jeudi 17 avril 2008

Parlons plutôt tricot !

J'ai failli commencer ce billet par une manifestation de grognerie bien relevée. Mais j'ai changé d'idée ! Parce que ça ne sert à rien de toute façon et parce que tout le monde connaît ces phases où tout se ligue pour vous pourrir la vie.

Ce ne sont pas forcément des choses graves ni fatales qui vous frappent, c'est une accumulation d'ennuis de santé à s'occuper, de contrariétés, de plans bousculés, d'imprévus désagréables, d'urgences à traiter qui font que votre planning déjà bien serré, que vous aviez prévu et en prévision duquel justement, vous aviez bossé dur et organisé avec une marge de sécurité au cas où se retrouve anéanti en quelques minutes. Ce n'est pas le bon coup de gourdin derrière les oreilles qui assomme, ce ne sont que des petites choses qui ajoutées les unes aux autres vous minent et pompent toute l'énergie disponible.

Alors je vais arrêter de ronchonner, de pester contre les impondérables, les empêcheurs de tourner en rond, les bâtons qui se mettent accidentellement dans les roues, les ennuis, les soucis, les plans contrecarrés, les pépins, je vais arrêter de grommeler aussi (mais le premier qui osera évoquer les hormones en dents de scie se verra pourfendu par des aiguilles 1,5 mm, juré ! parce que ce n'est pas de ça du tout qu'il s'agit) et vous présenter ce que j'ai réussi à tricoter tant bien que mal pendant la semaine.

Rien de bien sensationnel, vu que pour couronner le tout, ou plutôt parce que ceci entraînant cela, non seulement je me suis fait une bonne migraine de derrière les fagots, mais en plus, un nerf sciatique que je connais s'est rappelé à mon bon souvenir ces dix derniers jours. Et vous savez quoi ? Je suis persuadée que par un réseau tortueux et secret, le nerf sciatique et le nerf optique sont intimement reliés, parce que la douleur que j'ai ressentie par moments m'a fait venir les larmes aux yeux... Diantre que ça peut faire mal quand ça veut !

Voici la Thoroughbred Vest terminée, sous différents angles et éclairages :

Thorougbred1 Thoroughbred6 Thoroughbred2 Thoroughbred3 Thoroughbred4 Thoroughbred5 Thoroughbred7

Pas de photo sur pied, car mes photographes sont tous très pris : Senior est débordé, Junior 1 est momentanément invalide et Junior 2 a des activités beaucoup plus sportives et donc intéressantes que de prendre sa mère en photo. Mais elle va (ouf !), et comme elle n'est pas trop large et flottante comme d'autres, je pourrai la mettre sous un veste marron foncé que j'ai achetée l'automne dernier et ça rendra très bien. Et puis voilà !

Je ne suis pas satisfaite du tout de la qualité des mailles qui bordent l'encolure en V ni de l'aspect étiré qu'a la maille médiane de la bordure de côtes de la même encolure. Ca n'est pas net, tout ça ! Mais je trouve les coloris à tomber par terre et surtout la façon inattendue dont ils sont associés : du vert pâle et du saumon qui se touchent sur des fonds bordeaux et prune, il faut oser...

Comme il y a avec Rannoch, que j'ai fini de tricoter en octobre dernier, la paille de 11 coloris communs, j'ai d'abord tricoté avec les restes que j'avais avant d'entamer les écheveaux du kit de Thoroughbred. Ca peut paraître un peu pingre ou "cheap", mais je préfère rester avec moins de pelotes aussi pleines que possible qu'avec une flopée de petits pelotons maigrichons. Donc... j'ai encore des restes conséquents, c'est la sempiternelle histoire du pain et du fromage.

Pour des détails plus précis, c'est ici et là aussi.

Et Merike peut officiellement et réellement se tourner les pouces maintenant :

Merike22

Ca donne, hein, comme ça, de loin et en nature morte ? Attendez de voir en action pour découvrir des petites choses...

Merike15 Merike16 Merike17 Merike18 Merike19

Vous avez remarqué ? Les doigts sont un peu trop longs (mais je ne voulais pas couper le motif qui court tout le long en son milieu ou nulle part d'autre d'ailleurs), le pouce un peu trop large, et les trou-trous disgrâcieux de base de doigts et autres petits recoins. Voici un plan rapproché de ces derniers, parce que ce ne serait pas honnête de cacher ce qui ne va pas...

Merike20

Merike21

De loin, ils peuvent faire illusion, mais de près, on voit qu'ils ne sont pas aussi propres qu'ils ont l'air. Ca fait bricolage, hein ? Et pourtant j'ai essayé d'attraper les fils dans les coins, de tricoter torse les mailles relevées pour boucher les trous... Dommage !  Le côté positif est qu'ils sont beaucoup plus nets que la 1ère paire de gants que j'ai tricotée. Il y a du progrès, mais encore beaucoup de travail d'apprentissage à accomplir. Le chemin est long... il faudra que je remette ça.

Je ne sais pas pour vous, mais quand je viens de terminer des ouvrages, surtout un que j'ai négligé pendant longtemps, je me sens du courage pour taper dans la butte des ouvrages abandonnée et aussi un certain appétit pour essayer autre chose. Et surtout, cela me conforte dans mon idée que je ne suis bonne qu'avec un seul ouvrage à tricoter à la fois et d'une traite, pas par petits morceaux. Je vois ce qu'il me reste à faire... (soupir résigné).

Et chez vous, ça se passe mieux en vous éparpillant et en voltigeant gaiement d'un ouvrage à un autre simultanément ou alors en vous concentrant exclusivement sur un seul jusqu'à ce qu'il soit complètement terminé ? Juste curieuse...

samedi 12 avril 2008

A deux doigts...

Ma semaine de tricot, et également celle qui va suivre, d'ailleurs, peuvent se résumer à ceci :

Picture_063

- la Thoroughbred Vest d'abord : elle est passée par le stade "l'affaire est dans le sac", bien renfrognée et crispée,

Thoroughbred5 

et après quelques lignes de mailles coulées au crochet, des petits coups de ciseaux là où il faut pour trancher dans le vif du sujet, elle est en à "ouf ! je respire",

Thoroughbred6

mais elle a encore besoin de petits éléments décoratifs, appelés bandes d'emmanchures et d'encolure et d'un petit bain de beauté. Ce n'est pas bien méchant, et surtout, ça a l'avantage de n'être que du tricot et du peaufinage.

- les gants de Merike, ensuite : on dirait bien que je suis à deux doigts de pouvoir me tourner les pouces...

Merike10

Ah ! elle est bonne celle-là, hein ? Je n'ai pas pu résister, il a fallu que je la place. A ma décharge, il faut dire que c'était l'occasion ou jamais ! Mais en grande courageuse, je la glisse dans le milieu du texte, pour que ça ne passe pas trop aperçu.

En parlant de doigts, voici le sommet de l'un de ceux des gants de Merike :

Merike14

C'est joli, ça s'appelle une "terminaison en coeur de fleur d'arbre" ("heart of a blossom closure" en V.O.). Une expression beaucoup plus poétique que de décrire la technique qui consiste à passer le fil dans les mailles qui restent une fois les diminutions terminées et à tirer pour fermer le tricot. J'aime beaucoup ce genre d'expressions...

Il y a des rencontres qu'on aurait aimé faire plus tôt. Personnellement, j'aurais bien aimé connaître Nancy Bush et la partie technique de ses livres lorsque j'ai tricoté ma 1ère paire de moufles utilisant la méthode qui consiste à tricoter un fil de couleur différente pour marquer la future ouverture du pouce. Ca m'aurait évité un carnage quand j'ai voulu "dézipper" en enlevant le dit fil pour récupérer les mailles du bas et surtout celles du haut de l'ouverture !

Là, avec le schéma de la page 54 de Folk Knitting in Estonia, il n'y a qu'à se laisser guider et imiter, les illustrations sont parlantes et tout se passe bien, en trois étapes, c'est chouette ! Et encore quelque chose de plus d'appris !

Merike11

Merike12

Merike13

Et voilà, yapluka (NDLT : il n'y a plus qu'à...) réussir la même chose pour le pouce de l 'autre main et tricoter encore quelques petits tours !

L'objectif dans les jours qui viennent est bien sûr de terminer ces 2 ouvrages, car ils ne sont vraiment plus très loin de passer du stade de travaux en frîche à celui de projets menés à terme (lentement mais finalement !).

Bon dimanche et bonne semaine à vous qui passez par ici ! A la revoyure !

lundi 21 mai 2007

Panne technique

Longue interruption des émissions dûe à différents facteurs, plus ou moins bons prétextes d'ailleurs, mais révélateurs d'un état général d'ébullition au siège de la chaîne :

1) vacances scolaires avec les préparatifs qui vont avant, le retour au pays et la déconnexion totale qui l'ont accompagné et aussi ce qu'il y a à faire au retour dans ses pénates. Quelle idée aussi de donner congé au chauffeur, au majordome, au répétiteur, au secrétaire particulier, à l'intendante, la lingère, la gouvernante des enfants, la femme de chambre, la cuisinière, l'infirmière EN MÊME TEMPS !!! Quand on ne sait pas gérer son personnel, on assume ! C'est malheureusement une boutade... amère, car je n'ai pas de personnel.

2)  fausse panne d'appareil photo dûe au facteur sus-décrit : après avoir maudit les instruments pendant des jours parce que je ne pouvais pas transférer les photos de l'appareil dans le PC, je me suis aperçu (n'ayons pas peur d'être ridicule en avouant honnêtement la vraie raison de la fameuse panne!) que le câble USB n'était plus raccordé à l'ordinateur. Ce qui démontre que je suis une femme de ménage énergique mais peu respectueuse du matériel dont je suis chargée, car c'est moi qui suis responsable de cet incident technique. Sans commentaire désagréable ni rire narquois, SVP !

3) Crise de flemmingite aigüe pour cause de réduction notoire du temps de loisir ayant conduit à un réaménagement de l'emploi du temps et à un énième nouvel établissement des priorités. Moins j'en fais dans un domaine, moins j'ai envie d'en faire, ça fait longtemps que ça dure... et ça n'a pas l'air de changer.

4) Période d'ablogorrhée pour cause d'inspiration ayant atteint le niveau zéro : j'ai préféré ne rien dire plutôt que de faire du remplissage. Les tricots suivent leur cours, lentement et plus ou moins sûrement, certains plus que d'autres, je n'ai rien acheté, rien découvert de sensationnel qui aurait pu révolutionner l'art du tricot, tout était plutôt plan-plan, donc je me suis abstenue.

Voici donc ce que j'aurais pu montrer régulièrement si j'en avais eu la possibilité (voir le facteur 2 énoncé ci-dessus pour enfoncer le clou un peu plus) :

- Rheingold est terminé, voici le diaporama en bloc (comme quoi j'avais vraiment de bonnes intentions de documenter mes progrès) :

Rheingold5 Rheingold7 Finito Rheingold4 Rheingold1 Rheingold2

Presque tout est dit en images. Sauf que... entre le moment où j'ai essayé le superbe Rheingold de Maryse en taille Small qui était trop serré (au niveau des hanches, "ça m'boudine, Madame") et aujourd'hui, ma morphologie a quelque peu changé : la taille Medium est un tantinet trop flottante à mon goût. D'un autre côté, l'envergure de la taille Medium + la longueur des manches prescrite = les manches sont juste de juste bien, alors... on le garde comme ça.

Vous le voyez sur la Walkyrie de service, décapitée pour cause de coup de soleil attrapé hier et qui la fait ressembler à Rudolf le Petit Renne au Nez Rouge en beaucoup moins mignon. Indice : si vous cliquez sur la photo du modèle sur pied,  vous aurez une vue immense et vous verrez bien le rembourrage autour des emmanchures et de l'encolure, ce sont les steeks entiers qui donnent cet aspect épaulettes à la Goldorak, c'est d'un grâcieux !. Je vais les retailler, promis !

Parlons restes pantagruéliques et aussi gros sous, voici la photo du kit et celle des restes  :

Rheingold2_4_2 Rheingoldrestes_3  

Je ne voudrais pas être mesquine, mais quand même, je n'ai pas pu m'empêcher de faire le calcul en voyant ce volume de restes... Le kit était prévu pour la taille Medium, que j'ai tricotée à l'identique et pour laquelle j'ai obtenu exactement les mensurations prévues. Pas de problème !

Alors, sachant que, sans même comptabiliser les mini-pelotons visibles sur la photo, il me reste une moyenne de 30 grammes pour chacun des 5 coloris du motif et une de 46 grammes pour chacun des 3 du fond, cela fait (30 x 5) + (46 x 3) = 288 grammes de restes, qui correspondent à un peu plus de 11 écheveaux de 25 grammes de Hebridean 2-ply.

Au prix unitaire de l'écheveau de 25 grammes, qui est de £ 2,80, il semble qu'une économie de £ 30,80 (soit environ 45 Euros) sur le prix total du kit aurait pu être réalisée. L'Or du Rhin, donc, il s'intitule, cet ouvrage... le bien nommé, alors !

Ceci ne ternit en rien le plaisir que j'ai éprouvé en tricotant ce modèle et ce fil magnifique, ni la beauté de l'ouvrage lui-même, mais me laisse tout de même songeuse... 

- Et depuis... il y a eu des errances. En rangeant ces restes, j'ai fourragé là où je n'aurais certainement pas dû et me suis lancée tête baissée dans un nouveau projet Fair Isle (ça change, hein ?). Sans justification ni mauvais prétexte, juste un coup de coeur... Rosemarkie, version Virtual Yarns, en Hebridean 2-ply :

Rosemarkie1

Jolies et prometteuses furent les côtes... Je n'ai vraiment pas regretté de m'être laissé guider par cette soudaine impulsion.

Rosemarkie2_2 Rosemarkie3_2 Rosemarkie4

C'est un ouvrage sans histoire ni accroc : le motif couvrant n'est pas très large, pas tout-à-fait symétrique, ce qui pimente un peu l'affaire sans causer à l'esprit fatigué de torture inutile et indésirable en ce moment. Les couleurs sont chaudes et profondes, j'aime vraiment beaucoup l'harmonie de cette nouvelle version. Et comme je n'ai pas de point de comparaison avec l'ancienne, je la savoure avec un oeil vierge. Tout ça avance à son rythme, un peu tous les soirs.

- Bien sûr il y a eu de la chaussette, et il y en a encore et toujours...

Socks

3 paires de chez Zitron Trekking XXL terminées : série Aquarell, Dégradé et Harmonie. Celle en cours est de la série Ombre, coloris 108.

- J'avais aussi envie de trou-trous, mais surtout d'un modèle simple pour voir ce que donnait du fil teint à la main sur de la dentelle sans me lancer dans un immense projet. C'est le Weeping Willow Shawl, qui était présenté dans un fil de ce type :

Wwillow1 Wwillow2

Le fil est le Lace de chez Handpainted Yarn, coloris Red Pearl. On verra bien ce que ça rend une fois bloqué, et si les changements de couleurs du fil mangent le dessin, il n'y aura pas de bobo. C'est la version triangulaire du châle, dont la construction est classique et les motifs assez répétitifs et symétriques. Ca n'est pas ardu du tout. Je le considère un peu comme une expérience, pour les coloris et pour voir ce que l'on tire comme dimensions avec une pelote de ce fil.

Mais je le délaisse un peu en ce moment, tout comme les Merike's Gloves, pour lesquels j'ai finalement récupéré des aiguilles courtes pour faire les doigts. J'ai commencé et même pas fini le 1er des 10 doigts que je dois encore tricoter pour les déclarer officiellement terminés :

Merike8_2

Ce n'est pas que les deux ouvrages soient mis à l'index (he he !), c'est juste que l'on nous annonce une vague de chaleur qui risque de perdurer. Je préfère donc me concentrer sur Rosemarkie pendant que c'est encore supportable d'avoir une masse de pure laine sur les genoux, sinon ça va encore traîner... Le châle et les gants vont être tout-à-fait de saison et reprendre du service ensuite (ouf, 'va faire chaud, qu'ils ont dit à la radio !).

Et maintenant, je m'en vais faire un tour du côté de mon indicateur de mise à jour, qui m'affiche des chiffres inquiétants... on dirait que c'est la ruche dans tricotblogland. Question d'une fille technologiquement limitée : ça peut exploser ou créer des dommages irréparables dans le PC, un indicateur de mise à jour trop plein ?

jeudi 12 avril 2007

Les gants de Merike (épisode 2) et des essais pour Conwy

Les gants de Merike continuent à monter, mais pas dans l'ordre dans lequel je l'aurais souhaité. Au moment de commencer les doigts de la 1ère main, je me suis rendu compte que je n'avais pas de jeu d'aiguilles courtes en 2 mm de diamètre. Un petit coup de téléphone à ma mercière m'a appris qu'elle n'en avait plus, dans quelque matériau que ce soit, et qu'elle était en attente de livraison. Comme il est hors de question que je me batte avec un jeu d'aiguilles trop longues, j'ai préféré ne pas perdre de temps, j'ai mis les mailles de la main du 1er gant en attente et ai commencé (et terminé) celle du 2nd :

Merike4_7

L'avantage d'avoir dû tricoter les deux mains dans la foulée, c'est que le montage à double départ était encore frais dans ma mémoire et que c'est allé beaucoup plus vite que la 1ère fois. L'inconvénient est que je vais me retrouver maintenant à tricoter les 10 doigts d'affilée, et que c'est quand même une partie que je trouve fastidieuse. Ce n'est pas ma tasse de thé, mais comme on n'a rien sans rien...

Dans un commentaire sur le dernier billet, Sarah m'a indiqué que l'erreur que je mentionnais figurait depuis longtemps sur une page les recensant et les corrigeant. Je la remercie de m'avoir signalé cette page d'errata que je ne connaissais pas et que j'ai mise immédiatement dans mes favoris.

A propos de modifications concernant les gants de Merike, en voici une que j'ai faite après avoir tricoté ce qui était écrit dans le patron. Ce que je voyais ne me plaisait pas plus que ça, et cela concerne les 2 séries de 2 diminutions qu'il faut faire sur la paume, au-dessus de l'ouverture du pouce.

Voici ce qui est écrit pour le gant gauche : Mark thumb opening  : (...) {Work 1 rnd in patt. On next rnd, k27, sl 1, k1, psso, k10, k2tog, work to end in patt} 2 times.

J'ai essayé et ce que je voyais ne me plaisait pas car les 2 diminutions situées à gauche quand on regarde son ouvrage ne tombaient pas l'une au-dessus de l'autre (mais il se peut que j'aie cafouillé aussi). Ce qui suit est donc une interprétation strictement personnelle.

Alors voici ce que j'ai fait, j'espère ne pas m'être emmêlé les pinceaux en recopiant mes notes manuscrites. Sinon, toutes mes excuses !

Pour le gant gauche : Mark thumb opening  : (...) {Work 1 rnd in patt. On next rnd, k27, SSK, k10, k2tog, work to end in patt. Work 1 rnd in patt. On next rnd, k27, SSK, k8, k2tog, work to end in patt.}

Et pour le gant droit : Mark thumb opening  : (...) {Work 1 rnd in patt. On next rnd, k37, SSK, k10, k2tog, k1, knit to end. Work 1 rnd in patt. On next rnd, k37, SSK, k8, k2tog, k1, knit to end.}

J'ai essayé de prendre une vue de détail montrant la partie concernée sur les 2 gants, la voici :

Merike5b

En ce qui concerne le fil utilisé, le Merino Fino de Trio, il est vraiment très agréable à tricoter, bien qu'il glisse. C'est un fil 100% merino, traité lavable en machine (ça, je n'aime pas trop en règle générale), qui me reste d'ouvrages pour enfants que j'ai tricotés il y a quelques années. Il est très doux et mouliné.

Merike6_2

Le rapport est de 50 gr pour 158 m, et sur la bande de la pelote, on recommande de le tricoter avec des aiguilles 4 mm pour un échantillon de 25 m x 35 rgs pour un carré de 10 x 10 cm. Je trouve ça étrange, j'avais fait un essai quand j'en avais acheté la 1ère fois et j'obtenais avec cet échantillon quelque chose de lâche et mou qui n'aurait à mon avis rien donné de bon au premier lavage.

Je l'ai déjà tricoté sur des aiguilles 3 mm, avec un échantillon de  27 m x 40 rgs pour un carré de 10 x 10 cm et c'était déjà plus dans mes goûts. Le tricot n'a pas bougé et ne s'est pas avachi malgré les nombreux lavages.

Pour les gants, j'utilise des aiguilles 2 mm, le relief ressort très bien et ça donne un tissu plutôt dense, mais on est quand même loin de la texture "gilet pare-balles" qui permettrait à l'ensemble de tenir debout tout seul. Voici un gros plan sur le jersey uni de la paume :

Merike7

Les mailles sont plutôt serrées les unes contre les autres, les gants qui doivent enrober une partie extrêmement mobile de l'anatomie ne devraient pas trop souffrir de déformation, du moins je l'espère. L'échantillon non bloqué de jersey endroit tricoté en rond sur aiguilles 2 mm est de 18 m x 27 rgs pour une carré de 5 x 5 cm. Je suis donc légèrement en-dessous de ce qui est préconisé par Nancy Bush pour le modèle en utilisant le Koigu Premium Merino, à savoir 16 m x 24 rgs, mais ça va peut-être changer encore au blocage. A suivre, donc...

J'ai profité du long week-end et du beau temps pour faire du "tricot en extérieur". J'ai tenté pour la 2ème fois en un an, avec un fil différent, les Conwy Socks, modèle extrait du livre Knitting on the Road de la même Nancy Bush. Essai non concluant à mon goût, sur des aiguilles 2,5 mm, et il est déjà retourné à l'état de pelote. :

Conwy1_7

Je trouve que le point fantaisie est complètement mangé par les changements de couleurs du fil bayadère. Pourtant c'est une série de chez Regia que j'avais déjà utilisée pour des chaussettes toutes simples en jersey et je ne pensais pas que ça allait réagir comme ça sur un motif fantaisie. Voici la pelote incriminée, Regia 4-fils Série Havanna Color, coloris 4185 Taube :

Havanna_3

Ce qui me laisse à penser que ça ne doit pas marcher du 1er coup quand des créateurs réalisent un modèle en choisissant un fil bayadère pour le tricoter. Voici deux autres exemples de fil que j'ai en ma possession :

Conwy3

- A gauche, une pelote de Cherry Tree Hill Supersock Merino, coloris Tropical Storm, avec laquelle j'ai déjà fait un essai pour les mêmes chaussettes  et qui s'est révélé encore pire : les changements de couleurs sur le fil sont encore plus fréquents et on ne voyait strictement rien. C'est dommage parce que le fil est un vrai plaisir à tricoter et les couleurs splendides. Comme je n'avais pas envie de l'utiliser pour une paire de chaussettes en jersey uni, j'ai attendu un peu pour le tricoter et je pense avoir maintenant trouvé un modèle qui pourrait convenir et mettrait les changements de couleurs en valeur : les Monkey Socks, modèle gratuit de Knitty paru cet hiver.

- A droite, c'est le candidat pour les prochains essais, la qualité Shepherd Socks de chez Lorna's Laces, coloris # 403 Tuscany, qui est celle utilisée dans le livre, sur des aiguilles 2,25 mm et qui rend drôlement bien d'ailleurs, mais dans le coloris #46 Jeans. Je verrai ça quand j'aurai terminé les gants.

Rheingold n'a pas beaucoup avancé en vérité. Il faisait beau et les températures étaient trop clémentes, et puis il se passait trop de choses pour que je m'y mette vraiment, mais je vais le reprendre sérieusement en attendant que les petites aiguilles à gants arrivent.

Bon et joyeux tricot à tous, et merci de votre passage ici et de vos commentaires !

samedi 07 avril 2007

Les gants de Merike

Finalement, je ne me suis pas lancée dans le beau modèle présenté dans le dernier billet. Je n'avais pas le numéro d'aiguilles qui convenait. Dommage, hein ! Alors j'ai commencé quelque chose d'autre.

Je crois que je me suis embarquée dans une drôle d'aventure. J'ai choisi comme nouveau "petit ouvrage" les Merike's Gloves, modèle extrait de Folk Knitting in Estonia de Nancy Bush.

C'est amusant, je les ai commencés la veille du jour où Val a écrit son billet (celui du 30 mars) les mentionnant... J'ai donc bien ri en voyant qu'elle les avait aussi sur sa liste.

Je suis tombée en admiration devant dès que j'ai eu le livre en ma possession, et le fil était déjà choisi et mis de côté. Ca remonte à quelques années déjà, cette histoire... Mais je n'avais jamais eu le courage de m'y mettre vraiment (je dis "vraiment", car j'avais fait une tentative avortée il y a 4 ans suite à une erreur au 10ème rang et découragée, j'avais laissé tomber).

Par pure fainéantise, en vérité : quand je décide de commencer quelque chose, je vais toujours à la facilité, et par conséquent me retrouve toujours avec le même style de tricot sur les aiguilles (i.e. Fair Isle, torsades, norvégien et chaussettes simplissimes). Ce qui fait qu'il y a beaucoup de techniques auxquelles je ne suis pas initiée. Mais j'ai décidé qu'il était largement temps de faire quelque chose et de m'aventurer en terre moins connue. J'ai donc coiffé mon chapeau d'Indiana Jones et suis partie pour barouder un peu (bon d'accord, j'exagère peut-être légèrement, mais j'ai le droit d'avoir des fantasmes de baroudage, non ?).

Merike1_2Ce sont ici les débuts (du premier gant de la paire), et mine de rien, il y a déjà quelques heures de travail dessus. Du travail de précision, car c'est vraiment fin. Cette petite chose délicate se tricote sur des aiguilles 2 mm.

Au lieu de la Koigu Merino préconisée, j'utilise un mérino câblé (ou mouliné ?) de marque suisse, Trio, qualité Merino Fino, que l'on trouve facilement en Confédération Helvétique et plus particulièrement chez ma marchande de laine voisine. Il est vendu en pelotes de 50 grammes pour 158 mètres, le rapport est donc à peu de chose près équivalent à celui du fil d'origine, dont le métrage doit tourner autour des 16o mètres. Le coloris que je tricote est semblable à celui du livre pour deux raisons (même si cette photo le fait paraître légèrement pisseux, c'est le rayon de soleil qui en est la cause) : 1) j'ai plusieurs pelotes de ce coloris en reste, et 2) même si ça ne doit pas être une opération judicieuse avec la vie de mère de famille active que je mène de porter des gants écrus, la délicatesse du modèle tel qu'il est photographié dans le livre me faisait trop envie.

En n'ayant tricoté que cette hauteur, j'ai déjà appris un montage que je n'avais jamais fait, fort bien expliqué d'ailleurs à la page 42 du livre : le "double-start cast-on" (que je traduirai lâchement par "montage à double départ") qui utilise en partie le montage méthode continentale. Il y a dans cette façon de faire un mouvement grâcieux (!) et délié à exécuter qui n'est pas pour me déplaire.

Voilà ce que ça donne d'un peu plus près (une fois bloqué, donc moins rabougri, ça devrait mieux rendre) :

Merike3

Je trouve ça à la fois souple et décoratif, c'est très judicieux de l'utiliser pour des bordures de gants et chaussettes, à mon avis.

J'ai réussi à le faire pour le 1er gant, après avoir copié les pages 41 et 42 du livre comme référence, mais je ne pourrai pas me passer des illustrations pour réaliser le montage du 2ème gant... Les yeux rivés aux schémas comme pour le 1er, ça devrait se faire. De mémoire, il me semble que Nancy Bush utilise également ce montage pour d'autres ouvrages, notamment des chaussettes que j'ai repérées dans les livres Knitting on the Road. Peut-être même aussi dans A Gathering of Lace, Vintage Socks et Folk Socks, mais je ne sais plus. Donc c'est bien que je me sois "décoincée" avec ce montage, ça me sera utile pour d'autres projets de la même créatrice (parce qu'il y en a sur ma liste, croyez-moi !).

J'ai aussi repéré une chose bizarre dans les explications, car il est impossible de faire ce qui est écrit pour le tour sur lequel on doit placer les motifs avec le nombre de mailles que l'on a montées au début (il en manquerait deux). Voici donc mon grain de sel et la correction que j'ai apportée pour que ça marche:

Left Glove (...) Set up rnd : (K1, P1,K6, P1, K2, P1, K4, P1, K2, P1, K4, P1, K2, P1 (et pas P2 !), K6, P1, K1) 2 times.

Ce qui est étrange, c'est qu'en découvrant que quelque chose clochait, je me suis tout de suite rendue sur la page Interweave qui recense les erreurs et apporte les corrections par ouvrage publié par leurs soins (et il y en a !!!) et pour ce livre précis, c'est le désert, il n'est même pas mentionné. Je vais donc me renseigner pour savoir à quelles instances il faut que je m'adresse pour signaler ça. Si ça peut rendre service...

Merike2_3 Vous avez vu un bout du dos de la main, en voici maintenant un de la paume : je viens juste de dépasser l'ouverture du pouce. Et le pouce, il a un gousset, ooooh ! j'aime ça . Et pour le créer, on augmente en faisant des jetés, ce qu'il fait qu'il y a des petits trou-trous de chaque côté. J'essaierai de faire un gros plan quand ce sera mettable.

La chose pour laquelle j'ai des doutes, c'est la méthode de construction du pouce : c'est celle qui consiste à tricoter un fil contrastant (il est noir chez moi !) pour l'enlever ensuite et  récupérer les mailles du dessus et de l'intérieur de la base du pouce. J'ai déjà testé pour des moufles et ça avait été la catastrophe : j'avais perdu une partie des mailles du haut (tout simplement oublié de ramasser toutes les boucles, une paille !). Donc je marche sur des oeufs (de Pâques, bien sûr !).

En règle générale, pour les moufles et les gants, je préfére mettre les mailles en attente sur un fil et en remonter au dessus pour les relever au moment de tricoter le pouce. Mais comme Nancy Bush est une excellente technicienne, je vais suivre ses indications à la lettre. Avec de la minutie, de la patience et beaucoup de soin (travaille, ma fille !), je m'en sortirai peut-être honnêtement...

Inutile de dire que ce nouvel ouvrage ne peut pas remplacer les "chaussettes toutes bêtes en jersey uni" qui m'accompagnent lors de mes déplacements, attentes dans les salles prévues à cet effet des cabinets dentaires, pédiatriques, médicaux, ou dans les vestiaires des salles de sport fréquentées par les garçons. J'ai trop peur de me tromper, car ça demande quand même une attention que je n'ai pas dans ces endroits. Et puis c'est écru ! Déjà que j'ai réussi à faire un méchant pli au poignet rien qu'en le roulant dans la serviette-éponge dans laquelle je le range, si en plus c'est sale avant même d'être fini, ça ne vaut pas le coup !

Donc j'ai sacrifié quelques séances de tricot du soir sur Rheingold pour me consacrer aux gants, mais mon bel ouvrage doré au caramel a quand même avancé de façon satisfaisante (pour moi, bien entendu !).

Rheingold4

J'ai coupé le haut de la photo parce que mon petit assistant ne s'est pas contenté de tenir l'ouvrage à plat pour qu'il ne roule pas, il a choisi de me gratifier d'une de ses grimaces horribles préférées. Donc vous ne voyez pas tout au complet, mais lors de la séance d'hier soir, j'ai pu placer les steeks d'emmanchures. Et ce doit être psychologique, parce qu'une fois que cette étape est passée, je trouve que ça va beaucoup plus vite. Quoique... avec un ouvrage captivant et de l'aussi beau fil, surtout quand il n'est pas de saison et que l'on n'attend pas après pour s'habiller, on n'a pas besoin d'aller vite. Oui, mais bon, d'un autre côté il y a le "syndrome du rang supplémentaire", et ça, ça ne se contrôle pas vraiment.

Sur ce, un grand et sincère merci de m'avoir lue jusqu'ici et Joyeuses Pâques à ceux qui les fêtent ! Bonne chasse à l'oeuf en chocolat si vous en êtes ! (On est combien à se lever aux aurores demain matin pour aller "faire les cloches" dans le jardin et folâtrer sur l'herbe verte couverte de rosée, équipés de bottes en caoutchouc ?). Hmmm... le bonheur est dans les prés...

mardi 15 novembre 2005

Poinsettia, Mara, Chullo et Torino

Titre extrêmement original, mais quand on n'a pas l'inspiration, on ne l'a pas !

J'ai beaucoup aimé lire les commentaires de la dernière chronique et avoir les opinions diverses sur la tension, la façon d'étendre ses mailles sur les aiguilles et de les mettre en attente. C'est instructif de profiter des expériences et des combines variées : il me tarde d'essayer de trouver la ficelle de Rebecca qui pourrait me servir d'arrête-mailles et d'aiguilles à la fois. Une manipulation d'évitée, un peu de temps de gagné, et hop !

Les séances de tricot du week-end furent ce qu'elles furent.  C'est parfois un peu cahotique de jongler entre les ouvrages, je crois que finalement je n'aime pas trop. J'avais donc camouflé Torino, et me suis concentrée tout d'abord sur Poinsettia.

Poinsettia10

Il grimpe, lentement, mais sûrement. Pour le dernier carré, ça sera peut-être plus facile ?

Quant à Mara, il est maintenant en sac. Les épaules sont attachées depuis hier soir et il faudra encore une longue séance de crochet pour que les steeks soient prêts à la découpe :

Mara7

Voici maintenant la raison pour laquelle j'ai rallongé le corps de 9 tours. Si j'avais suivi les explications pour la plus grande taille, que je tricote, voici ce que l'on aurait vu sur les épaules :

Mara9

J'aurais dû raccorder le devant et le dos juste après avoir tricoté la petite bordure rouge qui sépare les grands motifs des uns des autres. Chacun a bien sûr sa propre approche de l'esthétique, mais j'ai eu peur que ce double galon rouge ne choque mon oeil une fois le corps terminé de tricoter.

En tricotant les 9 tours supplémentaires, j'ai donc terminé les épaules sur le tour précédant la "ligne de pliure" ou l'axe de symétrie, en clair le tour situé exactement au milieu du grand motif turquoise. Ce qui fait qu'en raccordant le dos et le devant, le grand motif se trouve reconstitué sur l'épaule, comme ça :

Mara8

Je ne saurais expliquer les raisons, mais je préfère ça. Je subodore que cela vient de mon subconscient somme toute cartésien, rectiligne et rigide. Je ne suis pas aussi foldingue, futile et désorganisée que ça, j'aime la symétrie et l'ordre. Allô, Sigmund ? C'est freudien, ça, c'est sûr...

Dans un tout autre registre, voici un petit objet qu'une amie péruvienne a eu la gentillesse de me prêter (et je pense que cela va intéresser au moins une tricoteuse passionnée de tricot ethnique, dont je tairai le nom par discrétion) :

Chullo1

Oui, c'est un chullo, un vrai de vrai ! Tricoté par une dame péruvienne des montagnes pour le fils de mon amie.  Je l'ai observé sous toutes les coutures, (non ! il n'y en a pas, de coutures !) et je vous livre ici quelques photos de détail. Tout d'abord l'envers :

Chullo2

Les fils sont vraiment croisés et il n'y en pas un bout qui dépasse.  Et le détail sur le cache-oreilles :

Chullo3

ils sont en point mousse. J'aime beaucoup la chaînette en coloris contrastant qui les borde. La bordure du bonnet est elle réalisée en point mousse bicolore. Dommage que je ne puisse pas vous faire toucher, car le fil utilisé est vraiment particulier. C'est rêche, et bien loin de nos fils commerciaux traités lavables en machine. Brut de brut, et sans assouplissant ! Et j'imagine que les touristes ne doivent pas payer ça très cher sur les marchés péruviens, c'est fort dommage, car il y a quand même quelques heures de travail sur cet ouvrage petit en taille !

Cela me donne de sacrées idées pour terminer les restes de fil, vous savez, ces restes de 10 grammes que l'on garde précieusement et qui se débobinent et s'emmêlent dès que l'on fouille dans le sac dans lequel ils sont rangés. A l'étude, donc...

Petite mise à jour sur l'avancée Torino, dont l'empiècement aurait pu être plus haut si je n'avais pas commis une stupide erreur d'inattention et n'avais pas eu à démonter 4 tours maille par maille :

Torino6

C'est le train-train, quoi ! La vie de tricot peut parfois être un ruisseau tranquille... Et si vous vous demandez, la réponse est "oui", c'est bien un rayon de soleil sur la table de la terrasse. Il s'est décidé à sortir il y a 30 minutes. On n'y croyait plus.

lundi 13 juin 2005

Videndi Delectatio ou pourquoi il y a eu si peu de tricot...

Je n'avais encore jamais fait, mais j'ai pu découvrir la Ville Eternelle à un rythme et avec des yeux d'enfant... voilà le programme des trois derniers jours. C'était la surprise que nous leur avions réservée parce que cela pouvait se combiner avec un déplacement professionnel. Le secret fût bien gardé jusqu'à l'embarquement dans l'avion.

Et pourquoi Rome ? Parce que depuis que nous y sommes allés sans eux, nous n'entendons parler que d'elle... Ils ont regardé et re-regardé les cartes postales et les photos que nous avions rapportées et ça leur a fait envie.

Jour 1 :  Pour les immerger totalement dans la vie romaine, je les ai emmenés (seule, car leur père travaillait) à la cité du Vatican en choisissant comme moyen de transport le bus #64. Les connaisseurs apprécieront... dans le genre immersion-compression, il n'y a pas mieux ! On prend le bus près de la Piazza della Reppublica et on descend près de le colonnade St-Pierre, c'est Rome aussi.

La visite tant attendue de la "maison du Pape". Ils ont suivi avec intérêt les funérailles de son prédecesseur et tout ce qui se rapportait à l'élection du nouveau pape, alors évidemment... Impossible de descendre dans la crypte, car à 11h00 du matin, il y avait déjà trop de monde et les enfants auraient été incapables de supporter l'attente dignement ! Pas d'ascension jusqu'à la coupole non plus et le musée du Vatican et la Chapelle Sixtine seront pour une autre fois... il fallait les ménager pour le reste du programme.

Photo obligatoire sur la place parce que la colonnade et les fontaines sont "trop cool" (sic !). Le costume du Pape est plus sympa que celui des Gardes Suisses, à leur goût.

Stpierre_1

Temps superbe, mais température agréable, parfait pour les visites de ville à pied. Seulement, c'est l'heure du déjeuner et on commence à grincer des dents à la simple mention du verbe "attendre". Moue boudeuse et tête ailleurs devant le château St Ange... ("c'est quand qu'on mange ?")

Stange

Après la pasta, on se sent requinqué et on fonctionne comme l'âne avec la carotte. On se dirige vers la Piazza Navona et on demande à être pris en photo devant une des "méga-fontaines" :

Navona

On essaie de m'apitoyer avec une tête penchée "c'est encore loin le glacier qui vend les meilleures glaces du monde ?" (c'est ça, la carotte). Non, plus très loin... encore quelques rues à traverser et un peu avant d'arriver au Panthéon, nous y serons. Où ? Mais chez Giolitti, le glacier-pâtissier-salon de thé, dont voici un aperçu de la sélection. Je mange rarement des glaces, mais là, j'étais obligée. J'ai découvert ce lieu de perdition lors de mon 1er voyage à Rome en 1983 et c'est comme un pélerinage lorsque j'ai l'occasion d'y revenir. Les glaces "gianduia" et "croccantino al rhum" sont quelques-uns de mes pêchés.

Alors ensuite, nous terminons la visite sur un point d'orgue :

Trevi

Allure désinvolte de l'après-jet de pièces dans la Fontaine de Trevi (facile, on a réussi !). Parce qu'ils veulent revenir !

Jour 2 : Tout le monde sur le pont, nous quittons Rome pour faire une excursion à Tivoli. Notre but : visiter les jardins de la Villa d'Este. Ils sont toujours aussi beaux et à l'heure à laquelle nous sommes arrivés, encore calmes. J'entends toujours le piano de Franz Liszt quand je m'y promène...

Villadeste1

Et c'est là que je dois remercier publiquement Bourvil et Louis de Funès : sans le film Le Corniaud, les garçons n'auraient jamais connu les fontaines de la Villa d'Este et auraient peut-être rechigné. Mais là... quel bonheur de voir les hauts lieux du film, notamment ceux de la bagarre nocturne pour la voiture bourrée de "schnouf" et d'autres choses de valeur ! Merci au cinéma populaire, mais dommage qu'aucune scène n'ait été tournée à la Villa Hadriana, j'y serais retournée avec plaisir !

Alors on se fait photographier là où il faut être vu...

Villadeste2

Et voici une des fontaines qui les a marqués (parce que ce sont des dragons qui crachent du feu en eau, bien sûr !) :

Villadeste3

Le reste de la journée a été passé à musarder entre la Place d'Espagne et le Panthéon (ben oui, les fils ont tellement vanté les glaces de la veille que le père a voulu goûter...). Et le périple s'est terminé par le Colisée et une courte promenade dans le forum.

Jour 3 : Courte journée puisqu'il nous fallait partir pour l'aéroport en début d'après-midi. Nous avons donc, à la demande générale, pris un bain de foule pour assister à la bénédiction urbi et orbi sur la Place St-Pierre. Prenez vos zooms hyper-puissants  et vos jumelles laser pour distinguer quelque chose, car c'est exactement ce que nous apercevions de l'endroit où nous avions décider de rester pour ne pas risquer de nous perdre ou d'avoir un enfant écrasé.

Stpierre2 

Habemus Papam, d'accord, mais vidimus Papam, ma chère ! A sa fenêtre, là-haut !

Et ce fût le clou pour terminer le petit séjour en beauté. Les enfants sont ravis, c'était juste la dose qui leur convenait. Pour moi il n'y a jamais assez de cette ville, mais je me mets à leur place...

Côté tricot, à part dans les aéroports pour tromper l'attente, dans l'avion et lorsque ces messieurs faisaient leurs ablutions, je n'ai pas vraiment eu le temps de prendre des aiguilles. Voilà la production du week-end (on ne se moque pas !) :

Thescarf1   

même pas un tiers d'une écharpe en diagonale multi-directionnelle (et sans boîte séquentielle)... Je vais me rattraper, car maintenant que nous sommes de retour à la maison, c'est une bonne façon d'occuper ses soirées, non ?

jeudi 12 mai 2005

"Papa, Maman a fait un gros bazar !"

Il n'y a pas de progrès fulgurant en tricot depuis la dernière fois. Les moufles russes ont avancé, mais ne sont pas terminées.

Mouflelampion3

Il manque un pouce à chacune et je crois bien que ça va rester comme ça jusqu'à la semaine prochaine car je n'arrive plus à localiser le jeux d'aiguilles ultra-courtes 2,5 mm, je n'ai pas le temps de chercher et je n'ai pas envie de me battre avec les plus longues pour cette petite circonférence. J'aime bien le contraste, les dessins sont assez fins pour que l'on voie les belles couleurs de la Regia, c'est tout ce qui me convient.

Pour répondre à Annie sur le gousset : je pense que je me suis mal exprimée. Ce que je voulais dire par la forme seyante, ce n'est pas celle du gousset, mais celle de la moufle. Je trouve qu'avec l'ouverture pour le pouce située sur le côté, c'est plus anatomique. D'autres moufles , comme celles-ci

September 

l'ont dans la paume et c'est moins "naturel" à mon avis, mais c'est esthétique aussi parce que le pouce se fond dans le décor. Il y a tellement de possibilités avec les pouces des moufles et des gants de toute façon que chacun peut trouver le modèle qui lui convient le mieux : situé sur le côté ou dans la paume, avec ou sans gousset, avec gousset très ou peu profond, évasé ou moins...

Sandrine m'a signalé qu'elle avait déjà tricoté la même paire exactement, Cécile les avait reconnues. Bref, il n'y a que moi qui n'avais pas repéré que c'était le même modèle... Et le pire, c'est que j'ai longtemps hésité entre 2 combinaisons : le coloris Lampion + noir et le coloris Papillon + bleu marine! Si j'avais opté pour la 2ème solution, les 2 paires auraient été pratiquement identiques. Ca plane pour moi...

Il y a 2 raisons qui font que je n'ai pas beaucoup tricoté ces derniers temps. D'abord la moins agréable : lorsque je suis rentrée de mes vacances en France, j'ai trouvé une grande enveloppe du Consulat Général de France à Zürich, qui contenait ceci :

Europe

que beaucoup d'entre vous connaissent, n'est-ce-pas ? J'avais déjà vu ce dossier chez mes parents et je me disais bien que l'on n'allait pas me rater non plus. Alors je me suis plongée dedans pour savoir de quoi il en retournait... Au secours ! Monsieur le Consul, Messieurs les Penseurs et les Politiques, chaque Français en âge de voter est vraiment censé lire, absorber, digérer ça et se forger une opinion en un mois avant d'aller aux urnes le 29 mai ??? J'en suis presque à regretter de ne pas être déchue de mes droits civiques (non, c'est une manifestation de mon désarroi, je vais voter pour avoir le droit de râler ensuite).

C'est ardu, ce pavé ! Il a été imprimé sur du papier cigarette ultra-fin pour tromper l'ennemi, et quand j'ai vu l'épaisseur du cahier et la finesse des caractères, j'ai pensé : "Ah ! ils ont fait comme en Suisse, ils l'ont traduit en plusieurs langues." Mais non, toute la prose est en français, enfer et damnation !

Il me reste un peu plus de 15 jours pour essayer de me faire une opinion et me décider pour "oui" ou "non". Ca va être du sport !

La 2nde raison, qui est la plus agréable parce que ça fait des mois que nous travaillons d'arrache-pied à la mise en plan de ce projet, ce sont les préparatifs d'un week-end particulier : une rencontre de membres de Tricot Nordique à Paris.

Tout est excitant dans ce projet : se retrouver avec une vingtaine de passionnées de tricot traditionnel, tricoter ensemble, voir, admirer, apprendre, partager, discuter d'une passion qui nous anime toutes. Les à-côtés qui font que c'est encore plus agréable : je vais être seule pour voyager, sans enfant pour m'interrompre pendant que j'aurai une conversation avec des adultes, pas de repas à préparer, de sentiment de culpabilité de ne pas être en train de repasser, de ranger ou d'astiquer quelque chose tout simplement parce que je ne verrai pas le travail qu'il y a à faire. Je serai loin de chez moi, où je laisserai mes soucis, mes angoisses et mon découragement.

La raison du titre de cette chronique :

Bazar

C'est ce que Gregory a aperçu en rentrant de l'école un après-midi de cette semaine alors que j'avais tout étalé pour évaluer le volume et la taille de la valise à prendre. Regard effaré... et bien sûr il a signalé ça à son père lorsqu'ils se sont parlé au téléphone plus tard. Il faut croire que pour lui c'est inadmissible que sa mère puisse mettre la table de la salle à manger dans un état pareil, même pour un court instant... ah ! ces réputations que l'on se forge involontairement !   

Donc tout est maintenant emballé : les ouvrages terminés que mes petites camarades aimeraient voir, les nuanciers divers, quelques livres, des échantillons de fils particuliers qui pourront être testés, les ouvrages en cours, le matériel pour y travailler et finalement, quelques vêtements de rechange et le nécessaire pour être à-peu-près présentable. Et quand je pense que chaque participante à cette réunion prépare ses petites affaires de son côté, ça laisse présager une autre forme de "bazar" quand nous allons nous retrouver, du beau "bazar"... j'ai vraiment hâte.

Et puisque nous en sommes à parler de "bazar", et aussi parce que nous sommes beaucoup à souffrir de ce syndrôme de l'achat compulsif ou du click-order (vous savez de quoi je veux parler), je vous laisse lire le texte et détailler chaque photo de ce reportage instructif. Je préfère vous avertir, c'est en anglais et même si cela se lit bien, il faut quand même avoir environ 20 minutes devant soi . Je ne fais aucun commentaire, je suis sans voix, et c'est rare.

J'espère que le CALT tombera sur cet article et nous donnera ses impressions : le "bazar" des tricoteurs et la façon dont ils envahissent l'espace vital du reste de la famille, de la compagne ou du compagnon ont-ils atteint ces extrémités ? 

J'aimerais bien commencer le débat maintenant, mais je dois encore faire quelques petites choses avant de m'envoler demain en début d'après-midi pour Paris, et j'ai beaucoup de mal à contenir ma joie. Bon week-end à tous et à bientôt pour de nouvelles aventures !

mardi 10 mai 2005

Petit crochet en Russie

Oui, du côté du peuple Komi...

Le moral est bas en ce moment. Manque de courage et d'appétit, le feu est là mais il est doux. De plus, je crois que je souffre d'une surdose de gros projets qui n'en finissent pas, une espèce de nausée, même. Alors j'ai mis ceux-ci de côté momentanément, en attendant les jours meilleurs qui vont (forcément ?) suivre la baisse de régime actuelle.

J'ai sorti plusieurs livres qui contiennent des projets de taille plus raisonnable qui me tentent depuis que je les ai en ma possession, j'ai passé du temps à les feuilleter, à regarder de plus près les modèles que j'avais déjà repérés. Le premier de ma petite liste est une paire de moufles :

Mouflelampion1

S'il y avait eu un concours, Maryse aurait presque gagné : des aiguilles 2,5 mm en bambou, de la laine fine et un ouvrage... qui compte ! Je n'avais pas encore rangé la Regia 4-fils coloris Lampion achetée chez Alysse Créations et je n'ai eu qu'à sortir une pelote déjà entamée de laine à chaussettes Froehlich noire.

Le modèle (n°21) est issu du livre Knitting Marvelous Mittens (Ethnic Designs from Russia) de Charlene Schurch. Il a également et antérieurement été publié sous le titre Mostly Mittens (Traditional Knitting Patterns from Russia's Komi People). Après une brève présentation géographique, culturelle et historique vient une partie purement technique suivie du modèle générique de moufle, proposé dans plusieurs tailles. Ensuite défilent les différents modèles avec leurs grilles et leurs particularités (échantillons, type de fil utilisé) pour lesquels il faut se reporter au modèle générique, puis 2 modèles de chaussettes et de bonnets. L'auteur explique aussi comment utiliser les grilles à grande échelle pour tricoter des ouvrages plus importants.

L'échantillon et la taille des aiguilles préconisés correspondent bien à ce que l'on obtient avec de la laine à chaussette, c'est plutôt fin, comme tricot. Et comme il est indiqué "fingering" et que l'échantillon correspond, je me vois bien finir les restes envahissants des différents coloris de Shetland 2 fils en tricotant d'autres modèles de cet ouvrage. C'est tout bénéfice d'avoir investi dans ce livre il y a quelques années. Et je regrette de ne pas avoir franchi le pas plus tôt.

Voilà le genre d'ouvrages qui me divertit et me convient parfaitement en ce moment : moins monotone qu'une chaussette (il faut dire que j'en ai quelques paires derrière moi et c'est un peu comme du pilotage automatique : j'ai fêté ma 50 ème paire cette année !), il est plus petit et moins astreignant que quoi que ce soit de type Fair Isle (2 pelotes seulement), il nécessite tout de même un peu de concentration pour suivre le diagramme, et je vois de belles couleurs qui sortent toutes seules de la pelote, petit plaisir dont je ne me lasse toujours pas.

Le petit détail qui fait la différence et me plaît, le genre de choses qui me fait me décider pour un ouvrage plutôt qu'un autre, le gousset pour le pouce, photographié ici au moment où les mailles situées entre les 2 marqueurs vont être mises en attente :

Mouflelampion2   

La forme me semble parfaitement adaptée à l'anatomie humaine, plus sophistiquée que certaines autres que j'ai déjà tricotées : le pouce est sur le côté, comme lorsque l'on pose sa main à plat. Une fois le "corps" de la moufle terminé, il ne restera plus qu'à reprendre les mailles du gousset mises en attente, en ajouter quelques-unes dans les coins, fermer et tricoter le pouce.

Ouvrage de petite taille qui m'apporte beaucoup de satisfaction et de la plénitude aussi. Et c'était le but de la manoeuvre.

dimanche 28 novembre 2004

Des sapins aux nénuphars

C'est la période de l'année que j'aime car Noël approche à grands pas et il y a cette atmosphère de préparatifs. Petit-à-petit les magasins et les rues s'illuminent, les marchés de Noël fleurissent et si les jours raccourcissent, on peut encore profiter de quelques moments où le temps s'y prête pour sortir et retrouver ensuite avec plaisir les activités d'intérieur.

C'est ce que nous avons fait depuis vendredi. Il y a eu le marché de Noël de l'école sur lequel les enfants avaient des stands et vendaient divers objets qu'ils avaient confectionnés depuis la rentrée scolaire : compositions autour de bougies de l'Avent, cartes de voeux, dessins... C'était en fin d'après-midi et il y faisait froid, mais tout le monde avait répondu présent surtout que le produit des ventes allait être intégralement utilisé pour remplir de livres leur nouvelle bibliothèque.

Le beau temps de samedi a permis une longue promenade en forêt, suivie d'une partie de Monopoly et d'autres jeux. Il n'aurait pas fallu que j'oublie de faire le gâteau du goûter qui faisait partie de la bonne journée.

J'ai été contente de pouvoir me reposer sur le canapé le soir, avec du jersey uni à tricoter parce que je ne pense pas que j'aurais été capable de faire quoi que ce soit d'autre. J'en suis presque arrivée au point où je vais commencer l'empiècement en couleurs.

Us9828nov

Presque... car comme j'ai la chance que mon fils aîné me dise exactement ce qu'il aime, et dans quel genre de tricot il se sent à l'aise, j'ai fait quelques légères adaptations. Tout d'abord, au lieu de les faire sur des aiguilles 2,5 mm comme indiqué dans le patron, j'ai tricoté les côtes sur des 3 mm, car l'intéressé n'aime pas avoir les poignets et le bas du corps trop serrés. Et je dois rajouter 5 cm (15 tours) de jersey uni aux dimensions originales avant de commencer l'empiècement pour que son dos soit bien couvert. J'exécute...

Parce que je ne peux pas résister bien longtemps à la tentation, j'ai aussi tricoté un bonnet Noro Beanie, avec le patron gratuit de Stephanie, en utilisant la pelote de Noro Shinano coloris #3 que j'avais prise dans la boîte European Oddment reçue au début du mois.

Shinanobonnet

Je voulais absolument tester ce fil, mais je ne sais toujours pas si j'aime. Les couleurs, ça c'est sûr, parce qu'elles me font vraiment penser à un tableau de Monet, le Bassin aux Nymphéas,  harmonie verte. Ca, c'est le gros soupir de regret de ne plus habiter à Paris et de pouvoir me rendre quand je le veux aux Musées Marmottan, d'Orsay ou à l'Orangerie.

Noro Shinano est un mélange 65% laine et 35% soie. C'est un fil très doux au toucher, mais en même temps, comme je n'ai pas l'habitude de travailler avec de la soie, je trouve qu'à la longue, c'est un peu raide et dur pour les mains car il n'y a aucune élasticité. Mais je dois reconnaître que le temps d'une pelote, ce n'était pas désagréable.   

Je me demande ce que ça donnera lorsque je déciderai de me mettre à Klaralund avec la Noro Silk Garden dans laquelle il y a un pourcentage encore plus important de soie. Malheureusement, je suis loin de pouvoir ne serait-ce qu'envisager même un échantillon...

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