jeudi 15 mai 2008

Chocolat noir et les pieds dans la Mer Baltique...

Parce que parfois un peu de tricot calme et sans accroc fait du bien quand le reste va un peu vite et rebondit irrégulièrement, je suis heureuse de trouver cet équilibre avec les 2 ouvrages auxquels je travaille en ce moment. En images :

Pièce à conviction n°1 : La jambe de la 1ère Conwy Sock au repos (longiligne, n'est-il pas ?)

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J'avais écrit précédemment que ce point était consommateur de temps. Il est aussi consommateur de fil. La jambe au repos mesure 24 cm depuis le rang de montage jusqu'au début du talon.

Pièce à conviction n°2 : La jambe de la 1ère Conwy Sock en action (déjà plus anatomiquement correct...)

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J'ai la chance que ce modèle de forme à chaussettes soit exactement à la taille des pied de la plupart des destinataires mâles pour lesquels je tricote, sans cou-de-pied hyper-large ni mollet gonflé aux hormones comme ceux des poulets, donc je suis sûre de mon coup.

Et là, je vois qu'en étant étirée comme si elle était réellement portée, ce que l'on prend en largeur se perd effectivement en longueur (c'est puissant, comme remarque, ça ! Encore une qui n'a pas inventé l'eau tiède !), car la jambe de la chaussette ne mesure plus que 20 cm depuis le rang de montage jusqu'au début du talon.

Ca rallonge le plaisir, parce que j'aime beaucoup tricoter ce fil et ce petit motif, c'est fin et précis et très méditatif.

Pièce à conviction n°3 : l'état actuel d'avancement des travaux sur la 1ère Conwy Sock. Le résultat me plaît énormément et ce sont ici, du moins sur mon écran, les coloris fidèles.

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Gros soupçon (ou présomption ?) : Il me reste encore une bonne surface à couvrir en point fantaisie avant de pouvoir commencer la pointe en jersey uni qui devra théoriquement mesurer 5 cm. Mais surtout il ne me reste que ce petit peloton pour finir la 1ère chaussette ! Je pense avoir suffisamment pour habiller des pieds chaussant du 43, mais qu'en serait-il de pieds plus longs ? La suite au prochain numéro...

A part ça, il y a le pull au chocolat noir... Celui-là avance bien, sans heurts ni fracas. Mais mes yeux se fatiguent vite, car le coloris est vraiment très foncé et j'y travaille le soir à la lumière artificielle. Ce serait plus facile si je pouvais tricoter cet ouvrage dans la journée, car à la lumière du jour, le coloris rend différemment et se teinte d'une espèce de ton de prune, c'est surprenant.

Chocolat4 

Les motifs constitués uniquement d'alternance de mailles endroit et envers sont faciles à faire et très agréables à tricoter et à regarder. Encore un ouvrage qui va prendre de l'envergure au blocage, car ces petits dessins aussi resserrent beaucoup le tricot.

Je viens de commencer la 1ère manche. Le corps est fini, et j'ai poussé un gros ouf de soulagement, car je n'ai utilisé que 5 pelotes pour ce faire, ce qui m'en laissait 5 pour le col et les 2 manches. Mais je dois démonter le haut du col, car j'ai trop serré en rabattant les mailles et le passage de la tête n'est pas agréable au destinataire. Nous en sommes donc là tous les deux :

Chocolat3_2

J'ai apporté des petites modifications sans importance :

1) je n'ai pas tricoté le dernier rang de la grille (qui est en jersey uni endroit), car je l'ai jugé superflu puisqu'il m'empêchait d'avoir la même séquence 2 rangs endroit / 2 rangs envers / 2 rangs endroit entre les différents motifs en relief. La grille est donc réduite à 55 rangs au lieu de 56.

2) les mailles de l'encolure devant et dos n'ont pas été rabattues, mais mises en attente pour être relevées ensuite pour tricoter le col.

3) j'ai "trichouillé" sur les dimensions données en jouant avec les motifs pour pouvoir rabattre les épaules sur 3 aiguilles après avoir tricoté le rang 30 du diagramme, me permettant ainsi de reconstituer les 2 rangs de jersey envers et d'avoir une continuité dans le motif. Pure maniaquerie, j'en conviens, mais c'est comme ça que je vois les choses.

Le montage ne devrait pas présenter de difficultés. Le bas du corps et les manches sont tricotés en rond, autant de coutures que je n'aurai pas à faire ! Il n'y a que le haut du corps qui ait été tricoté en allers et retours, avec des emmanchures creusées. Ce sera le cas aussi pour la tête des manches, et ce sera la seule partie que j'aurai à coudre, lorsque j'en serai à rattacher les manches au corps. Et ça, c'est vachement bon !

Tout suit donc son petit train-train. Mais en regardant les photos que je poste ici, je me dis que tout ceci est soit très foncé, soit un peu mystérieux comme la Mer Baltique. Or j'ai envie de gaîté et d'éclaboussures de couleurs. Je pense donc que les prochains ouvrages seront plus vifs et/ou plus clairs, histoire de changer un peu et de ménager mes yeux. Maintenant, quelles couleurs et quel type d'ouvrage, allez savoir !

samedi 10 mai 2008

Les Conwy Socks, l'éternel retour...

Le moral dans les chaussettes, moi ? Mais non ! Certains font dans la layette, font (ou ne font pas !) dans la dentelle, moi, c'est dans la chaussette... du moins en ce moment. A chacun son truc !

Si vous lisez mes chroniques sporadiques depuis que je les écris irrégulièrement, vous vous souviendrez peut-être que je me suis déjà livré à des essais peu concluants pour trouver le coloris idéal à mon goût pour tricoter les Conwy Socks, un modèle de chaussettes qui m'émeut (si, si, n'ayons pas peur des mots !) depuis que j'ai feuilleté le livre Knitting on the Road.

Conwylltuscany Conwyregiahavanna_4

Ce ne sont que deux exemples, les seuls dont j'ai pu retrouver une photo, mais il y en a eu d'autres, non photographiés et que j'ai détricotés parfois rageusement...

Voilà que l'envie de Conwy me reprend. C'est cyclique et j'ai même l'impression que c'est un peu tous les ans à la même époque. Sigmund (Freud !) aurait certainement une explication pour ce phénomène, mais il découvrirait tellement d'autres particularités, certaines inquiétantes peut-être sûrement, que je préfère m'en écarter et revenir à mes chaussettes...

Il se trouve que j'ai reçu en cadeau l'an passé un magnifique écheveau d'un fil que je ne connaissais que sur l'écran...

Seacoast1

C'est beau, hein ? C'est de la Seacoast Hanpdainted, qualité Panda, coloris Ambergris.

Seacoast2

Quand j'ai eu déplié la petite merveille et au vu des séquences de couleurs, je me suis dit que je pourrais peut-être faire une tentative pour l'objet du délit. Et hop ! c'est parti...

Conwyambergris

Et alors là, j'ai tout arrêté. Pas que l'essai ne me plaisait pas pour les Conwy Socks, mais la façon dont les couleurs de l'écheveau se plaçaient sur ce début de chaussette a provoqué chez moi un déclic (oui, oui, j'en ai encore parfois !!!).  C'est exactement ce que je recherchais pour un autre modèle qui me fait envie depuis qu'il a été publié et sur le cas duquel je ne m'étais pas encore penchée de façon intensive.

Donc, j'ai sacrifié les timides débuts des Conwy, j'ai rembobiné ce fil doux et divin, et je l'ai rangé. Oui, oui, il reviendra plus tard dans une autre incarnation.

Parce que mon obsession, ce sont les Conwy Socks ! Ah, c'est un fait, je suis têtue et obstinée et je ne lâche pas le morceau comme ça. J'ai continué ma quête. L'essai suivant a été le bon et elles sont donc actuellement en cours.

Conwybaltic1 Conwybaltic2

Tricotées sur des aiguilles 2,25 mm avec de la Lorna's Laces, qualité Shepherd Sock, coloris Baltic Sea.  Pas très parlantes,  les photos ?

Voilà un plan rapproché sur ouvrage un peu étiré :

Conwybaltic3

A moi, ça me plaît, et au moins je vois quelque chose dans le motif qui, bien que facile à mémoriser et à tricoter est tout de même très consommateur de temps. Donc, je garde le couple nouvellement formé et vais y travailler.

Un bon et long week-end ensoleillé et reposant à tous !

mardi 06 mai 2008

En mai...

on peut officiellement faire ce qu'il nous plaît, non ? De toute façon, même si ce n'est ni homologué, ni dans le manuel, j'ai décidé de le faire quand même...

Deux semaines de vacances au pays passent vite. Les conditions météo n'étaient pas de la partie pour faire dans la région toutes les excursions que nous avions planifiées. Ce sera pour une prochaine fois. Il y a eu quelques jours de vrai grand beau temps, que nous avons passées dehors, parfois à crapahuter, parfois à profiter du jardin. Ma place favorite est sur le banc près du lilas, pour la vue et l'odeur...

Lilas1 Lilas2

(L'appareil ayant parfois été manipulé par des petites mains à la propreté douteuse et garnies de doigts dont la fâcheuse tendance est de se poser sur l'objectif, il nous fait ici un flou que la rédaction préfère qualifier d'artistique. NB : Au vu des photos prises pendant le séjour, la même rédaction s'est rendu compte que quelque chose clochait et a depuis nettoyé la partie incriminée...).

Mais j'ai surtout passé mon temps dans ce petit coin de verdure à rattraper le retard de saine lecture en langue française que j'avais accumulé, en me plongeant dans les revues et autres livres que des parents attentionnés se chargent d'empiler à mon intention pendant mes mois d'absence. Je regrette de ne pas avoir pu terminer par manque de temps les Dossiers du Canard du mois d'avril, avec sa prose édifiante et sa documentation en béton, comme d'habitude, cette fois-ci consacré au président de la République Française. Je l'ai laissé à son abonné qui n'avait pas encore eu le temps de le lire, mais ce n'est que partie remise et ce sera pour le prochain séjour... parce que l'on n'est jamais suffisamment informé sur ces gens qui nous gouvernent.

Alors, côté tricot, bien sûr, c'était roue libre ou pédale douce. Finies, les Nutkin Socks :

Nutkin1 Nutkin2

Elles ont tellement plu à ma mère qu'elles vont être pour elle. Je les ai rapportées chez moi pour les bloquer avec les instruments, mais je les lui remettrai la prochaine fois que je la verrai. Vraiment un modèle sympa à tricoter, à porter (paraît-il !) et à regarder...

Cela fait la 3ème fois depuis que j'ai reçu le fil original en cadeau (en 2006, déjà !!!) que je me lance dans les chaussettes Friday Harbor de Nancy Bush, modèle extrait de son livre Knitting on the Road. La 1ère fois, j'avais complètement raté la bordure parce que les explications qui se voulaient précises et apporter de l'aide m'avaient plutôt embrouillé l'esprit (ou les pédales, c'est au choix !). La 2ème fois, c'était bien parti, mais mal arrivé... trop serré ! Cette fois-ci fût la bonne, une fois que j'ai eu passé outre mon appréhension de tout rater encore une fois, parce que le fil est un bonheur à tricoter et les coloris splendides.

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Ci-dessus en train de sécher et ci-après au repos :

Friday2 Friday3

Tricotées avec le fil préconisé dans le livre, de chez Mountain Colors, qualité Weaver's Wool Quarters, coloris Marias Falls, sur des aiguilles 2,75 mm.

La description du coloris Marias Falls sur le site est vraiment exacte : "Deep Blue with Purple, Warm Brown, Chocolate, and Dark Green". C'est tout-à-fait ça :

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Cette fois-ci, tout s'est bien passé. J'ai tricoté en suivant les explications du livre et les précisions trouvées sur le site des corrections Interweave. C'est la partie surlignée en jaune qui m'avait complètement mise dedans la 1ère fois...

J'ai juste apporté une petite modification : pour le dessus du pied, lorsque j'ai eu fini de tricoter le nombre requis de "pattern repeats" du diagramme 1, avant de commencer le diagramme 2, j'ai tricoté encore une fois les tours 9 & 10 du diagramme 1.

Ca ne change pas grand-chose d'avoir ces 2 tours supplémentaires, mais cela correspond mieux à ma logique et mon idée d'esthétisme. Je n'ai pas encore pris le temps d'aller à la pêche dans les endroits adéquats pour voir si d'autres qui ont tricoté le modèle ont fait la même chose, le mentionnent ou alors sont passés outre. De toute façon, ça n'a aucune importance fondamentale, chacun voit midi à sa porte et fait sa sauce avec plus ou moins de sel, question de goût et de liberté de l'exprimer.

Pendant des moments de rêverie, j'ai tiré des plans sur la comète en essayant de recenser ce que je voudrais tricoter pour les enfants pour l'hiver prochain, ce que j'ai déjà en chantier et voudrais aussi voir terminé dans des délais raisonnables (i.e. d'ici la fin de cette année, ce serait bien !). Donc je vais bientôt sortir les O.M.D. (Objets Momentanément Délaissés) de leur réclusion et voir par quel bout je commence.

En attendant, nous sommes de retour depuis 3 jours. Oui, les douaniers suisses m'ont laissé rentrer dans la Confédération, avec la conscience presque complètement tranquille, des papiers parfaitement en règle et exceptionnellement (chut ! Tais-toi, ma fille, tu ne sais pas qui passe par là et pourrait mal interpréter tes boutades !) comme d'habitude aucun produit illicite que j'aurais essayé de faire passer en fraude, si l'on exclut bien sûr le bouquet de muguet du jardin parental. Alors pour célébrer mon retour au pays du bon chocolat, j'ai commencé un savoureux modèle destiné à un petit garçon que je connais bien, lui aussi d'ailleurs amateur de chocolat et dont les yeux en ont la couleur...

Chocolat1

Chocolat2

Avec un lot de 10 pelotes de la défunte qualité Designer DK de chez Rowan, dans un coloris (le n°657), qui, malgré la photo qui tend à prouver le contraire, est proche de celui d'un bon chocolat noir intense à 75% de cacao au moins (sauvage ou pas, le cacao !), je compte faire un modèle repéré chez Drops il y a plus d'un an si j'en crois la date imprimée sur la sortie papier que j'ai faite du patron : Sweater in Karisma Classic S7-11.

C'est un style que le destinataire aime porter et ne rechigne pas à mettre parce qu'il y a assez de place pour passer la tête sans avoir les sourcils en broussaille et le nez aplati quand on l'enfile, et les oreilles en feu et les lèvres arrachées quand on le retire.

Il y a juste un doute.. qui concerne la quantité de fil à disposition. Il y a méchamment intérêt à ce qu'il y ait assez, car je n'ai que ces 10 pelotes, et aucune envie d'avoir des sueurs froides ou d'aller pleurnicher à droite et à gauche pour trouver la pelote salvatrice. Il va falloir que ça le fasse ! J'avais plus ou moins calculé que ça devrait être bon, mais allez savoir !

Je viens juste de le commencer, alors je ne peux pas trop dire quoi que ce soit, sauf que le fil est très agréable à tricoter (ah ! nostalgie, quand tu nous tiens) et que c'est du tricot détente...

Mais je pourrai sûrement vous en dire plus la prochaine fois, si la flemme ne me gagne pas entretemps, car avec les beaux jours, les fleurettes, la verdure... tout ça tout ça... des fois, c'est dur !

vendredi 18 avril 2008

Une éclaircie... les tribulations d'une Gauloise dans la contrée des Rösti

Tout d'abord merci ! Pour les mots gentils sur les ouvrages du billet précédent et aussi pour me remettre un peu sur les rails. Je pense comme Jean-Louis, qu'à la longue, je deviens pinailleuse. Je voudrais qu'ils soient irréprochables et parfaits, ces ouvrages, mais comme ils sont issus de travail humain, que bien entendu l'Homme est loin de l'être (et par conséquent, moi encore plus loin, puisque moi femme, donc sortie de la côte de l'Homme...), ça n'est pas possible. Mais je les aime bien quand même !

Et puis, j'aime bien savoir comment les tricoteuses et tricoteurs gèrent leurs travaux en cours. Pour moi, l'idéal est un seul et unique gros projet un peu complexe et un plus petit qui ne prend pas la tête pour les soirs où ça ne va pas pour se concentrer. Mais je me suis laissé tenter souvent et du coup, je me retrouve un peu submergée. Mon but est de sortir la tête de l'eau dans l'année pour reprendre le rythme idéal. Je l'annonce officiellement maintenant et mettrai le projet à exécution sous peu.

Je viens de voir cette semaine une lueur au bout du tunnel. Je croyais la cause perdue... Mais c'est un souci de moins, c'est toujours ça ! Il faut que je vous raconte : comme beaucoup le savent, je suis une immigrée. Je fus d'abord une Gauloise chez les Etats-Uniens, je suis depuis un peu plus de 7 ans une Gauloise chez les Helvètes, une irréductible qui résiste tant bien que mal, une francophone résidant en Suisse. Mais en Suisse Alémanique. Et ça, ça fait une différence ! Ce ne serait pas pareil en Romandie, mais ça n'a rien à voir avec la langue. C'est un autre monde, mais c'est un long et autre sujet.

En situation régulière jusqu'à il y a un certain temps, j'étais alors titulaire d'un permis de séjour, ce qui me permet de vivre avec mon mari et mes enfants, c'est quand même pratique, il faut le reconnaître. Quant ils me cassent tous les pieds (noooon ! ça n'arrive jamais, ils sont par-faits !), j'ai la possibilité de ne pas me livrer aux démarches nécessaires, de me mettre en irrégularité avec la loi et de me faire reconduire à la frontière. Elle n'est pas loin, l'Alsace à 1 heure de route, ça coûte moins cher que le charter, et puis de toute façon je ne sais même pas s'il y a des charters Zürich-Paris...

Or donc, après avoir été titulaire ces dernières années d'un livret pour étrangers de type B, appelé communément "permis B" (c'est celui qui vous donne le droit d'écraser des Helvètes en conduisant un véhicule léger), renouvelable tous les ans les 2 premières années, puis tous les 5 ans, voilà que le dit permis allait arriver à expiration le 21 janvier 2008. Diantre !

Dès le début du mois de novembre 2007, je reçois la lettre me signalant l'expiration prochaine ainsi que le formulaire de demande de renouvellement avec la liste de pièces à joindre. Je pensai en moi-même : "Fichtre ! Bien organisés et prévoyants, les Helvètes ! On voit qu'on est au pays de l'horlogerie, ça baigne dans l'huile." Je me suis empressé de faire le nécessaire dans les plus brefs délais, en prévision de la folie des festivités de fin d'année et de la course (et des courses !) qu'il y a toujours à cette époque. Et vogue la galère ! Ensuite, silence radio ! La conscience tranquille, j'avais même oublié...

Le 21 janvier dernier, date exacte de l'expiration de mon permis de séjour, je reçois un courrier de la Direction de la Sécurité du Canton de Zürich, bureau de l'Immigration, ces enveloppes grises en papier recyclé qui normalement n'apportent que des soucis et des contrariétés (les impôts, par exemple !) et là, surprise ! On me signale que ma demande de prolongation de séjour est prise en compte (NDLR : merci !), mais qu'il manque à mon dossier une pièce que personne ne m'avait demandée auparavant, un extrait de casier judiciaire suisse. Ah ! pourquoi ils n'ont pas tout demandé en même temps, les nigauds ???

Je remplis donc le formulaire joint au courrier, photocopie mon titre de séjour tout juste périmé, mon passeport français, vais payer à la Poste les frais administratifs* et joins mon récépissé au tout, puis poste l'ensemble le 22 janvier. Et j'attends... Re-silence radio !

* Oui, il faut payer quand on a besoin d'un papier en Suisse. Ca m'a coûté 20 Francs Suisses pour un unique exemplaire de casier judiciaire, qui était vierge, je précise. Parce que je ne connais pas les tarifs pour ceux qui ne le sont pas... ça doit forcément être plus cher, il n'y a pas de petits profits, et puis il y a l'encre.

Je signale au passage que pour que l'on donne suite à mon dossier, il était indiqué que je devais fournir l'extrait de casier judiciaire avant le 22 février. C'est là que ça devient intéressant...  On pense qu'un mois, c'est largement suffisant, mais la vie est pleine de surprises !

Parce que le 22 février, j'appelle la gentille dame du Service d'Immigration pour lui expliquer que malgré ma rapidité d'action, je n'ai toujours pas le papier demandé et que j'apprécierais que l'on ne me mette pas dehors tout de suite, vu que les enfants vont bientôt reprendre l'école et que j'aimerais autant être là. Et je m'entends dire qu'ils sont habitués du coup, que je ne dois pas m'en faire, que le bureau qui émet les extraits de casier est à Berne et que le temps qu'ils se bougent (ils ont la réputation d'être lents, dans le canton de Berne, ce sont leurs compatriotes qui le disent, pas moi !) et que le courrier fasse son chemin (Zürich-Berne, quelle aventure pour une enveloppe !), c'est un délai normal.

Le 23, le lendemain de ce coup de téléphone rassurant, hallelujah !, je reçois l'extrait désiré. Je m'empresse de le faire suivre aux autorités compétentes, bien sûr. Et nouvelle attente... Et la semaine passée, soit près de 2 mois après, le courrier m'indiquant que mon titre de séjour est à ma disposition au bureau du Contrôle des Habitants (si, si ! c'est comme ça qu'on dit ici) de la mairie de ma commune, et que contre mon titre de séjour actuel périmé, une photo d'identité et la modique somme de 65 Francs Suisses, je peux venir le retirer "aussi vite que possible" (sic !).

Et bien, parce que je suis une Gauloise qui résiste et qu'après tout il n'y a aucune raison pour que j'obtempère au doigt et à l'oeil, j'ai attendu hier pour le faire, tranquille, sans vitesse ni précipitation. Et encore, j'aurais bien attendu encore une paire de semaines, mais comme je dois quitter l'Helvétie pour aller séjourner en Gaule les 2 semaines qui viennent, j'ai pensé que tordus comme peuvent l'être certains, ils risquaient de me gauler (c'est le cas de le dire) en situation irrégulière à la frontière à mon retour et ne pas m'autoriser à rentrer en Suisse.

Franchement, ça fait suer ! Et encore, je suis un cas "facile" pour l'administration suisse, car je suis la seule non-titulaire d'un passeport suisse de la famille, car les autres membres, bien que pas Suisses du tout du tout, se sont mieux débrouillés et ont tous un passeport suisse, eux ! (Oui, mais moi, de toute façon, je n'en veux pas, du passeport suisse). Ils sont donc tous les trois mes "garants" de moralité.

Je connaissais les méandres de l'administration française que suivent les dossiers d'immigration pour avoir aidé dans leurs démarches un certain nombre de copains de pays d'origine divers, j'ai testé et fort mal vécu la complexité du système américain pour l'obtention de sa carte verte... et bien rassurez-vous, les Helvètes sont pareils. Rien à envier à personne !

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C'est l'objet du délit. Je suis depuis ce matin en possession d'un permis "C" (c'est marqué dessus !). A part me donner le droit d'écraser des Helvètes en conduisant un poids lourd, je ne vois pas bien quel avantage supplémentaire il me procure par rapport au permis B que j'avais avant, parce qu'il n'est également valable que 5 ans. En 2013, re-belote, quel bonheur !

Mais d'ici là, j'ai le temps de préparer ma contre-attaque, de chaparder des Petits Suisses dans les supermarchés du voisinage, d'aller vider mes ordures ménagères dans les forêts des alentours pour ne pas payer les sacs poubelle réglementaires de la commune (2,30 Francs Suisses le sac de 35 litres, ça vous dit quelque chose ?). Je vais tenter certains de ces délits créatifs, me débrouiller pour me faire pincer et pour qu'ils soient portés à mon casier judiciaire. Comme ça je connaîtrai le prix de l'extrait de non-vierge la prochaine fois que je devrai en demander un et pourrai vous le communiquer. Ca peut être utile, on ne sait jamais...

En attendant, les Helvètes devront me supporter encore 5 ans. Vu que je ne gagne pas lourd puisque je travaille à la vacation, je ne participe pas au remplissage des coffres des banques et je ne suis pas imposable à titre individuel (mais notre chef de famille se fait rincer pour nous, lui !). Je n'ai pas le droit de voter, juste celui de supporter des décisions aberrantes qui sont prises pour moi dans des domaines qui me concernent pourtant puisque je vis dans le pays. Mais ça ne m'empêche pas de l'ouvrir, et souvent : je râle, je conteste, je récrimine, je peste, je critique vertement et ouvertement... Ca ne sert à rien, mais ça me fait du bien !

Et en attendant, les Helvètes profitent quand même bien de mon séjour ici, car je participe au florissement de l'industrie chocolatière nationale en trafiquant moult tablettes de chez Villars, Cailler et Camille Bloch et quelques petits ballotins de truffes limitées au cacao sauvage (sic ! c'est marqué sur la boîte, des truffes limitées, c'est génial !) de chez Sprüngli dont je charge mon coffre de voiture dès que je me rends en France.

Ah ! il vaut mieux en rire, franchement... Mais c'est le genre de choses qui usent. Et c'est la seule que je vais vous raconter, rassurez-vous, mais il y en a d'autres, des choses qui contrarient, et bien plus importantes encore...

Heureusement, il y a le tricot ! Et bien c'est très calme depuis quelques jours, chez moi. Pas vraiment possible de faire autrement, à vrai dire, mais c'est mieux comme ça. Les Nutkin Socks suivent leur bonhomme de chemin :

Nutkin2

La 1ère est terminée et je viens de commencer la 2nde. J'ai apporté quelques petites modifications bénines. Hors de question pour moi de faire des rangs raccourcis, ni pour le talon, ni pour la pointe ! Je n'aime pas les talons en rangs raccourcis : je n'aime pas les tricoter, je n'aime pas les regarder, je n'aime pas les porter parce que la chaussette se retrouve en tire-bouchon dans ma chaussure et que c'est extrêmement désagréable, et que j'arrive par là-même à en faire feutrer de la laine Regia 4-fils pour chaussettes, il faut le faire !

Or donc talon en 3 parties et diminutions de cou-de-pied me permettant de retrouver 64 mailles pour le pied, pointe avec diminution tous les 2 tours pour finir avec 7 mailles sur chacune des 4 aiguilles et fermeture en grafting. 

Et je n'ai encore rien commencé d'autre. Mais je vais y réfléchir. Parce que les vacances scolaires ont tout juste commencé, et parce que nous partons dimanche pour séjourner "au pays". Il n'est pas question de me surcharger. Le coffre est grand et il y a de la place dans la valise, mais je ne suis pas très productive lorsque je suis là-bas : il y a beaucoup de choses plus importantes à faire. Donc ce sera léger et pas torture-neurones. Des chaussettes, c'est bien. Lesquelles, avec quel fil et en quelle couleur, je ne sais pas encore. Le choix se fera ce soir ou demain.

En attendant, je vous souhaite plein de bonnes choses et de beaux tricots en plus. A bientôt pour de nouvelles aventures si tant est que l'ex-immigrée en situation irrégulière n'ait pas encore un papier à fournir pour réintégrer ses pénates le moment venu.

PS pour le Docteur Monik : Vacances, oui ! Deux semaines, en plus ! En pension complète... mais pas de spa ni de massage au chocolat ou au raisin au programme ! Mais repos et activités d'extérieur, bonne compagnie, des jeux et aussi des excursions sans contraintes horaires. Je pense que ça peut marcher bien aussi... votre avis, Docteur ?

jeudi 17 avril 2008

Parlons plutôt tricot !

J'ai failli commencer ce billet par une manifestation de grognerie bien relevée. Mais j'ai changé d'idée ! Parce que ça ne sert à rien de toute façon et parce que tout le monde connaît ces phases où tout se ligue pour vous pourrir la vie.

Ce ne sont pas forcément des choses graves ni fatales qui vous frappent, c'est une accumulation d'ennuis de santé à s'occuper, de contrariétés, de plans bousculés, d'imprévus désagréables, d'urgences à traiter qui font que votre planning déjà bien serré, que vous aviez prévu et en prévision duquel justement, vous aviez bossé dur et organisé avec une marge de sécurité au cas où se retrouve anéanti en quelques minutes. Ce n'est pas le bon coup de gourdin derrière les oreilles qui assomme, ce ne sont que des petites choses qui ajoutées les unes aux autres vous minent et pompent toute l'énergie disponible.

Alors je vais arrêter de ronchonner, de pester contre les impondérables, les empêcheurs de tourner en rond, les bâtons qui se mettent accidentellement dans les roues, les ennuis, les soucis, les plans contrecarrés, les pépins, je vais arrêter de grommeler aussi (mais le premier qui osera évoquer les hormones en dents de scie se verra pourfendu par des aiguilles 1,5 mm, juré ! parce que ce n'est pas de ça du tout qu'il s'agit) et vous présenter ce que j'ai réussi à tricoter tant bien que mal pendant la semaine.

Rien de bien sensationnel, vu que pour couronner le tout, ou plutôt parce que ceci entraînant cela, non seulement je me suis fait une bonne migraine de derrière les fagots, mais en plus, un nerf sciatique que je connais s'est rappelé à mon bon souvenir ces dix derniers jours. Et vous savez quoi ? Je suis persuadée que par un réseau tortueux et secret, le nerf sciatique et le nerf optique sont intimement reliés, parce que la douleur que j'ai ressentie par moments m'a fait venir les larmes aux yeux... Diantre que ça peut faire mal quand ça veut !

Voici la Thoroughbred Vest terminée, sous différents angles et éclairages :

Thorougbred1 Thoroughbred6 Thoroughbred2 Thoroughbred3 Thoroughbred4 Thoroughbred5 Thoroughbred7

Pas de photo sur pied, car mes photographes sont tous très pris : Senior est débordé, Junior 1 est momentanément invalide et Junior 2 a des activités beaucoup plus sportives et donc intéressantes que de prendre sa mère en photo. Mais elle va (ouf !), et comme elle n'est pas trop large et flottante comme d'autres, je pourrai la mettre sous un veste marron foncé que j'ai achetée l'automne dernier et ça rendra très bien. Et puis voilà !

Je ne suis pas satisfaite du tout de la qualité des mailles qui bordent l'encolure en V ni de l'aspect étiré qu'a la maille médiane de la bordure de côtes de la même encolure. Ca n'est pas net, tout ça ! Mais je trouve les coloris à tomber par terre et surtout la façon inattendue dont ils sont associés : du vert pâle et du saumon qui se touchent sur des fonds bordeaux et prune, il faut oser...

Comme il y a avec Rannoch, que j'ai fini de tricoter en octobre dernier, la paille de 11 coloris communs, j'ai d'abord tricoté avec les restes que j'avais avant d'entamer les écheveaux du kit de Thoroughbred. Ca peut paraître un peu pingre ou "cheap", mais je préfère rester avec moins de pelotes aussi pleines que possible qu'avec une flopée de petits pelotons maigrichons. Donc... j'ai encore des restes conséquents, c'est la sempiternelle histoire du pain et du fromage.

Pour des détails plus précis, c'est ici et là aussi.

Et Merike peut officiellement et réellement se tourner les pouces maintenant :

Merike22

Ca donne, hein, comme ça, de loin et en nature morte ? Attendez de voir en action pour découvrir des petites choses...

Merike15 Merike16 Merike17 Merike18 Merike19

Vous avez remarqué ? Les doigts sont un peu trop longs (mais je ne voulais pas couper le motif qui court tout le long en son milieu ou nulle part d'autre d'ailleurs), le pouce un peu trop large, et les trou-trous disgrâcieux de base de doigts et autres petits recoins. Voici un plan rapproché de ces derniers, parce que ce ne serait pas honnête de cacher ce qui ne va pas...

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Merike21

De loin, ils peuvent faire illusion, mais de près, on voit qu'ils ne sont pas aussi propres qu'ils ont l'air. Ca fait bricolage, hein ? Et pourtant j'ai essayé d'attraper les fils dans les coins, de tricoter torse les mailles relevées pour boucher les trous... Dommage !  Le côté positif est qu'ils sont beaucoup plus nets que la 1ère paire de gants que j'ai tricotée. Il y a du progrès, mais encore beaucoup de travail d'apprentissage à accomplir. Le chemin est long... il faudra que je remette ça.

Je ne sais pas pour vous, mais quand je viens de terminer des ouvrages, surtout un que j'ai négligé pendant longtemps, je me sens du courage pour taper dans la butte des ouvrages abandonnée et aussi un certain appétit pour essayer autre chose. Et surtout, cela me conforte dans mon idée que je ne suis bonne qu'avec un seul ouvrage à tricoter à la fois et d'une traite, pas par petits morceaux. Je vois ce qu'il me reste à faire... (soupir résigné).

Et chez vous, ça se passe mieux en vous éparpillant et en voltigeant gaiement d'un ouvrage à un autre simultanément ou alors en vous concentrant exclusivement sur un seul jusqu'à ce qu'il soit complètement terminé ? Juste curieuse...