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vendredi 18 avril 2008

Une éclaircie... les tribulations d'une Gauloise dans la contrée des Rösti

Tout d'abord merci ! Pour les mots gentils sur les ouvrages du billet précédent et aussi pour me remettre un peu sur les rails. Je pense comme Jean-Louis, qu'à la longue, je deviens pinailleuse. Je voudrais qu'ils soient irréprochables et parfaits, ces ouvrages, mais comme ils sont issus de travail humain, que bien entendu l'Homme est loin de l'être (et par conséquent, moi encore plus loin, puisque moi femme, donc sortie de la côte de l'Homme...), ça n'est pas possible. Mais je les aime bien quand même !

Et puis, j'aime bien savoir comment les tricoteuses et tricoteurs gèrent leurs travaux en cours. Pour moi, l'idéal est un seul et unique gros projet un peu complexe et un plus petit qui ne prend pas la tête pour les soirs où ça ne va pas pour se concentrer. Mais je me suis laissé tenter souvent et du coup, je me retrouve un peu submergée. Mon but est de sortir la tête de l'eau dans l'année pour reprendre le rythme idéal. Je l'annonce officiellement maintenant et mettrai le projet à exécution sous peu.

Je viens de voir cette semaine une lueur au bout du tunnel. Je croyais la cause perdue... Mais c'est un souci de moins, c'est toujours ça ! Il faut que je vous raconte : comme beaucoup le savent, je suis une immigrée. Je fus d'abord une Gauloise chez les Etats-Uniens, je suis depuis un peu plus de 7 ans une Gauloise chez les Helvètes, une irréductible qui résiste tant bien que mal, une francophone résidant en Suisse. Mais en Suisse Alémanique. Et ça, ça fait une différence ! Ce ne serait pas pareil en Romandie, mais ça n'a rien à voir avec la langue. C'est un autre monde, mais c'est un long et autre sujet.

En situation régulière jusqu'à il y a un certain temps, j'étais alors titulaire d'un permis de séjour, ce qui me permet de vivre avec mon mari et mes enfants, c'est quand même pratique, il faut le reconnaître. Quant ils me cassent tous les pieds (noooon ! ça n'arrive jamais, ils sont par-faits !), j'ai la possibilité de ne pas me livrer aux démarches nécessaires, de me mettre en irrégularité avec la loi et de me faire reconduire à la frontière. Elle n'est pas loin, l'Alsace à 1 heure de route, ça coûte moins cher que le charter, et puis de toute façon je ne sais même pas s'il y a des charters Zürich-Paris...

Or donc, après avoir été titulaire ces dernières années d'un livret pour étrangers de type B, appelé communément "permis B" (c'est celui qui vous donne le droit d'écraser des Helvètes en conduisant un véhicule léger), renouvelable tous les ans les 2 premières années, puis tous les 5 ans, voilà que le dit permis allait arriver à expiration le 21 janvier 2008. Diantre !

Dès le début du mois de novembre 2007, je reçois la lettre me signalant l'expiration prochaine ainsi que le formulaire de demande de renouvellement avec la liste de pièces à joindre. Je pensai en moi-même : "Fichtre ! Bien organisés et prévoyants, les Helvètes ! On voit qu'on est au pays de l'horlogerie, ça baigne dans l'huile." Je me suis empressé de faire le nécessaire dans les plus brefs délais, en prévision de la folie des festivités de fin d'année et de la course (et des courses !) qu'il y a toujours à cette époque. Et vogue la galère ! Ensuite, silence radio ! La conscience tranquille, j'avais même oublié...

Le 21 janvier dernier, date exacte de l'expiration de mon permis de séjour, je reçois un courrier de la Direction de la Sécurité du Canton de Zürich, bureau de l'Immigration, ces enveloppes grises en papier recyclé qui normalement n'apportent que des soucis et des contrariétés (les impôts, par exemple !) et là, surprise ! On me signale que ma demande de prolongation de séjour est prise en compte (NDLR : merci !), mais qu'il manque à mon dossier une pièce que personne ne m'avait demandée auparavant, un extrait de casier judiciaire suisse. Ah ! pourquoi ils n'ont pas tout demandé en même temps, les nigauds ???

Je remplis donc le formulaire joint au courrier, photocopie mon titre de séjour tout juste périmé, mon passeport français, vais payer à la Poste les frais administratifs* et joins mon récépissé au tout, puis poste l'ensemble le 22 janvier. Et j'attends... Re-silence radio !

* Oui, il faut payer quand on a besoin d'un papier en Suisse. Ca m'a coûté 20 Francs Suisses pour un unique exemplaire de casier judiciaire, qui était vierge, je précise. Parce que je ne connais pas les tarifs pour ceux qui ne le sont pas... ça doit forcément être plus cher, il n'y a pas de petits profits, et puis il y a l'encre.

Je signale au passage que pour que l'on donne suite à mon dossier, il était indiqué que je devais fournir l'extrait de casier judiciaire avant le 22 février. C'est là que ça devient intéressant...  On pense qu'un mois, c'est largement suffisant, mais la vie est pleine de surprises !

Parce que le 22 février, j'appelle la gentille dame du Service d'Immigration pour lui expliquer que malgré ma rapidité d'action, je n'ai toujours pas le papier demandé et que j'apprécierais que l'on ne me mette pas dehors tout de suite, vu que les enfants vont bientôt reprendre l'école et que j'aimerais autant être là. Et je m'entends dire qu'ils sont habitués du coup, que je ne dois pas m'en faire, que le bureau qui émet les extraits de casier est à Berne et que le temps qu'ils se bougent (ils ont la réputation d'être lents, dans le canton de Berne, ce sont leurs compatriotes qui le disent, pas moi !) et que le courrier fasse son chemin (Zürich-Berne, quelle aventure pour une enveloppe !), c'est un délai normal.

Le 23, le lendemain de ce coup de téléphone rassurant, hallelujah !, je reçois l'extrait désiré. Je m'empresse de le faire suivre aux autorités compétentes, bien sûr. Et nouvelle attente... Et la semaine passée, soit près de 2 mois après, le courrier m'indiquant que mon titre de séjour est à ma disposition au bureau du Contrôle des Habitants (si, si ! c'est comme ça qu'on dit ici) de la mairie de ma commune, et que contre mon titre de séjour actuel périmé, une photo d'identité et la modique somme de 65 Francs Suisses, je peux venir le retirer "aussi vite que possible" (sic !).

Et bien, parce que je suis une Gauloise qui résiste et qu'après tout il n'y a aucune raison pour que j'obtempère au doigt et à l'oeil, j'ai attendu hier pour le faire, tranquille, sans vitesse ni précipitation. Et encore, j'aurais bien attendu encore une paire de semaines, mais comme je dois quitter l'Helvétie pour aller séjourner en Gaule les 2 semaines qui viennent, j'ai pensé que tordus comme peuvent l'être certains, ils risquaient de me gauler (c'est le cas de le dire) en situation irrégulière à la frontière à mon retour et ne pas m'autoriser à rentrer en Suisse.

Franchement, ça fait suer ! Et encore, je suis un cas "facile" pour l'administration suisse, car je suis la seule non-titulaire d'un passeport suisse de la famille, car les autres membres, bien que pas Suisses du tout du tout, se sont mieux débrouillés et ont tous un passeport suisse, eux ! (Oui, mais moi, de toute façon, je n'en veux pas, du passeport suisse). Ils sont donc tous les trois mes "garants" de moralité.

Je connaissais les méandres de l'administration française que suivent les dossiers d'immigration pour avoir aidé dans leurs démarches un certain nombre de copains de pays d'origine divers, j'ai testé et fort mal vécu la complexité du système américain pour l'obtention de sa carte verte... et bien rassurez-vous, les Helvètes sont pareils. Rien à envier à personne !

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C'est l'objet du délit. Je suis depuis ce matin en possession d'un permis "C" (c'est marqué dessus !). A part me donner le droit d'écraser des Helvètes en conduisant un poids lourd, je ne vois pas bien quel avantage supplémentaire il me procure par rapport au permis B que j'avais avant, parce qu'il n'est également valable que 5 ans. En 2013, re-belote, quel bonheur !

Mais d'ici là, j'ai le temps de préparer ma contre-attaque, de chaparder des Petits Suisses dans les supermarchés du voisinage, d'aller vider mes ordures ménagères dans les forêts des alentours pour ne pas payer les sacs poubelle réglementaires de la commune (2,30 Francs Suisses le sac de 35 litres, ça vous dit quelque chose ?). Je vais tenter certains de ces délits créatifs, me débrouiller pour me faire pincer et pour qu'ils soient portés à mon casier judiciaire. Comme ça je connaîtrai le prix de l'extrait de non-vierge la prochaine fois que je devrai en demander un et pourrai vous le communiquer. Ca peut être utile, on ne sait jamais...

En attendant, les Helvètes devront me supporter encore 5 ans. Vu que je ne gagne pas lourd puisque je travaille à la vacation, je ne participe pas au remplissage des coffres des banques et je ne suis pas imposable à titre individuel (mais notre chef de famille se fait rincer pour nous, lui !). Je n'ai pas le droit de voter, juste celui de supporter des décisions aberrantes qui sont prises pour moi dans des domaines qui me concernent pourtant puisque je vis dans le pays. Mais ça ne m'empêche pas de l'ouvrir, et souvent : je râle, je conteste, je récrimine, je peste, je critique vertement et ouvertement... Ca ne sert à rien, mais ça me fait du bien !

Et en attendant, les Helvètes profitent quand même bien de mon séjour ici, car je participe au florissement de l'industrie chocolatière nationale en trafiquant moult tablettes de chez Villars, Cailler et Camille Bloch et quelques petits ballotins de truffes limitées au cacao sauvage (sic ! c'est marqué sur la boîte, des truffes limitées, c'est génial !) de chez Sprüngli dont je charge mon coffre de voiture dès que je me rends en France.

Ah ! il vaut mieux en rire, franchement... Mais c'est le genre de choses qui usent. Et c'est la seule que je vais vous raconter, rassurez-vous, mais il y en a d'autres, des choses qui contrarient, et bien plus importantes encore...

Heureusement, il y a le tricot ! Et bien c'est très calme depuis quelques jours, chez moi. Pas vraiment possible de faire autrement, à vrai dire, mais c'est mieux comme ça. Les Nutkin Socks suivent leur bonhomme de chemin :

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La 1ère est terminée et je viens de commencer la 2nde. J'ai apporté quelques petites modifications bénines. Hors de question pour moi de faire des rangs raccourcis, ni pour le talon, ni pour la pointe ! Je n'aime pas les talons en rangs raccourcis : je n'aime pas les tricoter, je n'aime pas les regarder, je n'aime pas les porter parce que la chaussette se retrouve en tire-bouchon dans ma chaussure et que c'est extrêmement désagréable, et que j'arrive par là-même à en faire feutrer de la laine Regia 4-fils pour chaussettes, il faut le faire !

Or donc talon en 3 parties et diminutions de cou-de-pied me permettant de retrouver 64 mailles pour le pied, pointe avec diminution tous les 2 tours pour finir avec 7 mailles sur chacune des 4 aiguilles et fermeture en grafting. 

Et je n'ai encore rien commencé d'autre. Mais je vais y réfléchir. Parce que les vacances scolaires ont tout juste commencé, et parce que nous partons dimanche pour séjourner "au pays". Il n'est pas question de me surcharger. Le coffre est grand et il y a de la place dans la valise, mais je ne suis pas très productive lorsque je suis là-bas : il y a beaucoup de choses plus importantes à faire. Donc ce sera léger et pas torture-neurones. Des chaussettes, c'est bien. Lesquelles, avec quel fil et en quelle couleur, je ne sais pas encore. Le choix se fera ce soir ou demain.

En attendant, je vous souhaite plein de bonnes choses et de beaux tricots en plus. A bientôt pour de nouvelles aventures si tant est que l'ex-immigrée en situation irrégulière n'ait pas encore un papier à fournir pour réintégrer ses pénates le moment venu.

PS pour le Docteur Monik : Vacances, oui ! Deux semaines, en plus ! En pension complète... mais pas de spa ni de massage au chocolat ou au raisin au programme ! Mais repos et activités d'extérieur, bonne compagnie, des jeux et aussi des excursions sans contraintes horaires. Je pense que ça peut marcher bien aussi... votre avis, Docteur ?

jeudi 17 avril 2008

Parlons plutôt tricot !

J'ai failli commencer ce billet par une manifestation de grognerie bien relevée. Mais j'ai changé d'idée ! Parce que ça ne sert à rien de toute façon et parce que tout le monde connaît ces phases où tout se ligue pour vous pourrir la vie.

Ce ne sont pas forcément des choses graves ni fatales qui vous frappent, c'est une accumulation d'ennuis de santé à s'occuper, de contrariétés, de plans bousculés, d'imprévus désagréables, d'urgences à traiter qui font que votre planning déjà bien serré, que vous aviez prévu et en prévision duquel justement, vous aviez bossé dur et organisé avec une marge de sécurité au cas où se retrouve anéanti en quelques minutes. Ce n'est pas le bon coup de gourdin derrière les oreilles qui assomme, ce ne sont que des petites choses qui ajoutées les unes aux autres vous minent et pompent toute l'énergie disponible.

Alors je vais arrêter de ronchonner, de pester contre les impondérables, les empêcheurs de tourner en rond, les bâtons qui se mettent accidentellement dans les roues, les ennuis, les soucis, les plans contrecarrés, les pépins, je vais arrêter de grommeler aussi (mais le premier qui osera évoquer les hormones en dents de scie se verra pourfendu par des aiguilles 1,5 mm, juré ! parce que ce n'est pas de ça du tout qu'il s'agit) et vous présenter ce que j'ai réussi à tricoter tant bien que mal pendant la semaine.

Rien de bien sensationnel, vu que pour couronner le tout, ou plutôt parce que ceci entraînant cela, non seulement je me suis fait une bonne migraine de derrière les fagots, mais en plus, un nerf sciatique que je connais s'est rappelé à mon bon souvenir ces dix derniers jours. Et vous savez quoi ? Je suis persuadée que par un réseau tortueux et secret, le nerf sciatique et le nerf optique sont intimement reliés, parce que la douleur que j'ai ressentie par moments m'a fait venir les larmes aux yeux... Diantre que ça peut faire mal quand ça veut !

Voici la Thoroughbred Vest terminée, sous différents angles et éclairages :

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Pas de photo sur pied, car mes photographes sont tous très pris : Senior est débordé, Junior 1 est momentanément invalide et Junior 2 a des activités beaucoup plus sportives et donc intéressantes que de prendre sa mère en photo. Mais elle va (ouf !), et comme elle n'est pas trop large et flottante comme d'autres, je pourrai la mettre sous un veste marron foncé que j'ai achetée l'automne dernier et ça rendra très bien. Et puis voilà !

Je ne suis pas satisfaite du tout de la qualité des mailles qui bordent l'encolure en V ni de l'aspect étiré qu'a la maille médiane de la bordure de côtes de la même encolure. Ca n'est pas net, tout ça ! Mais je trouve les coloris à tomber par terre et surtout la façon inattendue dont ils sont associés : du vert pâle et du saumon qui se touchent sur des fonds bordeaux et prune, il faut oser...

Comme il y a avec Rannoch, que j'ai fini de tricoter en octobre dernier, la paille de 11 coloris communs, j'ai d'abord tricoté avec les restes que j'avais avant d'entamer les écheveaux du kit de Thoroughbred. Ca peut paraître un peu pingre ou "cheap", mais je préfère rester avec moins de pelotes aussi pleines que possible qu'avec une flopée de petits pelotons maigrichons. Donc... j'ai encore des restes conséquents, c'est la sempiternelle histoire du pain et du fromage.

Pour des détails plus précis, c'est ici et là aussi.

Et Merike peut officiellement et réellement se tourner les pouces maintenant :

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Ca donne, hein, comme ça, de loin et en nature morte ? Attendez de voir en action pour découvrir des petites choses...

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Vous avez remarqué ? Les doigts sont un peu trop longs (mais je ne voulais pas couper le motif qui court tout le long en son milieu ou nulle part d'autre d'ailleurs), le pouce un peu trop large, et les trou-trous disgrâcieux de base de doigts et autres petits recoins. Voici un plan rapproché de ces derniers, parce que ce ne serait pas honnête de cacher ce qui ne va pas...

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De loin, ils peuvent faire illusion, mais de près, on voit qu'ils ne sont pas aussi propres qu'ils ont l'air. Ca fait bricolage, hein ? Et pourtant j'ai essayé d'attraper les fils dans les coins, de tricoter torse les mailles relevées pour boucher les trous... Dommage !  Le côté positif est qu'ils sont beaucoup plus nets que la 1ère paire de gants que j'ai tricotée. Il y a du progrès, mais encore beaucoup de travail d'apprentissage à accomplir. Le chemin est long... il faudra que je remette ça.

Je ne sais pas pour vous, mais quand je viens de terminer des ouvrages, surtout un que j'ai négligé pendant longtemps, je me sens du courage pour taper dans la butte des ouvrages abandonnée et aussi un certain appétit pour essayer autre chose. Et surtout, cela me conforte dans mon idée que je ne suis bonne qu'avec un seul ouvrage à tricoter à la fois et d'une traite, pas par petits morceaux. Je vois ce qu'il me reste à faire... (soupir résigné).

Et chez vous, ça se passe mieux en vous éparpillant et en voltigeant gaiement d'un ouvrage à un autre simultanément ou alors en vous concentrant exclusivement sur un seul jusqu'à ce qu'il soit complètement terminé ? Juste curieuse...

samedi 12 avril 2008

A deux doigts...

Ma semaine de tricot, et également celle qui va suivre, d'ailleurs, peuvent se résumer à ceci :

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- la Thoroughbred Vest d'abord : elle est passée par le stade "l'affaire est dans le sac", bien renfrognée et crispée,

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et après quelques lignes de mailles coulées au crochet, des petits coups de ciseaux là où il faut pour trancher dans le vif du sujet, elle est en à "ouf ! je respire",

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mais elle a encore besoin de petits éléments décoratifs, appelés bandes d'emmanchures et d'encolure et d'un petit bain de beauté. Ce n'est pas bien méchant, et surtout, ça a l'avantage de n'être que du tricot et du peaufinage.

- les gants de Merike, ensuite : on dirait bien que je suis à deux doigts de pouvoir me tourner les pouces...

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Ah ! elle est bonne celle-là, hein ? Je n'ai pas pu résister, il a fallu que je la place. A ma décharge, il faut dire que c'était l'occasion ou jamais ! Mais en grande courageuse, je la glisse dans le milieu du texte, pour que ça ne passe pas trop aperçu.

En parlant de doigts, voici le sommet de l'un de ceux des gants de Merike :

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C'est joli, ça s'appelle une "terminaison en coeur de fleur d'arbre" ("heart of a blossom closure" en V.O.). Une expression beaucoup plus poétique que de décrire la technique qui consiste à passer le fil dans les mailles qui restent une fois les diminutions terminées et à tirer pour fermer le tricot. J'aime beaucoup ce genre d'expressions...

Il y a des rencontres qu'on aurait aimé faire plus tôt. Personnellement, j'aurais bien aimé connaître Nancy Bush et la partie technique de ses livres lorsque j'ai tricoté ma 1ère paire de moufles utilisant la méthode qui consiste à tricoter un fil de couleur différente pour marquer la future ouverture du pouce. Ca m'aurait évité un carnage quand j'ai voulu "dézipper" en enlevant le dit fil pour récupérer les mailles du bas et surtout celles du haut de l'ouverture !

Là, avec le schéma de la page 54 de Folk Knitting in Estonia, il n'y a qu'à se laisser guider et imiter, les illustrations sont parlantes et tout se passe bien, en trois étapes, c'est chouette ! Et encore quelque chose de plus d'appris !

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Et voilà, yapluka (NDLT : il n'y a plus qu'à...) réussir la même chose pour le pouce de l 'autre main et tricoter encore quelques petits tours !

L'objectif dans les jours qui viennent est bien sûr de terminer ces 2 ouvrages, car ils ne sont vraiment plus très loin de passer du stade de travaux en frîche à celui de projets menés à terme (lentement mais finalement !).

Bon dimanche et bonne semaine à vous qui passez par ici ! A la revoyure !

dimanche 06 avril 2008

Quand je veux, je peux ! Enfin du moins, j'essaie...

Je vous remercie beaucoup pour les commentaires que vous m'avez laissés ici ou adressés en privé concernant les chaussettes du billet précédent, ils font chaud au coeur. J'étais déjà heureuse d'avoir terminé ces jolies petites choses, mais le fait que plusieurs d'entre vous soient enthousiastes (et que certaine se soit même jetée sur une paire de chaussettes de la même créatrice le soir même, he he...) rajoute encore à mon petit plaisir et le prolonge. Donc, merci encore !

Je ne sais pas quelle mouche m'a piquée, mais je suis bien piquée. J'ai passé ces derniers jours à me consacrer à ce que j'avais en cours et qui lambinait un peu trop à mon goût. Ce n'est certes pas pour demain que ma liste d'O.M.D. (= Objets Momentanément Délaissés) va être réduite à néant, mais j'y travaille.

Je dois avouer qu'après avoir fini les chaussettes New England, mon instinct naturel me poussait à me jeter sur une nouvelle paire de chaussettes du même livre ou bien de Knitting Vintage Socks, mais en place, non ! j'ai été bien sage.

D'abord la Thoroughbred Vest : après avoir été délaissée pour de bonnes raisons (pas transportable et surtout pas de temps à lui consacrer pendant le long congé de Pâques), je l'ai tout simplement occultée. Mais j'ai décidé de me replonger dans ses beaux coloris et le rythme du Fair Isle.

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Il m'aura fallu du temps, mais j'ai finalement atteint les emmanchures, celles-ci sont définitivement creusées et le reste suit son cours.

Pour des raisons purement mathématiques et anatomiques, ce gilet sans manches sera légèrement plus court qu'initialement prévu dans le modèle (60 cm pour la taille 2 que je tricote) :

- anatomiques (ou physiques ???) parce qu'avec la large bande de côtes qui resserre, il n'est pas seyant qu'il arrive trop bas sur mes hanches (mais c'est une rengaine que vous avez déjà entendue ici), 

- mathématiques, parce qu'avec le diagramme de 32 rangs et ma maniaquerie concernant la façon dont le raccord du motif se fait sur l'épaule, je ne peux (ne veux, surtout !) terminer le corps que sur le tour 16 ou le tour 32. Donc plutôt que d'avoir à rajouter 2 cm en longueur pour pouvoir terminer sur le tour 16, je sacrifie 3 cm afin de clore sur le tour 32 du motif précédent.

L'ouverture de l'encolure en V se fera bientôt, un tout petit peu plus haut, car c'est comme cela qu'est conçu le modèle. Comme ça change de ce que j'ai déjà dans ma garde-pull, je vais garder l'encolure originale.

Ensuite les Merike's Gloves qui ont bénéficié du sursaut de lucidité qui m'a frappée...

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Franchement, je ne comprends pas comment j'ai pu me laisser décourager l'année dernière à la même époque.  Le plus "pénible" (et encore !) est de relever des mailles dans la base du doigt voisin et de tricoter les 4 ou 5 premiers tours car la proximité du dit doigt voisin gêne un peu pour les manipulations de départ, surtout pour maintenir une tension ferme et régulière.

Ensuite, bien sûr, la circonférence des doigts est minime et ce n'est pas ce qu'il y a de plus confortable à tricoter, mais franchement, j'ai exagéré car ce n'est rien d'insurmontable et même plutôt agréable de voir monter sur chacun des doigts le petit motif dans la continuité de celui de la main.

Encore un exemple d'ouvrage que j'ai abandonné lâchement et sans aucune raison valable et je le regrette. C'est un des moments où je me mettrais des claques. En fait, je m'en mets, mais d'abord, je m'insulte et me tance vertement et tout haut (qui a parlé de schizophrénie ???).

Dans la série "petits ouvrages", parce que les gants, surtout de cette couleur, sont difficilement transportables dans mes périples quotidiens à droite et à gauche, j'ai commencé un ouvrage de compagnie qui séjourne essentiellement dans le coffre à gants de la voiture et meuble mes attentes dans les salles prévues à cet effet, lors des entraînements divers ou des retards éventuels des juniors (et du senior, si jamais, il vaut mieux être prudent...) : les chaussettes Nutkin.

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Je l'avais repéré il y a un mois ou deux alors que je furetais à la recherche d'inspiration sur Révèlerie. J'avais pensé que ce ton de laine à chaussettes Zitron Trekking XXL (coloris 147) que j'avais en stock et envie de tricoter devrait bien convenir, puisqu'il est recommandé d'utiliser un fil aux "subtils changements de coloris". Pour celui-ci, la base est bordeaux-rose-violacé et c'est l'ajout de coloris différents qui fait la différence... Est-ce assez "subtil" ? L'avenir me le dira.

Pour l'heure, le modèle, le fil, le coloris et moi nous entendons très bien, merci ! Ca n'avance pas vite parce que je n'y travaille pas beaucoup, mais le motif très simple à réaliser et qui fait son petit effet n'est pas monotone comme peut l'être du jersey uni. C'est une affaire qui marche !

Et puis, toujours en furetant sur Réveillerie, j'ai trouvé un autre modèle de chaussettes qu'il me plairait bien de tricoter, les Twisted Hourglass Socks de Robin Griffiths.  Il y a des mailles torses (hmmmm !), des diminutions pour la cheville (aaaaah ! j'expire) et c'est écrit pour 2 tailles : homme et femme. Je ne peux pas mettre un lien vers les explications, car c'est à télécharger sur Ravellerie uniquement, mais si vous êtes en quête d'un modèle gratuit de chaussettes, vous les trouverez facilement à l'aide du moteur de recherche du site.

Ce qui me fait penser qu'il va vraiment falloir que je dresse un plan de campagne précis et procède par ordre car il y a tellement de modèles de chaussettes que je voudrais tricoter que je ne sais pas encore par le(squel(s) commencer. Plutôt que de me disperser, je préfèrerais faire ciblé, judicieux et ordonné, ça changerait !

Sur ce, bon dimanche à tous et excellent tricot avec de beaux projets sur les aiguilles ou en perspective !

NDLR : Les photos ci-dessus ont été prises hier en fin d'après-midi alors qu'il y avait de la bonne lumière dehors. Parce que ce matin, le ciel est bien bouché et il neige dru, même si ça ne tient pas au sol. Par Toutatis, quand pourrons-nous "déchausser" nos voitures de leurs pneus d'hiver ???

mercredi 02 avril 2008

Escale en Nouvelle Angleterre

Qu'il est doux de ne rien faire et de savourer le moment où l'on vient de terminer un ouvrage pareil, surtout lorsque l'on est autant enthousiaste...

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La paire de chaussettes New England, modèle de Nancy Bush extrait de son livre Knitting on the Road, tricotée avec des aiguilles 2 mm.

Le fil : marque Trio, qualité Soft Socks with Cashmere (65% laine, 27% polyamide, 8% cachemire), 50 gr / 205 m, coloris # 12 vert paon (c'est moi qui l'ai baptisé ainsi, donc prudence !). Cette qualité n'est malheureusement plus produite actuellement.

Nous avons encore le montage "à double départ", avec fil double. Joli, cet élément décoratif qui permet aussi d'avoir un montage souple :

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La pointe est un petit bonheur aussi. J'avais vu cette forme en photo, mais jamais réalisé moi-même. Ca m'intriguait, cette façon de faire les diminutions pour former la pointe de la chaussette sur le côté gauche de chacune des 4 aiguilles. Voilà ce que ça donne en images :

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Ca me semblait un peu limite, et j'avais de ces a priori et autres préjugés défavorables, tous mauvais payeurs, car cela s'avère anatomiquement correct. Si tant est que les chaussettes soient à la taille de celui qui les porte, bien entendu, ce qui n'est pas le cas ici. Mais cela n'a aucune importance, car ce sont mes pieds sur les photos, fort rudement serrés dans ce modèle tricoté avec cet échantillon. Or je ne suis pas la destinataire de cette paire inadaptée à mon anatomie pédieuse, donc tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes !

Maintenant parlons du talon. Je l'ai tricoté tel qu'il est indiqué dans les explications. Il est renforcé par mailles glissées alignées verticalement. Mais il se trouve que dans chacune des pelotes, j'ai trouvé une bobine d'un fil de renfort soyeux de la même couleur exactement que le fil à chaussettes.

Bobine

Irrésistibles, ces petites choses, vous ne trouvez pas ?

Alors, est-ce mon éducation ("tu utiliseras ce qui t'a été fourni et pour lequel tu as payé le prix !") ou alors une fantaisie expérimentale de ma part ? Je n'en sais rien... Toujours est-il qu'il a fallu absolument que je l'utilise. En gros plan, c'est parlant :

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(NDLR : Ce n'est pas seulement quand le poids des bougies dépasse celui du gâteau que l'on s'aperçoit que l'on commence à vieillir méchamment, mais aussi lorsque l'on se livre à d'étranges et inhabituelles contorsions en essayant de prendre l'arrière de son propre talon en photo pour les bienfaits de la cause. C'est moche de vieillir et de perdre en souplesse !) .

En vérité, je vous le dis, j'ai un peu charrié quand même car le talon renforcé par les mailles glissées aurait été largement suffisant. On ajoute à ça que les 2 fils étaient tricotés ensemble sur des aiguilles 2 mm alors que j'avais déjà quelque chose de ferme avec un fil simple et on se retrouve avec un talon ultra-blindé qui n'aurait rien à envier aux matériaux et à la technologie modernes.

Je pense d'ailleurs que si Achille le Grand Myrmidon m'avait connue et fréquentée et que j'avais donc eu l'occasion de le fournir en paires de chaussettes tricotées main (pratique, pour mettre dans les sandales !) avec des talons de ce type, la flêche décochée par Pâris ne l'aurait pas atteint comme elle l'a fait et les événements de la guerre de Troie auraient pris une toute autre tournure. Ah, modifier le cours de l'histoire, le pouvoir du tricot de la chaussette est donc infini... 

Juste un petit quelque chose qui me chagrine : avant de commencer à tricoter ces chaussettes, j'ai fureté sur le net pour glâner tout ce que je pouvais comme errata. On n'est jamais trop prudent. Je me suis rendue ici (oui, oui, il y en a des corrections pour les 1ères éditions de ce livre !) et ai comparé avec ce que j'avais dans mon livre, qui est une édition récente et il semble que les corrections consignées sur cette page y figuraient déjà. Bon, très bien, j'y suis allée confiante.

Mais... je n'ai jamais réussi à faire ce qui est indiqué au début du paragraphe "turn heel". Pour mon spécimen, j'ai dû faire "Turn heel, row 1 : Sl 1, k1 over 20 (pas 21 !) sts, ssk, turn". Si j'avais fait ce qui est indiqué, le talon d'Achille n'aurait pas été centré. C'est étrange, d'autant j'ai eu le même cas de figure pour les 2 chaussettes. Aurais-je foiré 2 fois consécutives et de la même façon ???

Enfin, bref ! passons, c'est une broutille, je suis ravie par ce modèle pilote et m'est avis qu'il ne va pas tarder à être suivi par une mini-série d'objets du même type et de la même créatrice. Je me sentais déjà bien en phase avec les créations de Nancy Bush en admirant les photos dans les livres, mais c'est encore pire en en ayant tricoté.

Qui a osé dire que je ferais bien de reprendre les gants de Merike que je n'ai pas touchés depuis un an et qui sont donc toujours en attente de doigts ?

Merike

Non, ils ne sont pas perdus, ni détricotés. Ils sont juste en attente de dispositions idoines pour les mener à leur terme. C'est élégamment dit, n'est-ce pas ? L'art d'embobiner, sans doute...

Leur tour viendra bientôt. En attendant, je savoure... j'aurai éprouvé autant de plaisir à tricoter ces chaussettes New England qu'à admirer le produit fini.

Newengland7

C'était le petit air de printemps pour clore ce long billet. Toutes mes excuses à vous qui êtes passés par ici aujourd'hui et êtes allergiques à la chaussette, vous n'aurez pas été gâtés par la prose et les photos du jour, mais moi je suis une fanatique !

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juin 2008

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