chose qui ferait que !

L'étendue des dégâts en images :

Rosemarkie5_2

Ce n'est pas ce que je préfère et certainement qu'il y a encore quelques mois, j'aurais attrapé l'ouvrage et rageusement démonté la partie incriminée pour recommencer après avoir fait des calculs pointus et les avoir contrôlés X fois. Seulement les temps changent, et ma vision des choses aussi. Ma maniaquerie fait place à une espèce de laisser-aller fataliste. Ce qui ne veut pas dire que je ne vais pas essayer de continuer à améliorer la qualité de mon tricot ou ne faire dorénavant que du travail de sagouin. Non, c'est juste que là, pas envie du tout, il n'y a pas d'autre explication !

Après avoir, pour quelques ouvrages antérieurs pour lesquels il y avait des emmanchures creusées ou des diminutions de chaque côté du col, essayé de trouver une solution pour faire disparaître le soulignement de l'arrondi en utilisant différentes méthodes et obtenu des résultats certes acceptables, mais pas parfaitement invisibles, je suis revenue à la méthode première indiquée par Madame Starmore. J'ai donc fait "comme elle a dit la dame" et voici un détail de ma 1ère emmanchure :

Rosemarkie6

Les mailles des bordures ont été relevées dans la lisière de la bande à couper, donc celle située juste à côté des diminutions donnant sa forme à l'emmanchure. Curieusement ici, ça ne me choque pas comme sur certains autres ouvrages que j'ai tricotés par le passé en utilisant cette même méthode, c'est bizarre ! J'ai peut-être eu la chance que la diminution apparente ait toujours eu la même couleur que la 1ère maille du motif située juste à côté et qu'en plus du relief créé par la diminution, il n'y ait pas une différence de coloris qui attire encore plus l'oeil. Va savoir...

J'ai monté le nombre prescrit de mailles tout autour de l'emmanchure, tricoté avec les aiguilles 3,25 mm comme il est indiqué dans les explications (les mêmes aiguilles utilisées pour le jacquard), alors que la bande de côtes du bas était réalisée en 3 mm. J'ai réparti régulièrement les mailles tout autour, sans espacer plus au niveau de l'épaule, et j'ai serré fortement pour rabattre les mailles.

Rosemarkie7

Pour l'instant, la forme a l'air bien, on dirait (c'est bien un conditionnel) que c'est anatomiquement correct. Si j'ai de la chance, une fois que le tricot aura été mouillé et séché en forme, je garderai peut-être cette forme de bordure qui m'éviterait d'avoir des épaulettes ailées façon année '80.

Je n'ai aucune nostalgie d'Aktarus et Goldorak, des robes anti-carénées de Sue Ellen et Pamela dans la fameuse série dont on nous a tant rebattu les oreilles. On va penser que c'est une obsession, mais je trouve vraiment ça disgrâcieux, c'est juste une affaire de goût. D'autre part mon opinion est que c'est carrément inhumain que les créateurs de mode nous aient obligés à porter ça à une certaine période, donc je ne veux pas recréer moi-même ce style.

Il ne me reste pas grand-chose à faire pour que ce gilet sans manches soit terminé, juste la longue bande de boutonnage et du peaufinage. Ca devrait pouvoir se faire d'ici à la fin de la semaine, mais rien n'est jamais sûr, n'est-ce pas ?

Que cette seconde moitié de semaine vous soit douce ! Et sortez couverts, les hauts et les bas du mercure jouent de méchants tours par chez nous.

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