Rosemarkie, la suite (toujours pas la fin...)
Les semaines se suivent et ne se ressemblent pas. C'est comme les bordures de point mousse bicolore tricotées en rond qui ornent certains ouvrages Fair Isle : * un tour ça va, un tour ça va pas, recommencer depuis * ad lib...
Les férus du tricot Fair Isle qui ont la même aversion que moi pour la réalisation de ces petites décorations sauront bien de quoi je parle : on souffre un peu en les faisant, on prend son mal en patience en aspirant au moment béni où elles seront terminées (et où l'on pourra passer à quelque chose de plus gratifiant, comme le motif, par exemple), on les trouve magnifiques quand elles le sont, et après on se dit que finalement, ce n'était pas la mer à boire... Ca marche à tous les coups, c'est un éternel recommencement.
Le quotidien, c'est pareil... J'aspire à un peu de routine, parce que là, c'est une semaine phase délicate et chargée, donc le tricot passe en arrière-plan. Même avec les meilleures intentions du monde, il m'a manqué le temps et l'assiduité pour faire avancer les choses.
Rosemarkie a un corps, et ses épaules sont rattachées. Le patron laisse à celle ou celui qui le tricote la possibilité d'arranger à sa sauce. J'aime bien ça : pas d'explication didactique comme "tricoter ... tours, puis au tour suivant, placer les steeks d'emmanchure", mais plutôt "quand vous avez atteint une hauteur totale de ... cm, placer les steeks d'emmanchure". A chacun de faire ses petits ajustements en fonction de son échantillon, de la hauteur souhaitée et de l'endroit où il souhaite faire se raccorder le motif sur l'épaule.
Pas de souci a priori. Je voulais que les épaules soient raccordées au milieu d'une bande des coloris Clover ou Sundew, parce qu'ils sont les "pivots" dans la gamme du fond. Avec la hauteur qu'il me fallait, ce fût le coloris Sundew qui allait être choisi. Et ça tombait impeccable pour la hauteur...
Seulement, j'ai complètement négligé de contrôler les calculs pour que les motifs s'emboîtent pile-poil sur le raccord de l'épaule et reforment un motif. Alors, soit je me suis plantée sur toute la ligne (pourtant, d'un point de vue purement arithmétique, c'est juste), soit ça n'était pas prévu comme ça dès le départ. Je n'en saurai jamais rien, parce que pour des raisons diverses, variées et strictement personnelles, il est hors de question que je démonte jusqu'en-dessous des emmanchures pour reprendre les calculs et magouiller quelque chose qui ferait que !
L'étendue des dégâts en images :
Ce n'est pas ce que je préfère et certainement qu'il y a encore quelques mois, j'aurais attrapé l'ouvrage et rageusement démonté la partie incriminée pour recommencer après avoir fait des calculs pointus et les avoir contrôlés X fois. Seulement les temps changent, et ma vision des choses aussi. Ma maniaquerie fait place à une espèce de laisser-aller fataliste. Ce qui ne veut pas dire que je ne vais pas essayer de continuer à améliorer la qualité de mon tricot ou ne faire dorénavant que du travail de sagouin. Non, c'est juste que là, pas envie du tout, il n'y a pas d'autre explication !
Après avoir, pour quelques ouvrages antérieurs pour lesquels il y avait des emmanchures creusées ou des diminutions de chaque côté du col, essayé de trouver une solution pour faire disparaître le soulignement de l'arrondi en utilisant différentes méthodes et obtenu des résultats certes acceptables, mais pas parfaitement invisibles, je suis revenue à la méthode première indiquée par Madame Starmore. J'ai donc fait "comme elle a dit la dame" et voici un détail de ma 1ère emmanchure :
Les mailles des bordures ont été relevées dans la lisière de la bande à couper, donc celle située juste à côté des diminutions donnant sa forme à l'emmanchure. Curieusement ici, ça ne me choque pas comme sur certains autres ouvrages que j'ai tricotés par le passé en utilisant cette même méthode, c'est bizarre ! J'ai peut-être eu la chance que la diminution apparente ait toujours eu la même couleur que la 1ère maille du motif située juste à côté et qu'en plus du relief créé par la diminution, il n'y ait pas une différence de coloris qui attire encore plus l'oeil. Va savoir...
J'ai monté le nombre prescrit de mailles tout autour de l'emmanchure, tricoté avec les aiguilles 3,25 mm comme il est indiqué dans les explications (les mêmes aiguilles utilisées pour le jacquard), alors que la bande de côtes du bas était réalisée en 3 mm. J'ai réparti régulièrement les mailles tout autour, sans espacer plus au niveau de l'épaule, et j'ai serré fortement pour rabattre les mailles.
Pour l'instant, la forme a l'air bien, on dirait (c'est bien un conditionnel) que c'est anatomiquement correct. Si j'ai de la chance, une fois que le tricot aura été mouillé et séché en forme, je garderai peut-être cette forme de bordure qui m'éviterait d'avoir des épaulettes ailées façon année '80.
Je n'ai aucune nostalgie d'Aktarus et Goldorak, des robes anti-carénées de Sue Ellen et Pamela dans la fameuse série dont on nous a tant rebattu les oreilles. On va penser que c'est une obsession, mais je trouve vraiment ça disgrâcieux, c'est juste une affaire de goût. D'autre part mon opinion est que c'est carrément inhumain que les créateurs de mode nous aient obligés à porter ça à une certaine période, donc je ne veux pas recréer moi-même ce style.
Il ne me reste pas grand-chose à faire pour que ce gilet sans manches soit terminé, juste la longue bande de boutonnage et du peaufinage. Ca devrait pouvoir se faire d'ici à la fin de la semaine, mais rien n'est jamais sûr, n'est-ce pas ?
Que cette seconde moitié de semaine vous soit douce ! Et sortez couverts, les hauts et les bas du mercure jouent de méchants tours par chez nous.

















